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Une Souris et des Hommes
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23 octobre 2014

Suriname - Paramaribo, mobilités multiculturelles

Paramaribo. Une ville particulièrement méconnue en France métropolitaine, mais dont l'atmosphère m'aura quelque peu interpellée lors des trois petites journées passées en son centre en 2009. Il faut dire que le Suriname n'est pas une destination très touristique. Mais continuant à lire sur cette belle région du Monde qu'est le plateau des Guyanes, je dois dire que capitaliser sur cette micro-expérience touristique de mai 2009 est un petit bonheur que la toile permet d'alimenter. Par exemple par la lecture du site d'information anglophone sur le Suriname, Devsur : our story, by us. Et puis en plus des médias traditionnels, sites d'information ou livres, se cachent des publications et études plus techniques mais pas moins inintéressantes. Notamment, un article consacré à la ville, rédigé par H.J.L.M (Hebe) Verrest, une géographe néerlandaise spécialiste des villes de la région carribéenne. Mixant quelques éléments de son travail à des articles lus ici ou là, cet article présente quelques traits de cette ville atypique d'Amérique du Sud.

La capitale surinamaise, principal pôle économique, social, politique et administratif du pays, ressemble, malgré sa position en Amérique du Sud, davantage à une ville carribéenne qu'une ville sud-américaine. Le Suriname est localisé sur la côte nord du continent sud-américain, et la grande majorité de ses habitants (environ 500 000) sont localisés sur les côtes. De 1667 à 1975 le Suriname était une colonie hollandaise. Durant le 20ième siècle, la production de bauxite remplaça rapidement l'agriculture comme principale ressource économique. Le Suriname intensifia son autonomie à partir de 1954 et devient indépendant en 1975. La croissance et composition de Paramaribo reflète son histoire turbulente. Des habitants d'origine ethnique, sociales, géographiques et éducatives variées peuplent la capitale surinamaise. L'arrivée de groupe variés a ainsi changé la structure ethnique de la population de la capitale. Alors que les personnes créoles formaient 80% de la population surinamaise, cette proportion n'a cessé de diminuée jusqu'au recensement de 2004, comme le met en évidence la figure ci-dessous. Ce métissage croissant des habitants surinamais est un processus en cours, changeant régulièrement le profil de la ville.

Population Suriname

Xie Da, lui, est d'origine chinoise. Son histoire est raconté dans l'avant-dernier numéro d' Une saison en Guyane. "En 2002, à 32 ans, Xie Da a quitté son foyer dans la province chinoise du Fujian pour rejoindre le Suriname. Un ami lui avait parlé de bonnes affaires à saisir dans ce pays néerlandophone. Au début, ce fut très difficile de trouver un emploi, et les postes proposés étaient très mal payés. Xie a débuté dans un supermarché. Xie Da est ensuite intérrogé: "au début, j'ai travaillé très dur, ne gagnant que 80 dollars américains par mois, juste de quoi m'en tirer et payer mes appels téléphoniques en Chine. Rêvant d'une vie meilleure, Xie ne s'en est pas laissé abattre pour autant, il a alors quitté son emploi, et tenu tour à tour trois petits restaurants, ne connaissant le succès qu'avec le dernier. Puis il a lancé son propre supermarché. Persuadé que la vie au Suriname lui sourirait un jour ou l'autre ainsi qu'à sa famille, Xie n'a jamais cessé de prendre des risques. "Partout dans le monde, les migrants chinois ont d'abord recours au commerce de produits chinois bon marché comme moyen de survie, et finissent par accompagner la filière, tout en abandonnant les marché saturés et en évitant d'entrer en concurrence avec d'autres migrants chinois, selon le sinologue Tjon Sie Fat. Au fil des années, les magasins bon marché ont fait place à des établissements, restaurants, hôtels et casinos de grande envergure. "Avec le temps, ces migrants chinois finiront par s'éloigner de l'emplacement de leur première installation, essaimant d'abord autour de la périphérie de Paramaribo, puis vers les régions voisines fragiles sur le plan institutionnel et offrant les meilleures perspectives de marché : de la périphérie surinamaise à la Guyana, et à un degré moindre vers la Guyane française. La migration en chaîne est un modèle d'immigration selon lequel un migrant déjà installé recrute quelqu'un d'autre de sa région natale, habituellement un proche, pour venir travailler dans son entreprise. Sur place le nouveau migrant apprend les ficelles du métier tout en payant sa dette de parrainage, et éventuellement lance sa propre entreprise, recrutant à son tour de nouveaux migrants comme travailleurs. Selon Tjon Sie Fat, l'intrégration a opéré dans les deux sens. Depuis plus d'une décénnie maintenant, un marché chinois fonctionne dans la capitale Paramaribo, les nouveaux migrants ont amené de leurs nombreuses régions une grande variété de légumes, produits alimentaires et autres en-cas. "Prenez le marché chinois du dimanche, qui a été adopté par la population locale, la tolérance conduit à l'intégration, et dans ce cas, l'intégration conduit à la tolérance, créant un cercle vertueux".

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Marché chinois du dimanche, Paramaribo, mai 2009

Louis Autar n'est plus. Vous racontant ses quelques aventures dans un article précédent, je me demandais alors si j'étais capable de rentrer en contact avec lui via la toile...et c'est pourtant dans un vieux numéro de National Geographic de juin 2000 que j' en découvrais un peu plus sur ce feu spécialiste surinamien des tortues marines ! " Ainsi, la mère de Louis Autar a été amené "par contrat" depuis Java quand elle avait 15 ans. Récemment décédé, Louis était un spécialiste reconnu des tortues de mer géantes du Surinam. Il était né dans une plantation au bord de la rivière Commewijne appelée Het Vertrouywen (La confiance). Malgré ce nom prometteur, la vie des paysans n'avait rien de plaisant. Lors d'une visite chez lui, dans les faubourgs de Paramaribo, Louis m'a raconté sa jeunesse. Nous étions installé dehors, sur des chaises en plastique, et sirotions un soda à l'orange. Il parlait tantôt en hollandais, en anglais, tantôt en sranan tongo, une langue créole autant utilisée que le hollandais. " En 1917, après huit ans, ma mère a décidé de rester au Surinam et d'acheter trois lopins de terre. Elle avait réussi à économiser assez sur son salaire journalier d'un peu moins de 3 francs. Bien évidemment, ce n'était pas drôle tous les jours. On n'avait pas d'éléctricité et on ne buvait que l'eau de pluie. Je suis né à la saison sèche ; ma mère était obligé de me laver les dents à l'eau de mer." Louis était bon élève, mais ses parents n'avaient pas les moyens de l'envoyer au lycée. A 14 ans, il part s'installer sur la côte et s'improvise braconnier ; il dérobe les oeufs des tortues luths pour les revendre aux Javanais de Paramaribo, qui en sont très friands. Des années plus tard, il se fait prendre par les Hollandais. le jour même de son arrestation, les autorités lui proposent de travailler au Service des forêts, un des meilleurs, en ce temps-là, d'Amérique du Sud. Ils n'en revenaient pas que je connaisse si bien les tortues de mer, se rappellet-il. Protéger ces oeufs était largement plus lucratif que de les revendre illégalement. le Service m'a donné de l'argent pour construire un vivier. En tout, j'ai remis 16000 de ces tortues à la mer. Après l'indépendance, quand les militaires ont pris le pouvoir, on m'a coupé les fonds. Avec la montée de la mer, mon vivier n'est plus qu'un remblais de boue."

Un élément est également expliqué par Hebe Verrest: Paramaribo se compose de différents quartiers ou mixités sociale et ethnique sont fortes, sans réelles zones de non-droit et autres aires à totalement éviter. Même pour les touristes ?

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30 novembre 2013

Une souris et...Louis Autar, Suriname, années 60

Louis Autar ne m'est pas connu, peut-être n'est-il même plus de ce monde, mais la lecture récente d'une publication sur les effets létaux et non létaux de la prédation des tortues marines adultes m'invite à écrire de nouveau sur ce thème. Voilà 4 ans que je suis rentré de Guyane, mais la magie d'internet ou des livres me permet de continuer à mûrir ma connaissance et compréhension du plateau des Guyanes, qui va du Vénézuela au Nord du Brésil. Un des outils de travail très utile est l'acquisition d'un niveau d'anglais bilingue (dans le sens : non-gênant dans aucune situation), qui donne accès à une multitude d'études et ouvrages de grande qualité sur la région. L'expérience bénévole de l'époque, 4 mois sur le projet de conservation des tortues marines géré par l'association Kwata en 2009 me permet aussi de continuer, petit à petit, à apprendre sur la conservation de ces espèces. Non pas que j'en ai besoin dans mes activités quotidiennes depuis 4 ans, mais c'est un sujet intéressant car il touche à la fois à des espèces emblématiques des mers et océans, à des enjeux écologiques importants pour les habitants des littoraux, et à des problématiques internationales, certains specimens de tortues luth se retrouvant sous des lattitudes variées. Et puis, en tant qu'adhérent "passif" de l'association Kwata, qui met en oeuvre le programme de conservation des tortues marines au niveau de l'île de Cayenne, il est intéressant de lire ponctuellement quelques publications scientifiques produites soit par l'association, soit par d'autres structures...d'autant plus qu'il est possible de bien visualiser les expériences décrites.

MARINE TURTLES

Suivi télémétrique de 16 tortues vertes sur le plateau des Guyanes par le WWF, 2012

Ces lectures ont aussi l'utilité professionnelle de maintenir des compétences qui s'en iraient au fond du tiroir, du fait de l'obligation de spécialisation poussée générée par le marché du travail: les métiers de l'ingénierie de l'environnement, comme beaucoup d'autres, nécessitent de se spécialiser pour pouvoir obtenir des projets et financements dédiés; toutefois, le bénévolat associatif est un formidable outil pour s'ouvrir à de nouvelles thématiques et développer des compétences permettant d'agrandir son employabilité. Ainsi, comprendre progressivement comment est mis en oeuvre un programme de conservation de la Nature ainsi que les méthodes et technologies utilisées ne servira pas à mon champ de compétences actuel, mais pourra peut-être un jour être utile professionnellement, qui-sait ! La vie professionnelle est encore très longue, quand on est en début de trentaine...

Pour en revenir à Louis Autar, c'est donc grâce à la magie d'internet et de l'anglais bilingue que je lisais, en cette pâle matinée du 30 novembre 2013, son retour d'expériences sur les attaques de tortues marines par les jaguars au Suriname. En fait, son expérience est relatée ici, mais, la trouvant stimulante, je la traduis sur ce blog.

Sea Turtles Attacked and Killed By Jaguars in Suriname

Louis Autar, 1994

Marine Turtle Conservation Program, Surinam Forest Service, P. O. Box 436, Paramaribo, Suriname

" En 1963, la plage Bigisanti dans la réserve naturelle Wia Wia, au Suriname, était un site de ponte de quatre espèces de tortues marines: verte (Chelonia mydas), luth (Dermochelys coriacea), olivâtre (Lepidochelys olivacea), et imbriquée (Eretmochelys imbricata). En août de cette année, Je suis allé à Bigisanti durant une semaine. Là, je découvris trois tortues mortes: deux vertes et une luth. Elles avaient été tuées par un jaguar. La tortue luth et une des tortues vertes avaient été tuées depuis environ une semaine, mais l'autre tortue verte était encore fraîche. Je remarquais que la dernière carcasse était entourée d'urubus noirs, et que cette dernière tortue avait encore des oeufs dans son ventre. J'étais curieux, et sortis les oeufs du ventre de la tortue verte. Alors que j'avais sorti l'ensemble des oeufs dans un sac, les vautours s'envolèrent soudainement. Je me demandai ce qui avait effrayé les oiseaux. Lorsque je me retournai, je vis un jaguar (Panthera onca) me regardant à deux mètres. Alors que j'étais accroupi, je me sentis piègé. Je laissai le sac rempli d'oeufs et me déplaçai centimètre par centimètre. J'étais chanceux de voir que le jaguar resta où il était, mais il continua à me regarder alors que je reculais. La plage était d'une largeur de 60 mètres, et quand j'étais à environ 5 mètres du jaguar, Je bondis et courus vers la mer. Après environ 1h30, je retournais vers la tortue morte. Je fis beaucoup de bruits, mais le jaguar apparu encore. Après avoir attrapé le sac d'oeufs, je courus en direction de mon camp. 

Pendant plusieurs années après l'incident, j'ai enregistré le nombre de tortues mortes attaquées et tuées par les jaguars sur les plages du Suriname. (n/r = not recorded that year):

MARINE TURTLES COUNT

Comptage des attaques de tortues marines par les Jaguars sur les sites de ponte du Suriname, par Louis Autar Krapé: verte ; Aitkanti: luth; Warana: Olivâtre

Je suis certain que des morts additionnelles ont eu lieu en 1973; toutefois, les carcasses n'ont jamais été trouvées. 

Le problème est persistant. Henri Reichart (Conseiller Technique Senior, Suriname Forest Service) a compté 13 tortues vertes tuées sur la place Galibi (est de Bigisanti) dans l'intervalle de quelques jours en 1980. De 1980-1981, environ 200 vertes de trois ans furent tuées et mangées par deux jaguars, un mâle et une femelle. En l'espace de quelques semaines après avoir découvert cela, les deux jaguars furent tirés et tués. La décision de tuer un jaguar n'est jamais facile, mais parfois il n'y a pas de choix. Les jaguars sont protégés des chasseurs au Suriname et leurs populations sont considérées comme en bonne santé."

16 février 2013

France/Rhône-Alpes/Ain - Des souris et un homme

Une immersion dans le quotidien des techniciens et ingénieurs chargés de la gestion d'un site naturel protégé permet de découvrir quelques facettes des difficultés rencontrées au jour le jour. Les points de vue du grand public, souvent peu argumentés, vis-à-vis des programmes de conservation de la nature, sont également intéressants à prendre en compte. Un certain nombre de personnes ont du mal à relier et concevoir ces programmes, financés par des fonds public, avec les besoins économiques existant autour des sites naturels. Il y a parfois conflit entre le passant, promenant son chien par exemple, et les contraintes demandées par les gestionnaires. Sur les plages de Guyane, la tenue en laisse des chiens est lié au risque de destruction de nids et tortues. Dans le Jura, il y a probablement un lien entre ces contraintes et la grande sensibilité du grand tétra, oiseau phare de la réserve naturelle, à la présence humaine. Un brin de diplomatie s'avère alors nécessaire lorsque certaines personnes s'ennervent contre les mains de Dieu que sont les gestionnaires. Ceux-ci, sans doute à la fois sensible, à juste titre, aux conditions de vie de certains habitants, et insensibles, à tord, à l'importance de la préservation de la nature, ne voient pas l'utilité de ces programmes pour le bien-être humain. Souvent, les gestionnaires sont des structures associatives représentées par des personnes mal payées, mais passionnées par les problématiques qu'ils défendent. De plus, la plus-value des projets de Conservation pour les territoires et habitants sont probablement sous-évalués par le grand public. Dans tous les cas, soyons terre-à-terre: comment vivront les millions de pêcheurs si les stocks deviennent trop faibles pour que l'activité soit non subventionnée et tout façon inutile ? Comment sera financé le traitement de l'eau de boisson, si les teneurs en micropolluants deviennent trop importantes ?

