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Une Souris et des Hommes
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24 avril 2010

France/Guyane - De la forêt !

Le bassin amazonien s'étend sur 650 millions d'hectares de forêt primaire répartie entre 9 pays. Située au coeur de ce bassin, la forêt du plateau des Guyane revêt un intérêt écologique et biologique universellement reconnu. Comment le prendre en compte pour assurer le développement économique de la Guyane dans le cadre d'une coopération régionale Amapa-Guyane-Suriname-Guyana sans réduire les fonctions capitales de ces forêts tropicales? Cet article, dont certains éléments sont repris sur la description d'un projet financé par l'Agence Française de Développement (AFD) de Guyane, se veut une introduction sur le financement international de la protection/gestion/valorisation durable de l'environnement. Il est agrémenté par des photos d'une sortie en forêt, à la montagne des singes, vers Kourou. La montagne des singes: une belle promenade qui nous amène à un carbet avec une vue imprenable sur le littoral et l'intérieur de la Guyane...de la forêt, de la forêt, encore de la forêt ! 

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La forêt guyanaise, un morceau européen de l'Amazonie

L'Agence Française de Développement constitue l'organe français de distribution de l'Aide Publique au Développement, dans les Départements d'Outre-Mer et dans les pays dits "en voie de développement". Dans un monde de plus en plus globalisé, cette contribution financière, seule véritable politique publique à l'échelle internationale, peut avoir un rôle dans la protection de ces biens communs. Aussi, un apport financier du gouvernement français pour la gestion durable de la forêt du plateau des Guyanes prend tout sens. D'autres services de l'État prennent aussi en compte le financement de projets de développement local dont la prise en compte de critères environnementaux est importantes. On peut penser aux subventions de l'ADEME pour le financement de constructions publiques selon une architecture bioclimatique peu consommatrice d'énergie. Le financement du développement durable doit ainsi nécessairement prendre en compte ses trois composantes: la lutte contre la pauvreté, le développement sanitaire et social (santé, éducation), et la protection de l'environnement. Ainsi, l'aide publique au développement peut, par des actions ciblées et peu onéreuses, encourager des pays dits "en voie de développement", selon une expression critiquable, à réduire le rythme de la déforestation, aujourd'hui responsable de 20% des émissions mondiales de CO2. 

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Ce projet de gestion durable des forêts du plateau des Guyanes, mis en oeuvre par le WWF, qui concerne le Guyana, le Suriname, la Guyane et l'Amapa, comprend 6 composantes, dont la gestion des aires protégées, la réduction des impacts de l'orpaillage, la mise en place d'une gestion forestière durable, la gestion et la conservation des écosystèmes aquatiques, la gestion et conservation des espèces, et une composante de communication et d'éducation à l'environnement. Aussi, la préservation des ressources naturelles, la réduction des effets négatifs des activités économiques, la préservation des services environnementaux ainsi que des savoirs et techniques des habitants des pays et de la Guyane sont autant d'éléments qui contribuent au développement socio-économique de la région. En matière environnementale, le projet contribue à la préservation de la biodiversité encore intacte de la zone.

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Ce projet est un bel exemple de ce que ce petit livre accessible à tous traite: le financement du développement international. A l'heure du bilan de cette expérience professionnelle et personnelle, certaines réflexions sur ce que j'ai pu comprendre, notamment en travaillant avec deux ingénieurs civils guyanais qui m'auront fait aimé ce département, me semblent intéressantes à être échangées.

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"La constatation que la Chine est devenu le premier pays émetteur de CO2 au monde ne doit pas faire oublier la responsabilité historique des sociétés industrialisées dans la consommation de ressources naturelles finies et la dégradation de l'environnement mondial. Ainsi, les émissions de CO2 de la Chine ont beau avoir dépassé celles des Etats-Unis, ses émissions par habitant restent encore très inférieures à celles des sociétés développées: moins de 4 tonnes de CO2 contre 20 tonnes par Nord-Américain, 10 tonnes par Japonais ou Allemand". Une première conclusion très simple est à mettre en valeur: dans les sociétés "développées" du Nord, il existe des disparités réelles entre les productions de gaz à effet de serre et l'empreinte écologique moyenne des pays. Un danois, soumis à une flexsécurité du travail et allant à son travail en vélo se sent-il pour autant moins heureux qu'un américain sans assurance-santé de qualité et qui utiliserait régulièrement de l'eau pour laver sa voiture? L'irlandais de 2010, vivant dans un pays devenu un des plus riches d'Europe en 20 ans, est il réellement contrarié de ne pas avoir d'autoroute 4 voies reliant Dublin à Galway, mais au contraire des routes simples, plus proches des pays dits "en voie de développement"? Il existe autant de modèle de développement qu'il existe de pays et la qualité de vie voire la croissance dans un pays n'est pas directement lié au niveau de développement de ses infrastructures. 

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La naissance de la politique d'aide au développement est souvent datée par le plan Marshall, qui oeuvra à la reconstruction des pays d'Europe de l'Ouest après la seconde guerre mondiale. W.W Rostow, dans son livre intitulé Les étapes de la croissance - Un manifeste non communiste, exprimait les différentes étapes de développement d'un territoire, de la société traditionnelle à l'ère de consommation de masse.

>> Prochaine étape: développement durable, décroissance, crise majeure, guerre?

La prise en compte de la composante environnementale tant dans les modèles de développement territoriaux que dans la vie de chaque individu devientindispensable en Occident et dans les pays industrialisés. Bien plus qu'une tendance à la mode, elle passe tant par l'orientation des politiques publiques vers un financement de projets durables (consommations énergétiques, énergies renouvelables, mobilité douce, agrandissement des parcs naturels, réduction