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S'immerger dans le travail quotidien des gestionnaires d'espaces naturels permet aussi de rencontrer différents acteurs et corps de métier liés à la nature: agents de l'Office Nationale des Forêts, écologues, biologistes, agriculteurs, chasseurs etc. Souvent tous passionnés par leurs missions, certains pourraient être qualifiés d'atypiques. Je pense à cet expert naturaliste, spécialisé notamment dans l'étude et la connaissance des populations de micro-mammifères dans l'arc alpin. Des souris, et un homme pour les étudier. Il nous avait expliqué le contenu de son travail, à l'époque où j'avais travaillé pour la réserve naturelle de la Haute-Chaîne du Jura. Intéressant, en tout cas pour moi, mais pas forcément pour les volontaires...Tout le monde n'est pas amateur de campagnols et autres mulots! A une question d'une volontaire, sur l'utilité des études de micro-mammifères, sa réponse était simple: "étudier les micro-mammifères, cela ne sert pas forcément à grand-chose, peut-être même à rien: c'est comme Mozart."

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Et au milieu passe une fourmi (macro au sol)

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Echange avec Jacques Gilliéron, expert naturaliste, sur les micro-mammifères (été 2010)

24 novembre 2012

France/Rhône-Alpes/Ain - Une journée à Priay

"Si en Europe les caractéristiques biologiques et écologiques des cours d'eaux sont connus depuis près de 70 ans, en Guyane, les premières études remontent seulement aux années 1980. Aujourd'hui, une vaste étude sur les petites criques de têtes de bassin versant est mise en oeuvre afin de proposer aux gestionnaires une méthode qui permette de définir un indice de qualité de ces milieux. L'objectif étant, à terme, d'y évaluer l'impact des activités humaines." Cette phrase introductive est issue du 9ième numéro de la formidable revue "Une saison en Guyane", semestriel de grande qualité qui décrit, photos à l'appui, l'ensemble du plateau des Guyanes, du Vénézuela à l'Amapa au Brésil, sous l'angle des activités économiques, de la Nature, de l'Histoire, interrogeant certaines personnes, décrivant des programmes scientifiques en cours etc. Le genre de revue formidable pour les personnes s'intéressant à une région géographique donnée, alors que la plupart des revues du genre portent essentiellement sur des articles en lien avec le tourisme. Découvrir ce numéro un dimanche d'août permet de s'évader par la douceur des textes et la beauté des clichés photographiques. On y apprend que "ces petits cours d'eau, que l'on franchit à pied, sont des milieux naturels sensibles qui abritent des espèces que l'on ne rencontre pas souvent. Il reste encore un voile à lever sur ces écosystèmes et sur l'écologie des communautés aquatiques qu'ils abritent." Quelques pages plus loin, l'interview d'un photographe subaquatique et gérant d'un bureau d'études laisse rêveur l'amateur d'ichtyologie, de photographie de la nature ou tout amateur d'aquariophilie d'eau douce: "la passion de la nature est un phénomène inexplicable qui vous prend au berceau: on préfère regarder les grenouilles plutôt que les voitures, élever des poissons plutôt que collectionner des petits soldats. L'envie de montrer ces spectacles que si peu de personnes prennent la peine d'observer, ainsi qu'une sensibilité artistique, m'ont amené naturellement à photographier la nature." Puis un peu plus loin: "j'ai toujours été étonné de voir que les gens connaissaient mieux la faune des récifs coralliens que celle des rivières qui coulent devant chez eux." Après quelques minutes à révasser à ce genre d'observations naturalistes particulièrement intéressantes et atypiques, cette remarque fait "tilt". 

Une semaine de canicule plus tard. Dans une sorte de symbiose entre un principe de plaisir et un champ de compétences professionnelles, la chaleur estivale est l'occasion de photographier la rivière d'Ain, sauvage et préservée, et découvrir, à l'aide d'un masque et d'un tuba, ses habitants subaquatiques.

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L'observation d'une petite dizaine d'espèces de poissons dans leur milieu naturel est particulièrement plaisant. On y découvre que certaines espèces s'observent plus particulièrement dans des parties peu agitées du lit de la rivière. Au contraire, les barbeaux communs ont été vus systématiquement près du fond dans les parties de la rivère à fort courant. Puis, retournant quelques pierres, des espèces benthiques sont alors observées. La loche, par exemple. Ces observations sont particulièrement sympathiques dans une rivière à l'eau peu chargée en limons. L'intérêt personnel est là, et peut être complété par la découverte des bases de données sur la diversité biologique des espèces en Europe, telle que la base de données Faune Europaea, crée par la commission européenne. On y découvre par exemple en quelques clics que les chiroptères, nos chauve-souris, regroupent 54 sous-espèces sur l'ensemble du continent. La préservation des berges de l'Ain donne une tonalité amazonienne à celle-ci, alors que nombre de rivières apparaissent souvent canalisées en France métropolitaine.

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L'observation naturaliste dans un cours d'eau européen n'offre bien sûr pas le même nombre d'espèces que celle pratiquée dans un milieu tropical marin. Mais, couplé à des lectures scientifiques ou grand public, ce moyen efficace d'allier sport, détente et culture générale permet aussi de prendre davantage conscience des interactions hommes-environnement. Un moyen simple, économique et efficace de se rappeler que même si traverser un océan permet de découvrir des environnements naturels particulièrement différents de ceux rencontrés quotidiennement, de nombreuses richesses naturelles existent  autour de chez soi et méritent tout autant une attention particulière de la part des habitants sensibles aux enjeux environnementaux des territoires anthropisés européens.

21 mars 2010

France/Guyane - Dirty Paradise, pour introduire l'orpaillage

Dirty Paradise, de Daniel Schweizer, cinéaste genevois, est un documentaire de haute qualité cinématographique, parlant de l'orpaillage clandestin et ses conséquences sur la vie des amérindiens wayana dans le haut-Maroni. Ce film a été diffusé dans le cadre du festival du film et forum international sur les droits humains, et c'est avec un peu de plaisir mais aussi un peu de peine que je le découvrais en ce triste dimanche grisâtre de mars. Un peu de plaisir, car la qualité cinématographique de ce documentaire est indéniable. Des images splendides, des entretiens de qualité et un traitement du sujet plutôt complet. Et de la peine car la lutte contre ce fléau environnemental et sanitaire pourrait avoir des conséquences irréversibles pour les villages concernés, et pour l'environnement autrement préservé du territoire guyanais. Je suis revenu de Cayenne il y a maintenant quelques mois. Quelque soit l'endroit et le poste concerné, un contrat d'un an est court, très court, mais comme il me reste près de 40 ans à cotiser, des opportunités pour retravailler dans ce beau département habitées par de chouettes personnes, il y en aura probablement d'autres !  

Allez, je retranscris avec une précision approximative les grandes lignes du débat qui a suivi ce film et qui s'est déroulé en présence du réalisateur, de Michel, un amérindien wayana venu à Genève pour témoigner avec quelques autres compères, et de deux ou trois autres professionnels ayant consacré leur vie professionnelle au travail avec les petites communautés minoritaires au sein de nombreux pays en Europe, en Amérique du Sud ou ailleurs. Ce débat, d'environ 45 minutes, m'a semblé assez juste tant par les avis de Michel sur la situation des siens que par les réflexions sur les problèmes dans la vie de tous les jours des amérindiens du Haut-Maroni. J'en profite pour glisser quelques photos de cette région de Guyane, prises par mes collègues de l'époque. 

Lutter contre l'orpaillage: quelles solutions ? C'est la première question sur laquelle le débat a porté. Pour Michel, la lutte est quasiment impossible compte-tenu du statut international des eaux du Maroni, de la passoire totale que constituent les frontières de la Guyane, du nombre important de chercheurs d'or (peut-être 10 000 garimperos), de la sporadicité des opérations de l'armée (Anaconda, Harpie etc).

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Vue de Maripasoula (photo prise par mes anciens collègues)

Face à ces difficultés géographiques, tout le monde s'accorde à dire que la France ne pourra probablement pas s'en sortir seule pour supprimer ce fléau irréversible. Alors, quelles solutions ? la coopération, et pas qu'un peu. Cet argument, je l'avais déjà entendu régulièrement lors de ma présence en terre guyanaise. Une coopération renforcée entre les autorités françaises, brésiliennes et surinamaises. Il semblerait que ces opérations portent quelque peu leur fruit, et le président de la République Nicolas Sarkozy a dans ce sens confirmé que l'opération Harpie deviendrait permanente sur le territoire de la Guyane, alors que les négociations avec le Brésil pour une meilleure coopération sont en cours. Le débat souligne également l'opacité du circuit de l'or en Suisse, l'existence évidente de financeurs, réels mafieux tirant leur épingle du lot en exploitant la majorité de ces garimperos ouvriers à la simple recherche d'un avenir plus doré. Un milieu assez pourri, comme le synthétise cette dernière réalité: la Guyane exporte plus d'or qu'elle n'en produit ! 

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11 janvier 2009

France/Guyane - Excursion sur le Maroni: retour à SLM

Levé à 6h30 pour redescendre le fleuve Maroni jusqu'à Saint-Laurent. C'est dans une atmosphère embrumée que je fais un dernier tour du kampoe où j'ai dormi. Une soirée étonnante durant laquelle j'aurai pu découvrir le ciel depuis l'Amazonie, un ciel d'une noirceur incomparable au ciel européen, et une chouette famille vivant ici.

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Quelques minutes de préparation, un au-revoir chaleureux, et nous voilà repartis sur le fleuve, nous réveillant en même temps que la forêt embrumée...des images fortes, mes cinq sens sont réquisitionnés pour profiter de ce moments forts et de ce dépaysement complet...et ma tête...bien activée, comme mon appareil photo, pour mémoriser toutes ces images.

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La descente continue, les heures passent, et différents endroits se prêtent admirablement bien à la photo: berges sauvages, jeux de lumière sur le fleuve, nids d'oiseau (de caciques en l'occurrence).

BergesBis Nids_Caciques Contre_jour_Fleuve

De belles images donc...puis après un retour à Apatou, un second d'arrêt sera là aussi très agréable et me permettra de rapporter un beau souvenir de ces trois jours: un copeau de bois ayant servi à la fabrication d'une pirogue. Le fond du bateau est constitué d'un seul et unique tronc, qui est vidé et brulé pour s'ouvrir davantage, ce qui permet d'y confectionner les parties latérales.

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Arrivée à Saint-Laurent et photographie des épaves locales...

Arriv_e_SLM2 Saint_Laurent_Epave Saint_Laurent_Epave_2

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Ces trois jours m'auront permis de me rendre compte de la réalité de la vie sur les fleuves. le "les" inclut aussi le fleuve Oyapock qui fait office de frontière avec le Brésil, à l'est, et sur lequel se situent également quelques villages isolés. Le fleuve, une réalité différente du littoral. Une vie à laquelle la république française essaie d'appliquer sa devise "Liberté, Égalité, Fraternité"...mais cette mission soulève en chacun qui la vie une série de question de fond, sur la présence de l'État, sur le rôle que la république doit jouer et sur la multiculturalité. Ces deux personnes, d'une génération d'écart, sont ils libres sur le fleuve Maroni ? 

Mairie_Apatou

Quelle définition faut il utiliser pour parler de cette notion fondamentale? Est-ce la liberté prônée par le modèle américain? Mardi, je dormais dans un petit hameau dépaysant du fleuve Maroni. Samedi après-midi, je regardais une fusée Ariane 5 décoller. Samedi soir, je rencontrais une femme péruvienne clandestine en boite de nuit. La mesure du temps pour une personne du fleuve est la journée...pour une personne du centre spatial, la mesure du temps est la seconde: en Guyane, plusieurs mondes se côtoient.

6 janvier 2009

France/Guyane - Excursion sur le Maroni: Grand-Santi

Réveil à 7h00 après une nuit globalement peu reposante malgré le hamac de forêt haut de gamme que j'ai acheté. Le réveil est cependant très facile: le cadre de travail y contribue. Destination de la journée: la commune de Grand-Santi, prochaine commune du fleuve (voir localisation sur la carte dans le message précédent).

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Trois heures après le départ, après avoir vu de nombreux campoe, en grande majorité sur le côté français, me voilà arrivé à Grand-Santi, commune de 3350 âmes approximativement. Il existe tout de même des équipements côté surinamais, par exemple cette école.

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Le centre de la commune de Grand-Santi, le bourg, est assez semblable à celui d'Apatou quoi que peut-être plus propre. Quelques poules se baladent autour de certaines habitations, les oiseaux sont nombreux. De nouveau, le temps prend une toute autre valeur ici, comparée au littoral guyanais par exemple, ou encore plus, aux grandes villes européennes. Ici,  tout est rythmé par le levé et la tombée du jour, ainsi que par l'arrivée et le départ des pirogues. Contrairement à Apatou, aucune piste de terre ne va à Grand-Santi.

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Lors d'une discussion avec un directeur d'une école du village, certains chiffres me permettent de quantifier la poussée démographique guyanaise dans la commune, assez représentative de toutes les communes du fleuve. Dans cet exemple d'école, 4 classes d'enfants nés en 2003...soit une centaine d'enfants. Une autre école dans le bourg, soit 200 enfants. Des problèmes de non scolarisation et une école en voie de construction...au final, on s'approcherait de 300 enfants nés en 2003 dans la commune. Un autre chiffre m'interpelle: 24 nouvelles grossesses sont déclarés par mois à Grand Santi. 24 nouvelles grossesses ! Les besoins en termes d'équipements, notamment scolaires, sont énormes. Il me reste du temps entre la fin de ma mission et celle de mon collègue...j'en profite pour visiter le bourg. Je m'arrête manger à quelques pas de là, dans une petite piaule qui avec ces trois tables propose quelques repas, probablement de manière informelle. Je reprends mes notes et lors de mon départ, suis particulièrement surpris par le son fort d'un oiseau. A coup sûre, une sorte de perroquet, c'est bien connu dans mon village savoyard, les perruches et perroquets, ça à de la voix! En m'approchant de l' arbre, la curiosité s'estompe pour faire place à un sourire.

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Un splendide Ara macao! A moitié domestiqué certes car appartenant à une voisine, mais tout de même en liberté dans le village. Oiseau grandiose, probablement un des plus beaux perroquets du monde et que je l'espère je verrais aussi à l'état entièrement sauvage lors de prochaines excursions. Puis vient 2 heures de pause et de découverte du bourg...

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L'oiseau en cage ci-dessus est un Pikolèt. La possession de cet oiseau est une fierté, ici, en Guyane, et il n'est pas rare de voir un adolescent à bicyclette ou à vélomoteur tenant d'une main son guidon, de l'autre une cage avec l'oiseau; ou encore un adulte appuyé contre sa voiture discutant avec un groupe d'amis, et la cage posée sur le toit de la voiture; ou encore une cage avec l'oiseau, à l'entrée de magasins, comme ici. J'aurais l'occasion de vous reparler de cette tradition guyanaise, et de ses origines. Ballade dans le bourg, et observation des panneaux de signalisation.

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Puis, départ en sens inverse et descente du fleuve en direction de Saint-Laurent. De nouveau, ces beaux paysages, ces grands espaces vierges et ce fleuve majestueux.

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Arrive la fin de journée, et nous nous arrêtons alors acheter du poisson dans le même hameau que la veille...il est déjà tard. Nos piroguiers proposent de dormir ici...dans cet endroit très bien aménagé, très propre, avec une petite plage de sable blanc splendide et le fleuve. Je vais pouvoir passer une nuit avec cette famille, et échanger avec eux le temps d'une soirée.

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Le début de soirée est consacré à un bon moment de détente: baignade et découverte de ces lieux et familles très accueillantes.

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La vie de certaines personnes du fleuve se base sur la pêche, la chasse et l'agriculture sur abattis-brûlis. D'autres sont piroguiers et de vrais spécialistes de la remontée des fleuves guyanais, certains sont aussi partis vivre dans la ville du littoral, Saint-Laurent. C'est le cas du père de cette grande famille, qui a vécu plusieurs années à Saint-Laurent et, avec un peu d'argent en poche, est remonté construire sa maison sur le fleuve, loin de toute voie d'accès routière. Me voilà en Guyane, mais une autre, celle du fleuve, à des milliers de kilomètres de celle que j'ai connu jusqu'à présent. Après une petite baignade méritée, j'en profite pour m'écarter de quelques mètres à l'entrée de la forêt pour me changer...la nature me le rappelle vite: je ne suis pas chez moi. A deux mètres de moi, un serpent s'en va à vive allure. Environ 30 cm, d'un brun vert olive. Je ne le connais pas. Je sursaute, j'hésite, je m'arrête. Même si l'appareil est dans ma poche, je suis loin de tout, en sandale et short de bain: demi-tour immédiat, bien évidemment...J'en profite aussi pour photographier les systèmes de récupération de l'eau de pluie dans le village...le premier me laisse penser que leur dimensionnement est plus simple que lors de mes études ! Ici, la gestion de l'eau est facile dans tous les sens du terme: hormis l'eau de pluie, tout vient bien sur du fleuve et y repart. Cependant, une petite baraque du kampoue est tenue par un jeune qui y vent des boissons, telle que la Parbo, bière surinamaise.

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2 systèmes de récupération de l'eau de pluie...

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Vient alors le coucher de soleil, qui me permettra de tester mon appareil de boulot et faire de nouvelles prises de vue. Le coucher de soleil sur le fleuve Maroni est splendide, la couleur de l'eau métallique, le ciel étonnant, les bruits de la forêt qui commencent à entrer en résonance et à se multiplier...les moustiques aussi, je me protège complètement: ces lieux de vie en pleine nature sont des sites d'une forme potentiellement mortelle de paludisme... 

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La soirée avance tranquillement. Je goute à un repas entièrement guyanais et particulièrement bushinengé, avec au menu de la soupe bushinengé (composée de manioc notamment), en plat principal de l'atipa du fleuve, mais aussi un très beau kumaru d'au moins 30 cm (frère herbivore du piranha et poisson recherché pour sa chaire dans le haut-Maroni), un très bon gibier, l'agouti, avec des haricots rouges, du riz et du kwak, et en dessert des mangues. La suite de la soirée, je la passe assis à une table à écouter les habitants en sirotant un verre ou deux de Parbo, la bière des voisins. J'apprécie aussi ce moment par la contemplation du ciel amazonien, d'une noirceur incomparable avec le ciel français, environnements différents obligent...Ces moments sont forts, notamment car je sais que je n'aurais probablement jamais pu les vivre sans mon travail: la remontée du Maroni pour le tourisme coûte plusieurs centaines d'euros. Ce sont des moments authentiques ou la bonne humeur résonne avec un fond sonore de reggae.

24 décembre 2008

France/Guyane - Excursion sur le Maroni: Apatou

"Bushinengé" ou "Noirs marrons"...noms surement peu connus en métropole. Petit cours d'histoire... A la fin du 17ième siècle, des esclaves noirs, employés au Surinam, l'ancienne Guyane hollandaise, profitèrent du désordre général pour se révolter et se réfugier dans la forêt. Cette fuite se nomme le marronnage. Elle a existé dans toutes les sociétés de plantations, mais ailleurs qu'au Surinam ces sociétés se sont fondues dans les sociétés créoles émergentes lors des abolitions de l'esclavage. Ainsi, les six groupes de Noirs marrons actuels sont les seuls à être demeurés intacts jusqu'à aujourd'hui. Le terme de Bushinengé signifie dans une de leur langue "hommes de la forêt"... En effet, les populations bushinengés actuelles vivent essentiellement dans des villages et campoe (une sorte de "hameau") le long du fleuve Maroni, des côtés surinamais et français, même si nombre d'entre eux ont gagné les villes du littoral, particulièrement Saint-Laurent du Maroni. Les Bushinengés, en particulier les Bonis, sont aussi les spécialistes des pirogues, qui permettent à toute personne de rejoindre les habitations seulement atteignables par le fleuve...et c'est donc en pirogue que dans un cadre professionnel, je réalise une première excursion sur le fleuve Maroni, le fleuve roi de la Guyane, frontière naturelle entre la Guyane et le Surinam. J'aurai le temps de visiter, durant les moments creux de ma mission, plusieurs petits villages. 

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Nous montons dans la pirogue, le moteur gronde et la magie opère. Une sensation d'aventure se dégage à travers ce moment de terrain particulièrement fort. Sur la photo de gauche, une île qui abritait dans le temps des bagnards malades de la lèpre. 

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Les paysages défilent...des oiseaux volent autour et sur le fleuve, parfois prêt de nous. A chaque approche de rive, je traque la moindre trace animale. Ils sont trop bien cachés pour moi et je n'en verrai pas. Puis, petit à petit, le nombre d'habitations et de campoe augmentent de part et d'autre du fleuve...et après un peu plus de deux heures, nous arrivons à Maïman, sur la commune d'Apatou.

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Premier arrêt, forte sensation de dépaysement. Je m'approche des sites que je dois visiter et profite de chaque moment que m'offrent mes yeux pour apprécier ce paysage tellement différent de tout ce que j'ai pu voir auparavant.   

Maiman

Nous reprenons le chemin, ou plutôt le fleuve, voyons du monde sur les rives, comme ce petit groupe de jeunes nettoyant des chaises bleues, blanches et rouges. Dans le même temps, nous croisons d'autres pirogues, certaines redescendent de plus haut, des communes amérindiennes notamment, mais aussi du bourg (centre) d'Apatou, première commune ou nous nous arrêtons plus longuement. Voilà une carte la situant bien, sur le Maroni, à l'Est.

 

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Nous voilà donc dans le centre de la première commune du fleuve Maroni. Dépaysement important. Des  personnes nettoient leur matériel dans le fleuve. Le fleuve fait partie de leur identité, bien plus que les deux pays qu'elles côtoient. Ces personnes vivent avec et par le Maroni. Leur fleuve est leur vie, comme la montagne l'est pour certains savoyards. 

Apatou

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Suite des visites programmées...Je réalise davantage les difficultés de la vie de tout les jours pour un enseignant fraichement débarqué: logements, forme potentiellement mortelle du paludisme, accès aux services de santé, seulement après plusieurs heures de pirogue. Dans le domaine de l'Education Nationale, le personnel manque sur le fleuve.

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Alors que je discute avec une personne d'une école, une drôle de patte sort de la petite cage que j'avais remarqué dans un coin de la pièce...j'imaginais qu'il y avait je ne sais quel petit animal de compagnie. mais un splendide jeune paresseux en sort ! je m'en approche et le regarde monter méticuleusement l'étagère, à scruter toute prise possible. je lui caresse la bouille, je me permets, il me regarde et sa petite bouille est vraiment craquante. Ces animaux sont superbes très attachants. Celui là va peut être finir par appartenir à quelqu'un, malheureusement.

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Je réalise les tâches qui m'ont emmené ici, puis profite d'un moment de pause pour le balader dans le bourg. C'est aussi le cas de nombreux mômes de la commune, qui rentrent chez eux. 

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Visites de sites terminée à Apatou. La remontée du fleuve continue...nous nous arrêtons acheter de la nourriture à un campoe, un endroit magnifique où je dormirai le lendemain. Nous nous approchons alors d'Apagui, une école sur une petite butte, là aussi splendide. Un beau cadre pour les élèves.

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C'est ici que nous décidons de dormir. Nous posons le hamac, et j'en profite alors pour prendre quelques photos du coucher du jour. Je suis heureux de pouvoir prendre ces photos, ce coucher de soleil dans le cœur de l'Amazonie française.

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Arrive alors l'heure du repas. J'ai dans mon sac deux oranges et deux boites de sardines..mais les piroguiers ont acheté leur repas et nous en proposent. De quoi s'agit il ? d'un poisson du même ordre (mais, après vérification, pas de la même famille) qu'un célèbre poisson des aquariums d'eau douce tropicale que l'on rencontre en métropole. Un poisson très recherché en Guyane par les personnes créoles, noirs marrons et amérindiennes. Ainsi, pour résumé, j'ai le choix entre manger des sardines en boite, ou les frères guyanais du...pléco! Le poisson le plus prisé est l'atipa du fleuve, avec une réelle carapace, à la couleur uniforme sur la photo.

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Le repas est très typique. Je déguste l'atipa avec du kwak, un des aliments de base de la cuisine de Guyane, fait à partir de la racine de manioc. Malgré un peu de réticences, j'enlève sa carapace préhistorique et déguste sa chaire, delicieuse. Belle soirée au coeur de l'Amazonie, à discuter avec les piroguiers sous un fond sonore de reggae jamaicain. Des images de coucher de soleil, en forêt amazonienne, une nuit en hamac, des nouvelles découvertes culinaires et des échanges enrichissants: un des moments forts de mes trois premiers mois en Guyane.

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Bonnes fêtes à tous. J'espère qu'elles se dérouleront dans la paix et le bonheur.

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31 août 2024

Espagne/Communauté valencienne - Rencontres "couchsurfing" à Valencia

Une nouvelle étape de cette vie mobile se dessine au fil des mois. Installé à Valencia depuis Février 2024, me revoilà, après quelques années limitées en rencontres internationales - entre la crise sanitaire, la profil démographique de la ville et l'arrêt de mon engagement au sein de Concordia, les 4 années nancéennes ont surtout été faîtes de rencontres françaises - dans une forte dynamique d'ouverture sur le monde hispanophone et ses habitants (Espagne et Amérique latine), mais pas seulement : en effet, pour la première fois, je loue un appartement idéal pour inviter des voyageurs de passage à dormir chez moi via l'application Couchsurfing, qui met en relation les locaux et les touristes, et que j'avais découverte en 2007, lors d'un déplacement dans l'Ouest de l'Irlande. Et c'est ainsi qu'en 6 mois, j'ai commencé à nouer de belles relations avec des personnes de passage à Valencia, et venues d'Allemagne, d'Argentine, d'Espagne, d'Iran (basées en Italie), de Turquie, et du Pérou.

Joana et sa maman me contactent un vendredi soir du mois de Mai à 21h30 : "nous recherchons un "host" pour la nuit de samedi à dimanche"...en y regardant de plus près, je comprends rapidement que ces deux Allemandes vivant du côté du lac de Constance sont déjà à Valencia. "Nous avons eu un problème avec notre réservation AirBnB. Si on ne trouve rien pour ce soir, nous irons à l'aéroport." Ok, venez chez moi !

Joana et sa maman, d'Allemagne, à la découverte de Valencia.

Santiago et sa femme Meli vivent dans la banlieue de Buenos Aires, en Argentine. Pour la première fois de leur vie, une opportunité de congrès professionnel - Santiago est travailleur social - leur donnent l'opportunité d'organiser une voyage en Europe durant 1 mois. Je les reçois en ce mois de Juin 2024. Ils sont à Valencia pour 3 jours. Tout de suite, le courant passe particulièrement bien, et après seulement quelques mois dans ma nouvelle ville, me voilà déjà à jouer le rôle de guide !

Santiago et Meli auront quelques spécialités locales à goûter !

Santiago travaille sur des projets avec des personnes en situation de handicap, dans un hôpital vers Buenos Aires. Lorsqu'il visitera Paris, il se rendra à Radio Citron, voir un compère argentin, anciennement impliqué au sein de la radio Colifata de Buenos Aires. Cette dernière, connue dans la capitale Argentine, et sa petite sœur française, donnent la parole à personnes ayant un handicap ou un trouble psychique, depuis un hôpital psychiatrique. Nous en parlerons, avec aussi l'idée de peut-être monter un projet de volontariat avec l'association Concordia.

Ana et Alba sont espagnoles, originaires de Cordoue. Je les reçois également trois jours, en compagnie de Louis, jeune français de Haute-Savoie venu passer un mois chez moi afin de travailler son espagnol. Un petit déjeuner à l'andalouse restera dans ma mémoire !

Hanna et son amie Shabnam vivent en Italie depuis quelques années. Originaires d'Iran, elles viennent passer une semaine de vacances en Espagne - une première - et au Portugal : Valencia, Madrid, Lisbonne, Porto. Au programme, notamment: visite du Cabanyal, un des quartiers de la ville, qui recense nombre de vieilles maisons de pêcheurs aux azulejos divers et variés, et qui permet aux street-artistes de s'exprimer.

Tugba et Öznur sont professeurs en Turquie. Elles viennent passer leurs vacances en Espagne. Je les reçois une semaine chez moi, semaine de pause dans mon apprentissage soutenu de l'Espagnol, parmi d'autres activités.

Enfin, j'accueille également Liliana, de Lima, Pérou.

De belles rencontres qui, complétées par la naissance d'amitiés nouvelles avec des habitants de Valence provenant de Russie, Venezuela, Argentine, Chili, Espagne, Tchéquie...redonnent des couleurs mondiales à une vie sociale et socio-culturelle qui s'annonce vraiment d'une belle richesse interculturelle. Valencia je suis là, et j'espère rester chez toi quelques années. Qui vivra verra !

17 décembre 2023

France/Lorraine - Découvertes artistiques

Partager sur ce blog un souvenir de 4 années de découvertes lorraines en un article. Plusieurs approches sont possibles, et cette fois-ci la synthèse sera conduite sous un angle artistique, sans trop développer les habituels « must-see » touristiques bien mieux documentés sur la toile. Déambulons donc dans quelques sites de Lorraine pour nous représenter cette région à partir de découvertes créatives. Quel que soit le lieu, quelle que soit l’époque, quel que soit le style. Evadons-nous donc quelques minutes en Lorraine entre 2019 et 2023.

Momo est passé à Nancy, mais si ! Promenons-nous dans cette ville hôte en compagnie de Marine, guide locale sympathique et compétente. Celle-ci m’expliquera notamment que l’artiste américain Momo fût invité à Nancy pour y réaliser une fresque sur le bâtiment actuel de la caserne des pompiers. On peut dire que le Street Art peut être considéré comme un Art nouveau à Nancy : la première œuvre street art officielle de la ville se nomme Giulia et date de 2015. Celle-ci a été réalisée par David Walker, l’un des plus grands portraitiste contemporain de street art, qui travaille à main levée. Giulia représente ainsi une artiste berlinoise amie de Walker.

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Giulia, par David Walker (photo de l'office du tourisme)

Un autre jour dans cette Lorraine-ci, il est possible de voir, au Centre Pompidou de Metz, une œuvre étonnante. Celle de l’artiste Refik Anadol, Machine Hallucinations. Il s’agit d’une NFT, « Non Fungible Token » une sculpture de données d’intelligence artificielle (IA) en vidéo. On peut y lire quelques explications sur cette œuvre envoutante : "l’exploration de l’esthétique fondée sur l’intelligence artificielle par notre studio invite à rêver un univers alternatif où les machines collaborent avec les humains pour imaginer notre existence dans le temps et créer des environnements alternatifs et multisensoriels. Nous utilisons les méthodes les plus innovantes à notre disposition et imaginons un avenir plein d’espoir où une relation symbiotique avec les machines nous donnerait de nouvelles idées, la connaissance et le pouvoir, non seulement de rêver, mais aussi de créer un monde meilleur".

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Créer un monde meilleur. Que peut en penser Raeda Saadeh, née à Umm Al-Fahem en Israël en 1977, et qui vit à Jérusalem, et dont l’œuvre «Vacuum» fut présentée à la galerie Poirel de Nancy lors de l’exposition sur les Arts de l’Islam. Cette œuvre de 2007, conservée au Frac (Fonds régional d’art contemporain) Lorraine à Metz, a sans doute plusieurs interprétations. En effet, l’explication proposée indique que « le titre, Vacuum, peut se traduire de l’anglais soit par « vide », soit par « aspirateur » dans vacuum cleaner. L’œuvre joue de ce double sens. La projection vidéo montre d’un côté un désert montagneux et de l’autre Raeda en train d’aspirer la poussière de ce paysage, tâche absurde et infinie. L’artiste palestinienne en rupture avec la tradition, vivant en Israël, montre ainsi métaphoriquement le « vide » et le manque de sens de la place qui est dévolue traditionnellement aux femmes dans la société. Elle se donne aussi à voir « prêchant dans le désert » en utilisant les seuls moyens mis à disposition des femmes. Le Frac Lorraine a acheté cette œuvre à l’artiste en 2010.»

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Créer un monde meilleur. Qu’en auraient pensés les soldats de la guerre de 1870, que le joli musée de de la petite commune Gravelotte présente si bien. Une promenade à travers ce musée permet de se remémorer que le dormeur du val de Rimbaud faisait référence à cette guerre franco-prusse. Ce jour-là, la pluie ne tombait pas à Gravelotte. Mais « beaucoup de soldats, eux, sont tombés à Gravelotte et autour de Metz. A Gravelotte, le 16 Août, on peut compter environ 32 000 morts, blessés ou disparus, Français et Allemands. Plus de 75 000 pour l’ensemble des combats des 14, 16 et 18 août. L’ampleur des pertes et la violence des combats marquèrent les esprits. Il faudra attendre la Première Guerre mondiale, incomparablement plus meurtrière, pour atténuer le souvenir de la guerre de 1870.»

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La guerre aboutit à l’annexion de l’Alsace-Moselle. Nancy devient alors, pendant les décennies qui s’en suivent, la plus grande ville de cette région de France. Et c’est à cette période que Nancy devint le leader français de l’Art nouveau, à travers l’Ecole de Nancy, menée par Emile Gallé. Une grande période artistique de l’Art en France, même si l’Art nouveau fut longtemps mal aimé. Ce petit amour de musée, celui de l’Ecole de Nancy, restera gravé dans mon cœur d’ex-Nancéien.

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Mais le mouvement Art nouveau s’arrêtera principalement avec la première guerre mondiale…et laissera place progressivement à un style artistique appelé, depuis les années 1970, Art déco…dont une ballade nancéienne permet quelques découvertes, comme celle du bâtiment du musée aquarium de Nancy. La façade du bâtiment a été réalisé à l’initiative de Lucien Cuenot, chercheur qui souhaitait créer un institut de zoologie en complément de l’institut d’agronomie. Les frères architectes de la famille André furent choisi pour réaliser le bâtiment. Cette façade, très novatrice pour l’époque, choqua beaucoup.

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Retour au centre Pompidou de Metz, à la rencontre d’Eva Aeppli, et son univers étonnant. Eva grandit à Bâle, où elle suivit l’enseignement anthroposophique de l’école de Rudolf Steiner. Du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, qu’elle vit aux premières loges à la frontière suisse allemande, naît son inlassable quête pour la dignité humaine. Elle s’installe définitivement en France en 1952, avec Jean Tinguely, son marin d’alors, puis ils rejoignent la colonie artistique de l’impasse Ronsin, où Constantin Brancusi vit aussi. Connectée au monde de l’art à Paris, Eva Aeppli noue de fidèles amitiés et collaborations avec des artistes de son époque. Néanmoins, elle se refuse à rallier les mouvements en vogue – Nouveau Réalisme, Pop Art ou abstraction lyrique – pour créer un corpus profondément original, dont les sculptures textiles à taille humaine constituent l’aboutissement.

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Eva Aeppli, La table. 1965-1967. « Premier groupe rassemblant plusieurs figures individuelles, La Table s’inscrit dans une longue tradition de représentation de la Cène. Si la disposition s’inspire de la célèbre version de Léonard de Vinci, Eva Aeppli réinvente les codes de l’iconographie chrétienne. La Mort, qui a volé la place du Christ au centre de la composition, règne en maître. Représentant l’Humanité, les femmes et les hommes conviés à cette table nous font face dans un regard inquiet ou fuyant, conscients, peut-être de leur égalité face à la mort. »

Une autre représentation de la cène pouvait être vue dans cette période 2019-2023. Celle de l’œuvre « Feast of Fools », de l’artiste Mag Med, présentée au Musée des Beaux-Arts de Nancy. Cette œuvre spectaculaire de près de 9  mètres de long, a été « entièrement réalisée à la main, à la plume et à l’encre de Chine par cette artiste née à Lyon en 1976.

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Ce musée des Beaux-Arts, situé place Stanislas, recoupe quelques œuvres célèbres artistes lorrains, comme « la Toussaint » d’Emile Friand. Cette peinture représente une famille au Cimetière de Préville, à Nancy.

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En Lorraine se situent les Vosges. Passons par Epinal et son musée des images : « Images d’Epinal, d’Orléans, de Toulouse, d’Inde…du 17ième siècle au 21ième siècle…Religieuses, éducatives, narratives ou simplement joyeuses, les images en feuille sont issues d’une culture, d’un temps qui nous est désormais lointain. Les lire et les apprécier ne peut se faire sans connaître leurs modèles, leurs techniques d’impression, les imagier qui les ont imprimées, ou les gens qui les ont achetées et accrochées sur leurs murs. Le musée nous présente cette histoire.

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La Lorraine, c’est aussi évidemment la période des Ducs. Stanislas, qui a fait construire une des plus belles places d’Europe, sera le dernier. Mais que montre-t-il, du haut de son trône ? La réponse est peu connue des Nancéiens, et il s’agit de Louis XV, roi de France. Toute une Histoire très bien racontée sur la toile, et qui peut aussi se retrouver sur les ferronneries de Jean Lamour.

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Car la Lorraine est une terre de Fer…et découvrir le monde sidérurgique lorrain, par exemple au musée de l’Histoire du Fer, fait aussi partie de belles petites histoires du territoire.

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Alfred Renaudin. Longwy, 1936

N’oublions pas le monde la Faïence, comme quelques belles pièces du château de Lunéville.

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Rediscutons avec Marine, qui nous présente également une belle mosaïque située près de la place Stan. Celle-ci est, comme d’autres du même artiste, inspirée de la mythologie. On peut y voir une partition, qui constitue un extrait de la Walkyrie de Wagner, faisant référence à la mythologie nordique. On peut voir Odin être soumis à la tentation de prendre l’anneau rempli d’or.

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Finissons enfin cette introduction à la Lorraine avec une autre rencontre nancéienne pendant ces 4 ans, celle d’Hélène, dont le travail, composé de gravures, de monotypes et de céramiques, est à découvrir.  Son travail, expliqué sur son blog, invite à retrouver la fragilité du monde de l'enfance. Pour créer ces images, Hélène utilise un procédé d'impression non reproductible appelé monotype. Ce procédé atypique permet d'obtenir des effets de matière qui rappellent l'onirisme des rêves. Céramiques et bijoux sont autant de pièces autour du thème de l'enfance. Crées en faïence et décorées à la main aux oxydes, ces pièces en volume complètent les recherches graphiques d'Hélène.

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Cet article illustre donc, sur le thème de l'Art, 4 ans de vies professionnelle et personnelle à Nancy. Une ville attachante. Terminons cette expérience par un dernier café à la brasserie l'Excelsior. Une page se ferme. Bye-Bye la Lorraine...Bonjour l'Espagne !

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5 décembre 2020

Canada/Quebec - Une journée à Chibougamau

Avril 2008. Sur un forum, je discute avec Helen, Québécoise de Chibougamau. Vous n’avez jamais entendu parler de ce nom ? Peut-être associez-vous le Quebec à ses deux principales villes, Montréal et Quebec ? Chibougamau est une petite bourgade de 7500 âmes située dans la région administrative du Nord-du-Québec. Un de ces bouts du monde dont on n’entend jamais parler en Europe. Alors aujourd’hui, parlons-en un peu ! Helen m’en parlera, elle, en Haute-Savoie. En effet, nous sympathisons rapidement, alors je lui propose de venir découvrir un petit coin du bassin lémanique pendant 10 jours. Et depuis cette autre époque, nous discutons fréquemment…mais les aléas de la vie ne nous ont pas encore permis de nous revoir. Comme ce blog se consacre aujourd’hui principalement à présenter des tranches de vie des copains de la planète, c’est aujourd’hui d’une tranche de vie québécoise dont nous allons parler.

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Chibougamau, Quebec, Canada

Helen naît en 1980 dans cette petite ville d’un père «blanc» et d’une mère «Cri». Avec ces « », prenons du recul concernant toutes ces catégorisations sociales tellement habituelles mais si malheureuses. D’autant plus malheureuses, qu’ elles sont en l’occurrence impactantes dans le Nord québécois. Le toponyme de Chibougamau contient les racines cries «Shabo» (au travers) et «Gamaw» (lac), de sorte que Chibougamau signifierait : lac traversé de bord en bord par une rivière. Certains penchent au contraire pour le sens innu «lieu de rendez-vous». Les «Cris» sont l’un des peuples algonquiens d’Amérique du Nord, Premières Nations (peuples amérindiens ni Inuits ni Métis) appartenant à un vaste ensemble autochtone du Canada et des Etats-Unis.

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Helen et sa maman, Chibougamau, 1980

Sa maman avait la réputation d’être la plus belle femme Cri de la ville. Elle était analphabète, et du fait qu’elle était mariée à un homme non Cri, avait perdu ses droits autochtones. Elle faisait de l’artisanat, et s’occupait d’enfants des autres, un peu sous la forme des services sociaux mais de manière plus traditionnelle, non formelle. Enfant, lorsque les agents du Fédéral venaient ramasser de force les enfants des familles autochtones pour les amener aux écoles résidentielles, sa maman se sauvait dans le bois pour s’y cacher. Personne n’arrivait à fuir, ou presque. Sa maman, si. Ces écoles résidentielles correspondaient à l’enseignement public en internat destiné aux jeunes autochtones. Comme expliqué sur la toile, Il s'agissait d'institutions destinées à scolariser, évangéliser et assimiler les enfants autochtones. Au cours du XXe siècle, le Département des Affaires Indiennes encouragea les internats pour autochtones afin de favoriser leur assimilation. Cette pratique, qui séparait les enfants de leur famille, a été décrite comme le fait de « tuer l'indien dans l'enfant ».

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Canada - Localisation des écoles résidentielles

Enfant, Helen était une des rares Cri dans son établissement scolaire et a également subi beaucoup de racisme systémique. A 14 ans, Helen quitte Chibougamau pour vivre avec son petit ami au sein de la communauté d’Oujé-Bougoumou. Ensuite, elle part vivre à Alma avec sa sœur qui étudiait, et lui garde ses enfants. Après un retour à Chibougamau, elle reprit l’école, termina son secondaire 5 tout en travaillant dans un restaurant comme serveuse. Puis, départ à Montreal, avec des retours fréquents à Chibougamau pour y travailler l’été.

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Le grand-père d’Helen, Chibougamau, 1980

C’est pendant un de ces étés qu’elle travaille au département du service au patients cris, et qu’elle tombe alors en amour avec eux. Elle se lance alors dans l’obtention d’un certificat universitaire à distance et une technique en soins infirmiers.

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Groupe de "2e année" en soins infirmiers lors de la simulation extérieure au centre d'études collégiales, Chibougamau, 2014

Helen repart ensuite à Montreal en soins infirmiers, et s’oriente à ce moment-là dans une carrière dans l’administration des établissements hospitaliers. Aujourd’hui, elle fait une belle carrière en étant directrice du département du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James. En effet, comme l’explique cet article le manque de services de santé dans le Nord engendre le déplacement de personnes Cris dans le Sud, à Montreal par exemple. Or, un simple voyage peut générer jusqu’à plusieurs années d’éloignement pour les personnes concernées.

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En 2018, il y a eu plus de 21 000 visites de patients cris dans le Sud, pour la consultation de médecins spécialistes. De nombreux patients cris envoyés au sud pour y être soignés ont le droit d'être accompagnés d'une personne, par exemple un membre de leur famille, pour avoir un soutien voire un interprète. Dans le département dirigé par Helen, une cuisine commune, une salle d’activités et une salle spirituelle ont été construites.  Quand ils vont dans ces espaces, ils sont ensemble et oublient qu'ils sont à Montréal, explique Helen, ajoutant que beaucoup de patients sont des survivants des écoles résidentielles. Aujourd’hui, Helen a trois enfants et est installée à Montreal. Et un jour sûrement, nous marcherons de nouveau ensemble sur les routes de France.

7 juillet 2020

République dominicaine - Une journée à Saint-Domingue

Saint-Domingue, 05 Septembre 2019. Le Diario Libre, journal d'information dominicain, présente dans un de ses articles le proces de Maurice le coq, durant lequel le tribunal de Rochefort a donné raison ce jeudi à la propriétaire du coq Maurice, en déboutant de leur plainte les voisins qui l'avaient attaqué pour nuisance sonore. Une victoire pour la ruralité, d'après certains. Mon amie Lery Laura me contacte, amusée, comme son amie qui lui a transmis ce message, lui flânant qu'ils sont divertissants, les problèmes du Premier monde.

Lery Laura

Manu: par premier monde, elle fait référence au monde occidental ?

Lery Laura: en l'occurence, elle se réfère à l'Europe.

Manu: tu considères l'Europe comme le premier monde ?

Lery Laura: ben oui. C'est une expression qui se réfère à l'ensemble des pays dont les citoyens ont un niveau de vie élevé. Cela ne fait pas référence à son âge, exactement. Vous ne l'utilisez pas en français, ou veux-tu dire que le terme peut être questionné ?

Manu: non, pas vraiment, il me semble. Et me vient à l'esprit une  interrogation: Y a-t-il des ressentiments, en République dominicaine, vis-à-vis de l'Europe ?

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Plage El Valle

Lery Laura:  en général, non. Il y a de petits groupes qui, dans le juste désir de reconnaître la valeur de notre héritage afro, sont un peu polarisés contre la partie blanche. Mais ils sont très rares. Aussi les gens avec une position politique anti-impérialiste en général, qui vivent ceci très sérieusement. Mais je ne pense pas qu'il y ait du ressentiment. Le Dominicain "moyen" n'a pas assez de formation politique pour développer ce ressentiment :).

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Plage de la province de Pedenarles

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Rio Las Cuevas, près de la ville de Padre las casas, ville d'origine de Lery Laura

05 Juillet 2020. La République dominicaine élit son président en pleine pandémie. "Après huit années ans de mandat de Medina et huit de Fernandez, il y a une fatigue logique de la population, mais, surtout, un ras-le-bol face aux scandales de corruption et au manque de réponse de la justice" écrit le journal Le Monde. Un ras-le-bol qui s’était exprimé dès janvier 2017 lors de « marches vertes », quand des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue – du jamais-vu dans ce petit Etat insulaire de 11 millions d’habitants.

Manu: que penses-tu de ces manifestations ?

Lery Laura: la République dominicaine est mon pays. Je suis heureuse de vivre sur un beau territoire, plein de surprises naturelles et très riche en termes culturels. Mais notre peuple subit les conséquences d'une institutionnalité très faible. Cela se traduit par un niveau élevé de corruption dans l'administration de l'État et des services publics précaires. Pour changer cela, nous, Dominicains, avons une très grande tâche devant nous. Le chemin qui nous attend est immense, en termes d'autonomisation des citoyens, mais ces dernières années, nous avons pris des mesures très précieuses. Trois mouvements citoyens, principalement ou initialement animés par des jeunes, ont été d'une grande importance dans ce processus. Tout d'abord, celui des parapluies jaunes, qui visait à obtenir un engagement du gouvernement à accroître les investissements publics dans l'éducation et à améliorer la qualité de notre système public. Nous avons pris nos parapluies dans la rue jusqu'à ce que l'engagement soit pris. Depuis 2013, l'État alloue l'équivalent de 4 % du PIB à l'éducation. La qualité ne s'améliore toujours pas, nous avons cette partie de l'agenda en suspens. Nous savons également que cette tâche ne peut être accomplie du jour au lendemain. Il n'en reste pas moins que nous avons besoin d'un engagement plus important de nos dirigeants en faveur de l'éducation. Cet engagement ne doit pas se limiter à des ressources, il doit également impliquer un grand effort pour administrer efficacement ces ressources et ainsi parvenir à une meilleure éducation du public.

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Los sombrillas amarillas (photo du web)

Le second mouvement est né de l'indignation suscitée par la corruption publique. C'était la Marche verte.

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Lery Laura, à une marche verte

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De nombreuses personnes indignées par la corruption et l'impunité sont descendues dans la rue pour exiger que les fonctionnaires corrompus soient traduits en justice et même que le président de l'époque, Danilo Medina, démissionne en raison de son manque de volonté à lutter contre ce problème. Cette marche n'a pas eu de résultats concrets de type X nombre de soumissions ou X nombre d'arrestations pour corruption, et le président n'a pas démissionné. Mais elle a eu un poids politique important, car l'image de la corruption incontrôlée du gouvernement s'est imposée dans la population. De nombreuses personnes qui étaient autrefois plus ou moins tolérantes à l'égard de la corruption ont cessé de l'être. Le gouvernement dirigé par Medina a perdu de sa popularité, mais il est resté très fort. Les programmes sociaux d'aide économique et alimentaire ont eu un impact significatif sur la préférence électorale des populations les plus pauvres, de sorte que la possibilité que le parti au pouvoir quitte le pouvoir n'a pas été clairement prévue. Mais il y avait plusieurs articulations qui l'affaiblissaient.

Le troisième mouvement est apparu en février dernier, lorsque les autorités ont suspendu les élections municipales en raison de problèmes technologiques, semble-t-il. Alors les jeunes ont lancé un mouvement pour la démocratie. A cette occasion, les citoyens se sont habillés en noir et ont demandé que les raisons de la suspension soient clarifiées et que de nouvelles élections soient organisées le plus rapidement possible. L'événement (la suspension des élections) était si grave qu'il a scandalisé des personnes qui ne participaient généralement pas aux mouvements citoyens. Mais aussi parce que cela se passe dans une situation électorale, toute l'opposition politique manifestait, ce n'était plus seulement les habituels inquiets (la classe moyenne). De cette façon, l'ampleur du mouvement semblait plus grande que les deux précédents. Cette fois, parmi les moyens de manifester en faveur de la démocratie, il y avait les cacerolazos. À 8 heures du soir, nous sommes sortis sur les balcons pour jouer des casseroles pendant cinq minutes, et nous nous sommes tous sentis surpris et heureux de participer à ce grand concert que pratiquement toute la ville a offert. Les gens se sont sentis unis dans leur but, et le sens du village, de la communauté, est devenu plus fort. Le mécontentement était si fort que lors des élections d'hier, le candidat officiel a été battu malgré le fait que le gouvernement ait investi une quantité immense de ressources dans les programmes sociaux et l'aide, espérant obtenir des votes favorables des bénéficiaires et de leurs proches.Le nouveau président n'est pas particulièrement populaire. Beaucoup de gens le perçoivent comme la seule option qui pourrait faire sortir le LDP du pouvoir à ce stade, mais sans qu'on s'attende à ce qu'il mette en œuvre des transformations majeures. Je pense que l'œil du citoyen est plus fort et cela devrait mettre la pression sur le nouveau gouvernement.

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Mouvement pour la démocratie (photos du web)

D'une certaine manière, c'est une percée. J'espère que le nouveau gouvernement sera à la hauteur des exigences de ce peuple.

Manu: tu te sens militante politique ?

Lery Laura: non. Mais je suis une romantique et je soutiens des causes sans issue.

Manu: quel a été ton niveau de participation à ces trois mouvements citoyens ?

Lery Laura: je me suis très impliqué dans le mouvement des parapluies jaunes. Dans la marche verte, c'était moins. Je n'ai assisté qu'aux appels les plus importants des organisateurs. J'ai assisté à deux ou trois manifestations de ce mouvement. Dans le mouvement pour la démocratie, idem.  Soutenir le mouvement sans s'engager auprès des organisateurs.

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Tu aimes ton pays ? Oui. C'est ma maison.

27 décembre 2018

France/Guyane - Une journée dans la Guyane du Sud

10 ans se sont écoulés depuis cette année en Guyane. Déjà. Une autre époque. La vingtaine. Une autre réalité professionnelle. Mais avec cette chance infinie de vivre à l'époque du Web, il devient possible de continuer à lire et s'enrichir de ces petites expériences du quotidien. Via le web, il devient possible de se connecter à des activités humaines lointaines. Ecrivons une dernière fois sur la Guyane avec les photos des expériences et vécus de quelques copains de l'époque.

Débat mouvant par ici, débat mouvant par . Ou comment cet outil, fréquemment utilisé dans le monde de l'éducation populaire, l'est aussi dans ce petit coin d'Amazonie qu'est la commune de Maripasoula, par les agents du Parc amazonien de Guyane, dans le cadre de la semaine du développement durable. Les trente participants ont été invités à se positionner (physiquement!) en fonction de leur point de vue (d'accord/pas d'accord) vis-à-vis de sujets volontairement controversés:

- Un hôpital oui, payer non !

- N'importe quel Maripasoulien a le pouvoir de décider !

- L'abattis, c'est l'avenir !

Durant deux heures, ils ont débattus, défendu des arguments, se sont laissés parfois convaincre par le camp d'en face.

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Débat mouvant à Maripa Soula (photo d'ici)

Dave, un copain de l'époque, exerce une variété d'activités en lien avec l'animation socio-cuturelle en Guyane. L'une d'entre elle, présenté dans le numéro 21 de la revue "Une saison en Guyane", a consisté en la réalisation d'un documentaire présentant un rite de passage à l'age adulte d'un lycéen amérindien, au sein de la commune de Camopi: le Maraké. Comme l'indique sa page Wikipédia, le Marake est un rituel de passage de la puberté à l'âge adulte chez les jeunes Amérindiens du plateau des Guyanes, et constitue un moyen privilégié pour renforcer la cohésion du groupe et celle de la communauté. Son documentaire en est un beau témoignage...dans cette interview est présenté l'origine du documentaire: "pourquoi ce documentaire ? C'était une invitation de la part du chef coutumier Wayampi, Jacky Pawey, à filmer les danses Wayampi, pour conserver notre mémoire et pouvoir les montrer aux futures générations." En le regardant, on y voit une femme amérindienne expliquant la légende de la fourmi dans le Maraké : "c'est l'histoire d'un homme, un chasseur qui un jour avait tué des vautours...furieux, le grand chef des vautours descend de son royaume pour capturer l'homme. Il lui dit: maintenant, tu seras mon serviteur, va me chercher de l'eau. L'homme se rend à la rivière...en recueillant l'eau de la rivière, il constate que sa callebasse est percée de toute part. L'homme se demande : comment vais-je faire ? Sur son chemin, il rencontre la fourmi noire toucango. Il lui dit: je dois aller chercher de l'eau pour le chef des vautours, mais la callebasse est trouée. La fourmi prend la callebasse, la remplit d'eau et comme par enchantement l'eau reste à l'intérieur. L'homme se demande : quel est ce prodige ? Curieux, il touche l'eau et toute l'eau se renverse. Il se dit: comment vais-je faire maintenant ? Au loin, il aperçoit de nouveau la fourmi noire et il l'appelle, et de nouveau la fourmi vient l'aider. L'eau reste dans la callebasse, bien qu'elle soit trouée. L'homme rapporte donc la callebasse de nouveau, au grand-chef vautour. Depuis ce jour, la fourmi est l'alliée de l'homme. C'est elle qui lui transmet le savoir."

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Le Marake de Brandon, sur l'Oyapock

Un autre jour, Jody, un autre copain de l'époque, photographe (re)connu dans le département, est peut-être en train de couvrir une manifestation de ses belles photos dont certaines se retrouvent sur la toile.

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Jody

Et puis, ici ou là, une variété d'acteurs contribuent à la vie du Parc. Certains sont des scientifiques qui travaillent sur une variété de projets de recherche dans le but de mieux connaître les milieux naturels guyanais. D'autres sont des agents techniques divers et variés.

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Agents du parc amazonien de Guyane (photos du parc)

Photo Parc

Connaissez-vous cette espèce ?  Grenouille taupe-étoilée, crapaud fouisseur ou grenouille à nez de porc... autant de surnoms pour la Synapturanus sp. qui a la particularité de vivre sous terre. Elle a été découverte sur le Mont Itoupé en 2016.

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Voilà, clôturons cet article et la thématique "Guyane" en citant cette affirmation de mon manager de l'époque: "en un an ici, tu as juste dégrossi les grandes lignes du département. Il faut beaucoup plus de temps pour le connaître"...et laissons-nous imaginer quelques tranches de vie terrestre sur la base de ces petites rencontres internationales que le quotidien permet de faire facilement au jour d'aujourd'hui en Europe. A bientôt !

Photo Parc Guyane

17 novembre 2017

Une souris et...Kero & Ocu, artistes roumains

Baigner dans le monde du travail volontaire permet notamment d'être au contact, sur des projets, avec des personnes exerçant une variété de métiers: tailleurs de pierre, charpentiers, animateurs professionnels...mais aussi artistes. En ce mois de septembre 2017, me voilà au contact de 2 artistes roumains venus participer à la réalisation d'une fresque au sein de la commune de Clermont-l'Hérault, dans le cadre d'un échange de jeunes Erasmus+: Kero et Ocu. Ce beau couple, originaire de Cluj-Napoca, est à Montpellier pour une dizaine de jours, dans le cadre d'une exposition et pour la réalisation de la fresque. C'est ensuite tout naturellement que je me penche sur leur page facebook pour m'évader un peu dans cet univers méconnu.

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Ces rencontres sont riches et elles proposent une autre manière de s'investir dans les sociétés humaines. Une autre manière de percevoir le monde. Une manière de s'engager avec plus de coopération, où, comme le propose le dernier editorial de Concordia, de devenir progressivement un esprit libre: "au départ, il y a toujours une impulsion individuelle, personnelle et singulière. Vouloir se rendre utile, aller à la rencontre de l'autre, voyager, intégrer un groupe et se découvrir des savoir-faire inédits. Se mettre en mouvement avec humanisme, voilà l'essentiel. Déplacer son centre de gravité vers un ailleurs, chercher le contact avec l'inconnu, pour mieux se comprendre ensuite soi-même. Devenir un esprit libre. Etre un esprit libre n'est pas aisé. Cela passe par la pratique, l'échange, sans relâche : afin que le mouvement initié se confronte à d'autres réalités vécues, y trouve de l'écho et puisse être encouragé.

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Les patrimoines historiques, environnementaux et sociaux sont nos biens communs. Ils ne se limitent pas à une commune, une région ou un pays. Ils sont des objets à défendre, à valoriser. Ils ont leur place dans l'espace social et nous devons poursuivre nos efforts pour les générations à venir. C'est l'intérêt général qui prime dans nos actions.

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Qu'en pensent Kero et Ocu ? Je ne sais pas. Ces deux compères sont allés peindre un mur ailleurs, laissant leur trace dans les jeunes esprits des héros de ces projets : Arpi d'Arménie ou Liza d'Allemagne. Il y a eu échanges sur le patrimoine historique des pays respectifs de chacun. Et aujourd'hui, les voilà sur un autre mur, quelque-part en Europe. Une vie de bohème sur les routes du vieux continent, dans les petits villages comme les métropoles mondialisées.

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Une belle rencontre, parmi tant d'autres, qu'offre le monde du travail volontaire.

1 mai 2016

France - Une journée à...Adissan, Malestroit, Rennes, Grenoble, Grenay, Le Mans...et tant d'autres !

23 janvier 2010. Un samedi après-midi à faire la sieste au fond du lit. A peine rentré de mon expérience guyanaise, je m'installe temporairement à Lyon. Autant dire qu'après une année en Amazonie, les premières semaines lyonnaises sont grisâtres, dans le ciel et dans l'esprit. En ce jour, voilà qu'il y a un forum de l'emploi dans l'ESS dans une salle à proximité de mon lieu de vie. J'y vais ? J'y vais pas ? Allez, rien à perdre, ce peut être intéressant. 16 heures. Au détour d'un couloir, j'aperçois un stand : "bonjour. Qu'est-ce que vous faîtes ? - Notre association propose à toute personne de réaliser des volontariats, notamment des chantiers internationaux. - Ah, sympa. J'étais en Irlande puis en Guyane précédemment, donc j'imagine bien l'utilité de ce projet pour les jeunes adultes. Ok, laissez moi un CV. Ok ! Bye." Juin 2010. Un dimanche soir. Il fait nuit. Il pleut. J'arrive à Pierre-Bénite, près de Lyon, au Petit Perron. Suivre une formation d'animateur. L'animation ? En voilà un thème nouveau. Car durant ma vie étudiante, je ne l'associais qu'aux centres de vacances et de loisirs, et oh non, cela ne m'intéressait pas. Mais là, c'est différent. Animer un chantier, dans un espace naturel, avec des adultes de différents pays. Pourquoi pas. C'est original, ça change, ça permet d'apprendre de nouvelles choses. Et animer un groupe, cela peut être utile dans pas mal de boulots, a priori. Une semaine. Intense. Du bonheur. Du plaisir. Des oies dans le jardin. De la pluie. Des rires. Des animations, notamment une un peu choquante sur l'interculturel : le jeu de l'Albatros.

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Soutien aux victimes des attentats du 13 novembre

Juillet et août 2010. Deux chantiers. Guissény, petit bijou que son site naturel et ses plages. Gex, la Haute-Chaîne. Une semaine en refuge. Novembre 2010. Il pleut à Amiens. Nous écoutons l'excellent spectacle de Franck Lepage. C'est parti, je me propose pour rentrer au CA de l'asso. Pour gérer. Pour apprendre. Pour rencontrer. Pour réfléchir. Et si on osait ? J'ose. Pourquoi pas. Peut-être. Une première année de formation, et là je vois toutes ces personnes passionnées par ce beau projet. Des bénévoles, des volontaires, des salariés...des soirées à débattre, à discuter de ce monde difficile. De l'embauche d'un salarié à la préparation des temps de vie associative. C'est cela, rejoindre la vie associative, c'est se former, en plus de rencontrer. Des espaces d'engagement pour tous, par tous. Mais au final, tellement à y gagner. Et tellement d'échanges riches et variés. Quelques exemples. Léa, octobre 2011: pour moi c'est ça Concordia, amener à se poser des questions sur comment on a vu le monde et la société jusqu'ici et comment on aimerait la voir et comment on se positionne par rapport aux autres avis. Benoît. décembre 2011: Mon texte de référence à moi, ce n'est pas la Constitution française, c'est notre Projet éducatif. Mon projet de société à moi, ce n'est pas le travail, c'est l'Engagement. Ma capitale à moi, ce n'est pas Paris, c'est Avricourt. Hugo, juin 2012 :  que veut dire travailler à l'articulation éduc nationale - éduc populaire ? Serions nous les supplétifs de l’État ? Seuls des adeptes du tout État et du formatage des esprits peuvent être pour : l'educ pop est faite pour tous par tous, là où il y à faire, là où on veut la faire."

Août 2014. 4 ans plus tard, j'ai de nouveau un créneau estival pour animer. Avec 4 ans d'expérience et de vie en plus. Forcément, on évolue. Avec ce public de jeunes adultes, cette tranche d'âge bien particulière qu'est la période 18-25; Laurenan. Elisa, petite Italienne qui se lance dans la vie étudiante. Monica, de Barcelone. Et tous ces gens, ces habitants qu'on n'aurait pas pu rencontrer sans ce projet d'animation territoriale. Magnifique. Puis, Salonique. Eté 2015. Deux nouveaux projets, Pont-du-château et Mouleydier. Car je le sais, mon prochain poste salarié ne me permettra sans doute plus jamais d'animer...et car à 34 ans, la différence d'âge devient sacrément importante avec les 18-25. Une matinée à photographier la Dordogne se réveillant. Ah, ces rivières ! Puis un déplacement à Vienne, Autriche.

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Dans un tram de Vienne, avec des potes, partenaires internationaux du projet

Et sur 6 ans, des réunions, week-end de travail, projets dans 20 départements de France métropolitaine. 1/4 du territoire. Avricourt, Malestroit, Adissan, Grenay, Saint-Caprais de Bordeaux, pour citer quelques communes découvertes. De quoi voir un peu du pays. Découvrir le viaduc de Millau ou l'arrière pays montpelliérain. En ce mois de mai 2016 se termine cet engagement bénévole. Ouf ! Ce fût long, mais intense. Plus de CA. Plus de bureau. Plus de dimanche après-midi à rédiger un compte-rendu sous le soleil. Alors maintenant, que faire de ce temps libre ? Autre chose ! Et tellement de nouvelles envies. Toujours rester adhérent, bien sûr, car on ne se lasse pas d'un projet qui permet de se sentir un tout petit peu plus concerné par à peu près tout. Mais surtout, (presque) plus de bénévolat pour un (long) moment !  6 ans. Une belle page se tourne. Merci à tous. Et que vive l'éducation populaire et le service volontaire international, par tous, pour tous, tout au long de la vie.

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12 janvier 2016

Une souris et...Manu & co, expérimentateurs de territoires

Une expérience de mobilité régionale, nationale et internationale, que ce soit celles présentées et réfléchies dans ce blog ou celle de quiconque, revêt une dimension d'expérimentation territoriale, pour reprendre une expression utilisée dans une étude récemment survolée. Par territoire, utilisons la définition classique de l'étendue de surface terrestre sur laquelle vit un groupe humain. Ce qui fait territoire, c'est l'ensemble des interactions entre le groupe humain dans toutes ses composantes, et l'étendue de la surface terrestre concernée, dans toutes ses diversités. Le territoire s'aborde donc de façon globale : spatiale, humaine, économique, sociale, politique.

Une année à vivre et travailler en Irlande ou en Guyane représente une belle forme d'expérimentation territoriale. Passons ce stage de quelques mois à la DCU un peu limité au niveau social, même s'il m'aura permis de travailler au jour le jour avec des habitants irlandais, et prenons plutôt l'exemple de la vie en famille irlandaise (quelques semaines pendant les cours d'anglais, dans cette "autre époque" pourtant déjà relatée dans ce blog), ou, encore plus, de mon emploi dans un grand magasin au centre-ville de Dublin : servir des centaines de clients par jour et voire défiler l'intégralité de la société dublinoise du feu tigre celtique; du papy à l'accent incompréhensible à la bimbo venant se faire bronzer plusieurs fois par semaine. Où alors de Philippe, coloc amateur de bons films à Juliana, Brésilienne rencontrée à Dublin et recroisée à Cayenne.

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Expérimenter Phibsboro et Dublin...à faire, lecteur (jeune) adulte !

Expérimenter un territoire, c'est ce que permet aussi un chantier international, en amenant un jeune adulte, 18-30 ans le plus souvent, à découvrir d'autres environnements en participant de manière volontaire à la réalisation d'un travail d'intérêt général. A Laurenan, Peiye, jeune Chinoise de la vingtaine habitant au Japon depuis l'âge de 11 ans, et souhaitant s'installer en milieu rural, a ainsi pu expérimenter ce joli village en y rencontrant quelques habitants apportant, via leur engagement politique ou associatif, un peu de vie à la commune. Et puis à Laurenan, il y a aussi des jeunes qui pourraient être contents de rencontrer une habitante du Japon. Expérimenter d'autres territoires, même durant un cours laps de temps (quelques semaines à une année), a pour origine et conséquence une certaine motilité, soit une capacité à être mobile. Et cette motilité est un phénomène vertueux : la motilité progressive va crescendo, selon trois piliers : appétences, aptitudes, moyens. Elle repose sur des pré-requis, s'acquiert, se développe, s'apprend et se transmet. Les expériences accumulées au long de la jeunesse participent de cet apprentissage tant elles ouvrent une capacité d'adaptation, installent des repères, consolident les savoir-faire, favorisent l'anticipation devant les contraintes et les situations incertaines ou inconnues qui accompagnent la mobilité. Elles permettent de prendre confiance et d'appréhender la mobilité avec apétence et sans crainte. Elles sont propices à la prise d'initiative...ainsi, de petites expériences en petites expériences, quiconque le souhaite peut se former, développe des savoirs et capacités organisationnels, intègre une compétence sinon une culture de la mobilité.

Expérimenter un territoire permet aussi de doucettement réfléchir aux quelques représentations initiales qu'on a de celui-ci, puis de les dépasser. Sans oublier que les habitants qui y vivent peuvent aussi avoir des représentations nous concernant. Et c'est bien par l'échange et le respect réciproque qu'on peut facilement faire valser intelligemment ces quelques représentations. N'est-ce pas ce que dit un peu Giyeong-Jin, quand elle affirme que sa rencontre avec quelques jeunes habitants d'Europe lui a permis de se rendre compte qu'à quelques nuances culturelles et identitaires près, on peut s'entendre avec beaucoup d'autres Terriens, au niveau idéologique.

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Expérimenter le village de Mouleydier,

en rencontrant et aidant ses habitants, souhait d'Olivier,

jeune adulte congolais arrivé en France en 2014

Alors, oui, expérimenter d'autres territoires est une expérience que chacun devrait faire, un jour ou l'autre. Pour se rendre compte que même à l'échelle de Rhône-Alpes, beaucoup de choses sont accessibles. Passer d'Annemasse à Lyon, par exemple, permet typiquement de s'engager plus facilement dans une vie associative riche et variée, pour s'éduquer tout au long de la vie et faire de belles rencontres. Mais voilà. Comme pour toute nouvelle chose, il y a quelques freins. Matériels, cognitifs, psychologiques. Dans ce derniers cas, les déplacements seraient alors de plus en plus perçus comme une confrontation à l'inconnu exprimant une difficulté et souvent  une crainte à sa projeter hors de son territoire de référence. Et il y aurait quelques profils types de jeunes par rapport à la mobilité...du jeune mobile au jeune décroché. Mais dans ce domaine là, comme dans beaucoup d'autres, résilience il y a. Alors, ami lecteur, je t'en conjure : n'ai pas peur, ose, et expérimente les mobilités régionales, nationales et internationales !

18 décembre 2014

France/Rhône-Alpes/Ain - Une journée à Cerdon

Dispositif de mobilité internationale. Voilà un terme qui m'était inconnu lors de mon départ en Irlande, en 2007, relaté dans les pages historiques de ce blog. Il faut dire qu'en 7 ans, il s'en passe des choses. Alors que l'Irlande fonctionnait dans une économie en plein emploi, la crise financière est passée par là, et le pays est revenu à une croissance dans "la normale". Et puis quand on sort tout juste des études, il n'est pas forcément évident de connaître les dispositifs qui existent à côté du célèbre Erasmus...enfin, partir dans un pays anglosaxon pour affiner sa connaissance de la langue de Shakespeare et s'ouvrir à une nouvelle culture passe par un emploi, qui même s'il n'est pas toujours très utile à moyen terme, permet au moins de pratiquer un peu le pays et ses gens. Mais voilà. Comment partir en Lituanie, pendant quelques mois, sans avoir à apprendre cette langue à priori peu utile en dehors du pays !? L'Union Européenne offre cette possibilité via un dispositif, le Service Volontaire Européen. Et c'est via ce dispositif qu'Evgeniya, Bielorusse originaire de Pinsk et vivant à Minsk, se retrouve pour 6 mois à Lyon. Pourquoi faire un SVE ? Une question, plusieurs réponses : "j'ai décidé d'utiliser ce dispositif de mobilité internationale car je ressentais le besoin de partir du Belarus, et en quelque sorte de davantage me trouver" Et c'est donc pour 6 mois qu'Evgeniya rejoint Concordia Rhône-Alpes pour apporter une pierre à la vie de la structure, en compagnie de Giselle, d'Italie. Quelques mois après son arrivée, elle confie avoir affiner les objectifs de son expérience expatriée en France : apprendre sur le montage de projets Erasmus+; apprendre sur la culture française, et la vie de tous les jours. Et pour apprendre sur la vie des habitants d'un territoire au jour le jour, un des outils les plus puissants n'est-il pas l'échange avec eux ? Dans un centre-ville mondialisé comme celui de Lyon, ou dans un village reculé de ce que le géographe Christophe Guilluy appelle la France périphérique, ou du moins d'une France plus rurale et moins mondiale ? Oui, mais pour pouvoir échanger, il faut aller les voir. Et pour pouvoir aller les voir, il faut une voiture ! Et pour avoir une voiture, on fait quoi ? On demande à la pop loc ! Ben oui, bien sûr ! C'est donc en cette belle journée du 8 novembre 2014 qu'Evgeniya et Giselle profitent de leur première expérience d'expatriée en France pour s'en aller visiter quelques jolies places du Bugey : Pérouges pour commencer.

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Giselle, elle, a 19 ans. Son désir : exploiter ce dispositif de mobilité pour partir dans un pays de langue inconnue. Pas en France, dont la langue lui est connue, mais plutôt un pays du Nord : Danemark, Norvège, Suède. Malheureusement, les différentes organisations d'accueil dans ces pays ne fournissent aucune réponse positive, et c'est à Lyon qu'elle se retrouve. Et finalement, elle en est très heureuse ! Même si son français est déjà excellent, elle utilise cette possibilité de mobilité pour se déplacer en divers points du pays, affiner sa conscience de la diversité géographique et humaine de la France métropolitaine. Par exemple, en allant visiter le joli village de Cerdon.

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Puis vient la fin de journée...qui nous laisse le temps d'aller observer le coucher de soleil depuis le mont Balvay, sur la commune de Leyssard. Une belle journée, qui est rendu possible grâce à l'existence de ces programmes de volontariat européen...et des systèmes de "solidarité" locale, via le véhicule individuel notamment. De quoi continuer à intégrer le concept de la vertu de la mobilité entre quartiers, entre régions, ou entre milieux urbains et ruraux...permettant l'échange interculturel, le choc culturel, tant pour les citoyens étrangers que français.

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5 novembre 2014

Une souris et...Lery Laura, mi-muse, mi-poète

Lery Laura est une amie. Une "amie du Monde", comme il est facile d'en avoir de nos jours. Je la contacte en été 2013 après être quelque peu tombé par hasard sur son profil linkedin: "Lery Laura es periodista, egresada de la Escuela de Comunicación Social de la Universidad Catolica Santo Domingo. Sus intereses están vinculados a la investigación periodistica, el arte, la comunicación social y las ciencias sociales en general. Trouvant que discuter avec elle pourrait être chouette, nos premiers échanges sont dans un spanglish moderne : "Hi I am seeing you are periodista (in linkedin) and I would really be pleased of speaking with you about life, work, etc...would you be interested ? Kind regards, Emmanuel from France." C'est alors qu'elle me répond : "Hola, sí, soy periodista. Trabajo en una revista dominicana, escribo artículos de economía y sociedad. Mi trayectoria no ha sido extenso, pero algo tengo para compartir. Empiezo contándote que me cuesta mucho escribir en inglés, pero you can translate this with google. Gracias por interesarte."

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Lery Laura, par Manu

Depuis ce jour, nous échangeons régulièrement sur la vie, le travail, la République Dominicaine, La France, les Alpes, les grenouilles, les fleurs...et quelle chance, Lery Laura et moi avons quelques centres d'intérêt en commun : la nature, la photo, l' écriture par exemple. Il est peu habituel d'entendre parler de cette île des Caraïbes dans les médias français, en dehors du tourisme. Alors pourquoi ne pas dépasser un peu les clichés et affiner sa connaissance du pays via cet échange interculturel ?

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Plage de Cabrera, République Dominicaine...et si on dépassait les clichés ?

Mais après cette brève introduction, je dois vous dire quelque chose...Lery Laura est aussi un peu poète. Mais ne le dites pas, hein, c'est un secret ! Et dans nos échanges, elle m'envoie notamment un de ses poèmes, XXX. Extrait choisi :

"...Y hablo de tristeza

No por estar triste - Lo juro.

sino porque es una palabra bellisima :

Tristeza, 

la tristeza,

Tristeza.

Es un cristal creciendo

en estos ojos cerrados

y temerosos de las sombras

y otros ojos que son apenas posibles."

Mais comme le dit José Marmol, poète dominicain né en 1960, au jour d'aujourd'hui, on ne vit pas de la poésie en République Dominicaine. Alors Lery Laura, pour palier à cet idéal, écrit sur la société dominicaine, dans le cadre de son travail...travail qui ponctuellement peut l'emmêner dans l'autre partie de l'île Hispaniola, en Haïti, comme à ce moment là.

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 Excursion professionnelle de Lery Laura en Haïti

Ces échanges interculturels entre une Dominicaine lambda et un Français lambda sont particulièrement variés, et permettent à chacun d'affiner un peu sa conscience internationale. Récemment, une des rares actualités de l'île commentée dans les médias français a été lié à la décision du gouvernement dominicain de dénationaliser une partie de sa population d'origine haïtienne. Historiquement, les relations entre les deux Etats de l'île sont tumultueuses, au niveau des politiques d'Etats en tout cas. En est-il de même au niveau de la population...Humm peut être, mais dans une moindre mesure sans doute. En tout cas, on pouvait lire quelques articles il y a un an dans les médias français. "En 1937, le dictateur dominicain Rafael Trujillo ordonna le massacre de plus de 15 000 migrants haïtiens noirs pour « blanchir la race ». L'année suivante, pour se faire pardonner par la communauté internationale, le tyran sanguinaire ouvrit les portes de son pays aux juifs allemands, blancs, persécutés par Hitler. Soixante-quinze ans plus tard, la décision du plus haut tribunal dominicain de retirer la nationalité dominicaine aux descendants d'Haïtiens provoque à nouveau la préoccupation de la communauté internationale et l'indignation des défenseurs des droits humains. Fin septembre, le Tribunal constitutionnel a jugé, de manière rétroactive, que les descendants des migrants « en transit », nés depuis 1929, ne pouvaient prétendre à la nationalité dominicaine." Concrètement, cette décision retire la nationalité dominicaine pour plus de 250 000 hommes et femmes d'origine étrangère [haïtienne]. Du discours de Grenoble...en République Dominicaine. Lery Laura, mon amie, m'a évoqué cette situation il y a un an. Bien sûr, elle n'est pas spécialiste de cela, mais en tant que citoyenne dominicaine, elle peut se sentir directement concernée par cette décision. Et on peut voir cette photo sur sa page facebook.

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Et puis parfois nous parlons aussi voyages. Lery Laura est notamment allé au Guatemala, et a passé plusieurs jours dans un village indigène du pays. Nous avons échangés sur ce thème, et elle m'a envoyé quelques textes décrivant cette expérience. Extraits choisis : "27 de noviembre de 2009. Estoy en un pueblo indígena y para mí todavía resulta muy impresionante el encuentro con esta cultura. Es gente muy silenciosa y tranquila. Los hombres y las mujeres mayores siempre caminan como quien va meditando. Desde niñaslas mujeres usan el huipil, un corte muy colorido que debe decir mucho sobre sus creencias pero que yo no entiendo muy bien todavía. La mayoría lleva muy largo el pelo, aunque en algunas jóvenes se puede notar una tendencia a abandonar esta costumbre. Las más viejas sí lucen con orgullo el pelo canoso que cae sobre sus espaldas. Se ven hermosas y no sé por qué encuentro que hay tanto sosiego en las arrugas formadas sobre sus rostros. Yo pocas veces miro la vejez como algo natural, como algo justo o con lo que yo estaría conforme, pero aquí con frecuencia le encuentro algo de encanto. Supongo que es igual de triste aquí que allá, y que mi encantamiento se debe a que de todos modos estoy más distante de este pueblo y todavía soy incapaz de verlos como algo más que un patrimonio cultural. No sé si digo lo que quiero decir. Me refiero a que sé la miseria que hay detrás de los rostros arrugados que se suben a la guagua en que voy del trabajo a mi casa, allá en Santo Domingo, o al menos eso creo. Conozco a mi gente y sus penas, pero de aquí casi no conozco nada. Sé que esta gente padece de muchas cosas, pero no soy capaz de ver esos dolores en sus rostros, como hago cuando veo a un dominicano. En fin…Ya dije que son gente muy reservada, pero un saludo no falta nunca cuando una se cruza con ellos por la calle o algún camino. Se limitan a decir buenos días o buenas tardes, pero lo dicen con una voz muy alegre, sobre todo las mujeres y niñas."

Enfin, nos discussions ne sont pas non plus trop politiques, et il est parfois tout aussi sympathique de comparer les formes et couleurs naturelles !

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Dans un jardin de Saint Domingue...(photos de Lery Laura)

15 novembre 2014

France/Guyane - l'Oyapock : le pont, extraits choisis

Oiapoque est la ville brésilienne frontalière de la Guyane française et de la commune de Saint-Georges de l'Oyapock. Entre les deux communes s'est vu construire un pont, source de discorde. Ce petit article sans prétention synthétise quelques témoignages de personnes qui sont concernés d'une manière ou d'une autre par ce pont. Par exemple, Mael Cabaret, réalisateur breton dont vous trouverez le portrait en cliquant sur le lien précédent, a réalisé un beau reportage d'environ 1 heure, Oyapock, sur cette frontière fluviale davantage médiatisée depuis quelques années. De ma découverte des lieux, soit dans le cadre professionnel (Saint-Georges), soit dans le cadre personnel (Oiapoque), il n'est qu'une envie qui me dessine : continuer à apprendre sur ce territoire interragissant au jour le jour que compose les deux communes. Apprendre par la lecture, ou par l'écoute, et bien sûr,  dans l'idéal, par l'échange avec les habitants.

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 Pont sur l'Oyapock (photo du web)

Avant d'inaugurer le pont, les autorités veulent d'abord trouver un nouvel accord transfrontalier pour les habitants de la vallée. Car pour beaucoup comme pour Rona, guide touristique, la notion de frontières, sur le fleuve Oyapock, c'est tout neuf. "On avait pas besoin de ce pont. On dit ici qu'ils sont en train de construire un nouveau mur de Berlin". Retour à Saint-Georges de l'Oyapock. De ce côté-ci, on commence aussi à être agacé par ce pont. Comme cet habitant, qui indique qu'il ne peut plus faire de parties ou jeux avec ses amis d'Oiapoque. Lors de l'annonce du projet, ni la population, ni les élus locaux n'ont été consultés. Chacun s'apprête à vivre avec un pont majestueux, mais jamais désiré...toutefois, Fabienne Mathurin, ex-maire de Saint-Georges, propose que s'il y a bien un ouvrage qui symbolise l'intégration de la Guyane en Amérique du Sud, c'est bien ce pont sur l'Oyapock. Pour Gérard Police, docteur en civilisation brésilienne interrogé dans ce reportage vidéo, les 50 millions d'euros dépensés pour la construction de ce pont ne représentent en réalité que très peu d'argent, par rapport aux enjeux économiques, financiers et militaires entre la France et le Brésil. Il y avait besoin d'un symbole de ces partenariats : ce pont.

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Comme on peut le lire dans cet article d'Hervé Théry,  pourquoi un pont aussi grandiose alors que l'on attend un trafic très limité, qui aurait très probablement pu être absorbé sans difficulté, à un coût moindre, en renforçant le service des bacs qui assuraient déjà la traversée. Cela ne s'explique que dans une perspective géopolitique régionale de liaison entre le Brésil et ses voisins du Nord. Ces voisins se sont longtemps méfiés de son expansionnisme, notamment la France qui s'est abstenue de construire la liaison routière de 80 km entre Régina et Saint-Georges. Ce n'est que plusieurs années après le retour de la démocratie au Brésil, après la période de la dictature militaire (1964-1985), que les travaux ont été entrepris en achevés en 2003. Avec leur conclusion, l'axe RN1/RN2 assure désormais la liaison de 450 km entre Saint-George et Saint-Laurent-du-Maroni à la frontière du Suriname. Avec la construction du pont, la route côtière constitue donc désormais un maillon d'une panaméricaine atlantique. Il faut toutefois noter que le Brésil n'avait pas attendu de se doter d'une autre sortie vers les Caraïbes, via l'ouverture de la route Manaus-Caracas...

Ainsi va le Monde, la vie qui avance dans ces deux communes d'Amazonie...alors que plusieurs années après sa construction, de l'eau en a coulée...sous ce fichu pont !

7 avril 2012

France/Rhône-Alpes/Ain - Une journée à Saint-Jean-Le-Vieux

L'Ain recèle de nombreux villages charmants, de régions économiques diverses et de paysages variés. Mais qui connait Ambérieu-en-Bugey et sa région, n'y verra souvent que la fameuse gare SNCF à laquelle de nombreux TER et TGV font un arrêt sur la ligne de Lyon. D'autres, plus sportifs, feront le lien avec les nageurs olympiques de la famille Manaudou. Ambérieu et le Bugey est, malgré une faible attractivité touristique apparente, une région où il fait bon vivre, agréable, dynamique sur le plan économique et marquée d'une identité locale assez forte. Les villages aux alentours sont riches d'une histoire et d'un patrimoine qui intéressera tout amateur d'art, d'histoire économique ou de photographie. Et les monts du Bugey, une extrémité géologique du Jura, ne sont jamais bien loin. Un dimanche d'avril, le temps grisatre ou ensoleillé, est une opportunité de découverte pour tous ceux aimant la marche et le patrimoine. Et alors que dans le passé, des habitants d'Irlande ou de Guyane m'avaient montré avec enthousiasme leurs lieux de vie, alors que le Couchsurfing se base sur le principe que "le meilleur guide d'un lieu ne peut être que l'habitant local", cette découverte en cours du Bugey ne serait-elle pas mieux partagée? Transmise? Expliquée, dans la mesure d'un champ de connaissances même limité. Imen et Amira, deux soeurs tunisiennes rencontrées à Lyon, Nadja et Rémy, nouveaux habitants rhône-alpins, Stefano, Italien fraîchement débarqué du Piemont, et moi-même décidions de découvrir un peu mieux le Bugey. Un point commun nous rassemble: le besoin de lien amical en dehors des heures de travail. Un outil fédérateur de lien social, une association de bénévoles faisant vivre un projet. Une rencontre à une sortie de métro, et le plaisir de faire découvrir un peu la France rurale à deux Tunisiennes rarement sorties de la cité des Gones.  

Lyon. 10h00. Un signe de main à l'autre bout de la place Charpennes. Imen et Amira s'approchent, pétillantes, heureuses de partir à la découverte d'une France rurale mal connue de ces deux doctorantes tunisiennes. Le regard curieux, l'envie de prendre l'air, sortir d'une ville agréable à la rencontre de la ruralité toujours difficile d'accès lorsqu'on est sans guide et sans voiture. 

Ambérieu. 11h00. Les nuages masquent un soleil que l'on devine rayonnant. Une légère épaisseur brumeuse, augmentant l'incertitude sur le déroulement de la journée. Pluie ou soleil ? Stefano, récemment arrivé à Lyon depuis l'Italie, Nadja et son ami Rémy nous retrouvent à la gare d'Ambérieu. Direction Saint-Jean-Le-Vieux, petite bourgade bugiste où au milieu coule une rivière. L'idée de la journée: un décrassage dans les chemins de ce village, près de la nature, près des champs, pour dérouiller le corps avant d'autres aventures plus escarpées. Le chemin de Cheminant relie l'entrée de Saint-Jean à Jujurieux, village voisin, en traversant Varey et son chateau, le long de champs, pâturages bucoliques, traversant quelques hameaux s'éveillant dans la tranquillité d'un dimanche de printemps.

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Imen et Amira dans la brume printanière d'un village bugiste

Les chemins escarpés offrent une vue sur le chateau de Varey, un des chateaux composants le paysage des alentours, parmi d'autres. A gauche, une haie de forcicias fleuris rappellent la fin de l'Hiver. Mais ces chemins de traverse ne sont pas faciles à connaître pour un lyonnais. L'habitant local et sa fine connaissance des environs est, s'il se veut accueillant, le meilleur guide possible pour le promeneur de passage. Outre l'accueil de la personne étrangère à son territoire, il peut affiner son ouverture sur le Monde et sa tolérance vis-à-vis de personnes venant "de l'extérieur". Cette démarche se retrouve via le projet du Couchsurfing ou des chantiers de bénévoles. Faire vivre ces villages dans lesquels l'été rime avec "ennui" pour la jeunesse rurale, dynamiser la saison estivale, nouer les liens sociaux entre habitants et personnes de passage, permettre à des personnes extérieures de rencontrer l'autochtone. Chacun de ceux qui apprécient la découverte de nouveaux territoires connaissent le plaisir qu'est la découverte de parties profondes de celui-ci. Les îles d'Aran en Irlande, par exemple.

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Le retour par Jujurieux, puis la visite guidée de l'Abbaye d'Ambronay, concluaient le premier dimanche de sortie pédestre de l'année. L'occasion pour chacun de mieux connaître les alentours lyonnais et à tous de souffler un air campagnard avant une nouvelle semaine de travail.

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30 décembre 2011

France/Rhône-Alpes/Ain - Est-elle Nature, la vache ?

La vision que l'on a des choses est en partie liée à notre parcours individuel, lui même fonction de choix selon des goûts et envies et des contraintes suivant la réalité du moment. Prenons l'exemple de ce pâturage jurassien photographié en août 2010. Alors qu'une connaissance, en école d'infirmier, signalait, selon sa vision, qu' "un champ de vâches, c'est la nature", Il existe mille est une façon de percevoir ce pâturage bovin. Exemples.

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Troupeau de vâches dans un pâturage jurassien, les Moussières, août 2010

1. L'éleveur propriétaire du troupeau: "le Ministère de l'Agriculture a officiellement annoncé la mesure permettant de garantir à tous les producteur un dépassement de quota de 2% sans en être pénalisé. Cela va me permettre de produire un peu plus et profiter de la bonne tenue du marché laitier".

2. Le fromager: "Le lait de ces vâches et pâturages est de très bonne qualité pour la production de nos fromages locaux. Mais suite aux décès de plusieurs dizaines de personnes en Europe en 2011 à cause de contaminations par E.Coli, on risque de devoir faire davantage de contrôle sur nos produits."

3. L'ingénieur Analyste du Cycle de Vie: "Dans le cadre des expériences d'affichage des caractéristiques environnementales des produits de grande consommation, il est impératif que je prenne en compte le fait que la vâche ne produit pas uniquement du lait, mais aussi de la viande. Ah là là, ces allocations !"

4. Le végétarien: "Ah là là, que ce système de production bovin est mauvais: d'une part, un amateur de cuisine sait que la majorité du goût de la viande se situe dans la sauce. En plus, la consommation de viande n'est pas très bonne pour la santé, et une trop grosse consommation à l'échelle mondiale n'est pas tenable écologiquement. Pourvu que le végétarisme se développe en Europe !"

5. Le gestionnaire des espaces naturels: "Ce qui est notamment intéressant dans la gestion d'un site classé Natura 2000, c'est de travailler en collaboration avec les agriculteurs, notamment pour qu'ils adoptent une gestion plus douce des surfaces d'alpages exploitées."

6. L'ingénieur agro-alimentaire: "L'alimentation bovine en France est composé à près de 80% de fourrages. Il y a sans doute des améliorations à faire à ce niveau là pour diminuer les impacts que génèrent cette consommation sans baisser la qualité du lait ou de la viande."

7. L'ingénieur en agriculture: "il est important de maintenir une agriculture de qualité dans ces zones ou l'urbanisation est à forte pression. J'espère que mes conseils aux collectivités sur leurs plans d'occupation des sols seront suivis par le maintien en zone agricole de surfaces importantes dans le pays de Gex".

8. Le promeneur à son enfant: "Dis moi la couleur des choses suivantes: une feuille de papier ? la vâche là-bas ? la neige ? La tapisserie de ta chambre ? La voiture de maman ? L'enfant: Blanc. Blanc. Blanc. Blanc. Blanc. Le promeneur: "qu'est ce qu'elle boit la vâche ?". L'enfant: "Du lait".

9. Un cadre de la communauté de communes du Pays de Gex, parlant à un volontaire international: "s'il n'y avait pas de réserve, il y aurait sans doute des parkings bétonnés, une plus grande station de ski, plus de maisons, davantage de trafic, etc".

10. Le promeneur retraité: "Ah, ces champs me rappellent mon enfance. Dans le passé, il y avait aussi du bétail, et ces zones servaient de transhumance au bétail avant la montée en alpage sur la haute-chaîne. Ce patrimoine historique, il ne faut pas l'oublier."

11. L'écologue: "Il est particulièrement intéressant d'étudier les espèces se développant dans les zones de refus du bétail, à savoir des surfaces du pâturage non broutées et ou les fèces vont davantage être déposées. Ces zones permettent à des espèces végétales de se développer, alors qu'ailleurs elles ne le pourraient pas". 

12. Le bénévole sur un chantier de bénévoles internationaux en 2010: A quoi ça sert de débrousailler ces surfaces de prairies sêches ? Parce que c'est un peu chian au bout d'un moment. L'animateur: "A préserver ces habitats importants pour de nombreuses espèces."

Comme quoi, il existe mille manière de "comprendre" une chose à priori banale comme ce pâturage bovin ! Quand aux volontaires venus de ces quatre coins du Monde, ils ont même pu assister à la traite de vâches laitieres. Naturel, non ? 

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22 décembre 2011

Une souris et...Kayoung, Saena et Agnes: " C'est triste "

La conscience internationale, la compétence interculturelle, une meilleure compréhension de notre Monde. Quelques exemples de ce que peuvent apporter des expatriations, des rencontres internationales, des chantiers de bénévoles, internet, les lectures, les conférences etc. Mais une chose est plus puissante que les autres pour la tolérance entre les peuples: le partage de moments de vie avec des personnes d'autres lieux. Oh que cela n'est pas toujours valorisé en France, et que la direction actuelle tend plutôt vers davantage de communautarisme, à première vue. L'échange avec des coréens et coréennes, il est aisé en Europe, tant ceux-ci s'expatrient plus qu'auparavant. La naissance d'amitiés a eu lieu, amitiés éphémères physiquement, mais qui restent dans un coin de cerveau. Alors que j'avais commencé à écrire ce message il y a quelques mois, et que, faute de motivation, le brouillon était resté en l'état, voilà que le dictateur nord-coréen meurt, et que les vidéos des habitants endoctrinés, en pleurs, apparaissent au monde entier. C'est il y a quelques jours seulement que j'ai davantage mesuré l'acquisition de cette conscience internationale, quand, pensant à Kayoung, cette petite coréenne qui a partagé un chantier international en ma compagnie, une légère insomnie s'est déclarée suite aux images de Corée du Nord. Une bonne raison de finaliser cet article sur des échanges avec ces copains coréens.

Août 2010: soirée en refuge. Une bougie. Une flamme. Un au-revoir. Un adieu ? Kayoung et Saena terminent d'écrire leur perception du jour ou de la semaine. Comme beaucoup de coréens à l'étranger, elles tiennent à jour un journal personnel de leurs expériences et de leur vécu. L'écriture coréenne est fine, esthétique, et même élégante. Pourquoi ne pas l'apprendre un jour ?

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L'écriture du soir se termine doucement. Les deux volontaires ont passé du temps ensemble, et l'entente fut bonne. L'une partira peu de temps au Portugal, faire un nouveau chantier. L'autre finira sa formation dans l'hotellerie en France. Deux parcours très différents, mais qu'un élément rapproche: leur origine sud-coréenne. Le silence est d'or. Plus un bruit. Seul un léger mouvement de la flamme. Un an et demi plus tard, le souvenir est flou, un peu illusoire. Ces journeaux intimes, sans doute plein de belles anecdotes de vie, des remarques sur les lieux découverts. Kayoung a t'elle aimé la tartiflette savoyarde ? Je ne le saurai pas. Nous parlons plutôt d'un sujet nettement plus intéressant, mais aussi beaucoup plus sensible; La Corée du Nord. La séparation de la Corée en deux blocs. C'était en 1953. Une éternité quand on a 10 ans, récemment quand on en a 30, le jour de ses 10 ans quand on en a 70. 60 ans, la guerre froide et cet autre monde. La Corée du Nord sera communiste, la Corée du Sud rattachée à l'économie de marché. Et les coréens alors ? Certains perdront de vue des membres de leur famille, de l'autre côté. La folie des puissants de ce Monde. Je ne rentrerai pas dans le détail de l'histoire des Corées, trop inconnue et sans doute très bien expliquée sur la toile. Mais ce sujet, Kayoung le résume dans cette phrase: c'est triste.

Cette phrase je m'en souviens bien. Cette méconnaissance du sujet que j'avais aussi. La discussion qui s'en suivi, sur le budget d'armement des nord-coréens, les tentatives de fuite, les frontières ultrabarricadées, la folie du dictateur. Cette vision par deux habitantes locales du Sud, la plus profonde, la plus importante à écouter. C'est sans doute pour cela qu'il y a quelques jours, Kayoung était omniprésente dans mon esprit. Le temps d'une nuit, comme la forte envie de lui envoyer un mail, sans nouvelle d'elle depuis un an et demi. Juste avant, j'ai écrit à Agnes, coréenne en Service Volontaire Européen à la délégation Auvergne de l'association Concordia. Nos chemins s'étaient croisé une petite semaine en 2010, dans le cadre d'une formation d'animateurs. Une jolie asiatique pleine d'humour.

Agnes Kim

J'approche la conclusion de ce petit article sans prétention par le petit échange de mail avec Agnes.

Moi. " Hello Agnes. How r u ? I'm wondering how you are doing and a bit "sad" for my corean friends cause of what happens in North Korea. I mean, the videos we can see on youtube are really impressive. What is your opinion ? "

Agnes. " I'm doing great! How are you doing?  Well, I'm not in the Korea now but when I read the news it seems like many s.korean people is afraid cuz no body know what is gonna happen.. Our president is (it's really easy if you think he's like a president of France) very negative to N.Korea so. Anyway, I saw that video too.. It was really impressive. but it's kind of scary that everyone cried like their family died.. I know it's sad but I could feel there is a lot of propagonda... Hopefully, we gonna reunited in a peaceful way someday, but sadly, many s.korean people doesn't want it anymore.. sad. really.  Thanks to ask anyway. Peace!" Best wishes Emmanuel! "

Cette séparation entre les deux corées, non réunies après 60 ans, Agnes le vit comme Kayoug et sans doute beaucoup d'autres de leurs compatriotes. Et c'est ce sentiment de tristesse qui revient dans les échanges.

29 mars 2008

Irlande/Leinster - Dublin, il y a 23 ans

Parfois, il est utile de conserver de bons magazines. C'est ainsi qu'en ce week-end de Pâques, je suis allé jeté un oeuil à la collection de Géo de mes grands parents. Et c'est ainsi que j'ai trouvé un Géo consacré à l'Irlande, datant de juin 1985. Certains articles, notamment celui sur les îles d'Aran, sont superbes. Voila un article sur le Dublin des années 80, avant le boom économique donc, et de ses écrivains, écrit par Alain Hervé, grand journaliste français. Je le ponctue de nouvelles photos de la ville.

Flâneries. Drôles de drames à Dublin.

D'abord, vous entendrez dans le lointain une chanson: "Dans Dublin la belle ville, où les filles sont si jolies, j'ai rencontré Molly Malone. Elle vendait des poissons comme père et mère. Elle est morte d'une fièvre que nul n'a pu guérir et maintenant son fantôme pousse sa charrette..." Même si vous rencontrez ni Molly ni san fantôme à Dublin, la mélancolie sera toujours au rendez-vous avec la pluie. Ville aux murs noirs, usés par l'histoire, se reflétant dans les eaux noirs de jus de tourbe de la rivière Liffey. Six heures du soir dans Dame Street: des hommes et des femmes se sont abrités sous la marquise d'un ancien théâtre. Portrait de groupe avec manteaux humides, Heinrich Boll nous avait prévenus dans son "journal d'Irlande": "En Irlande, il pleut sur la pauvreté". Dix heures le lendemain matin: les bâtiments de Trinity College brillent au soleil neuf d'un ciel lavé à grande eau. Des centaines d'Américains en chapeau rose et en casquette verte attendent en une interminable file d'avoir accès à la bibliothèque. Venus du fin fond du Minnesota, ces O'Connell et ces O'Flaherty, ces Reagan et ces Kennedy, dont les pères sont partis, il y a longtemps, chercher et trouver fortune de l'autre côté de l'Atlantique, vont bientôt avoir accès, quelques secondes, aux fragiles souvenirs de leurs ancêtres. Les voilà. Le livre de Kells...le livre de Durrow. 

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Danseuses, spectacle Riverdance 
 
Il n'aurait que 103 ans: James Joyce est né en 1882 à Dublin. Ecrivain, Irlandais, Dublinois: triple pléonasme, sur cette île ou la littérature est plus réelle que la vie. Dans un pays arraché par ses écrivains à la stupeur qui suivit la sanglante colonisation anglaise, Joyce dit un jour: "si Dublin était détruite, on pourrait la reconstruire en lisant mon oeuvre, qu'il s'agisse de "gens de Dublin" ou d'"Ulysse". Ne vous laissez jamais raconter que ce sont des livres difficiles. La preuve, on peut visiter Dublin avec l'un ou l'autre à la main.
 
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Swift, lui, était anglais, mais vivait en Irlande, dont il embrassa la cause. Pour le rencontrer, allez à Saint Patrick, la cathédrale sans charme de Dublin, dont il fut le doyen, et où il fut enterré en 1745. Son épitaphe est toujours d'actualité: "Swift a fait voile vers son repos. Là, la sauvage indignation ne peut plus lacérer son coeur. Imitez-le si vous osez, voyageur désabusé. Il s'est battu pour la liberté." Bonne occasion pour relire "les voyages de Gulliver" ou la recette pour cuire les enfants d'Irlande et les empêcher d'être une charge pour leur pays. N'oubliez pas en sortant de la cathédrale de suivre le trottoir sur la gauche, jusqu'à la bibliothèque Marsh, la plus vieille bibliothèque publique d'Europe. La publicité touristique n'a pas tort: l'Irlande est un pays vert et charmant qui se visite avec un imperméable, mais, pour l'apprécier, il faut s'en remettre à l'humour féroce des irlandais. N'essayez pas de séparer l'Irlande des Irlandais. Il ne resterait rien. En vol vers Dublin, vous découvrirez dans la revue de la compagnie nationale ce slogan: "Les Irlandais sont à l'Irlande ce que le champagne est à la France".

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Le temps passe, et Dublin a bien changé en 25 ans…

2 mai 2010

France/Guyane - Retours au vieux port de Cayenne

Le vieux port, beau site pour l'observation des oiseaux limicoles des vasières et mangroves.

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Moucherolles pies en train de faire la maison (à gauche) et les bébés (à droite)

Chaque passage sur ce site m'offrit la possibilité de quelques observations de qualité. Voilà une aigrette neigeuse.

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Mais une sortie me fit vivre des émotions particulièrement forte. 9 octobre 2009. La saison sèche est là, et cette soirée, le soleil couchant nous offre un cadre d'observation absolument splendide. Des milliers d'oiseaux limicoles -oui, des milliers - passent autour de nous, observateurs avides de clichés et de moments intacts, remontant les vasières, longeant cette côte mobile pour le plus grand plaisir des yeux.

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Vol d'ibis rouges, observation géniale sur fond de soleil couchant

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Le soleil enveloppe la surface de l'eau de tout son éclat, et cette sortie hasardeuse illumine une année guyanaise remplie d'expériences très fortes. Mais voilà, mon contrat d'un an s'est terminé, et même si certains objectifs de ce projet n'ont pas aboutis, d'autres objectifs et une certaine réalité m'incitent à un retour en France métropolitaine, pour une durée indéterminée. Pas de boulot, plus d'appart, pas de moyen de déplacement, et toute la vie devant moi pour revenir un jour peut-être travailler dans ce département intéressant et accueillant. En ce 9 octobre, je laisse mes émotions vibrer à la vue de ce paysage naturel paradisiaque, et revisualise intérieurement nombre de moment vécues durant ce séjour qui restera gravé pour sa richesse tant sur les plans personnels que professionnels. En ce 9 octobre, j'ai la satisfaction d'avoir réussi de nombreuses choses mais la sensation que cette expérience guyanaise n'est qu'une première étape d'un projet professionnel et personnel plus conséquent qui me verra probablement reposer un pied ici. Car au bonheur d'avoir fait des rencontres si enrichissantes s'ajoute celui de mieux percevoir son histoire et son identité, en tant qu'individu mais aussi en tant que personne française parmi tous les citoyens du monde. En ce 9 octobre, le moment est gravé, les conclusions s'imposent et le retour en France métropolitaine se décide progressivement...

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Un coucher de soleil comme clôture d'un séjour faisant rayonner les envies

1 mai 2010

France/Guyane - Excursion dans l'Ouest

Le paradis existe, il suffit d'ouvrir les yeux. Cette affirmation est particulièrement vraie lorsqu'on dors en Hamac au gîte Angoulême, sur la route de l'ouest guyanais, et qu'au petit matin une multitude de chants d'oiseaux réveille l'homme de passage pleinement assoupi au milieu de la forêt.

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Coucher de soleil sur la forêt

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Lever du jour sur la forêt 

Cette forêt est toujours aussi envoutante et surprenante. Le gîte est un point de départ idéal pour une balade dans ses alentours, et c'est surveillé par le païpayo que nous nous y aventurons. un petit sentier, une rivière, des arbres majestueux, welcome to Amazony!

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Le gite est sur une clairière aux nombreux arbres et arbustes fruitiers. Quant aux serpents collectionnés dans l'alcool, ils proviennent des alentours...

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L'ouest, c'est aussi Saint-Laurent du Maroni et son marché aux multiples couleurs. Le marché le plus sympa que j'ai réalisé en Guyane, duquel on sent le Suriname. Il y a aussi ces petites cases sur le bord des routes, où des personnes, souvent bushinengés, vendent leur production de fruits et légumes. Puis, la route nous fait traverser Mana et nous fait arriver au bout de la Guyane, dans la commune amérindienne d'Awala-Yalimapo. Une petite commune aux habitations typiques, et un petit moment fort sympathique. L'ouest guyanais, c'est encore une autre saveur, qui se termine à Awala ou en remontant le Maroni, fleuve majeur de ce département et autre source de rencontres et de découvertes enrichissantes.

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Vente de fruits sur le bord de la route, ouest guyanais

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Une Souris et des Hommes
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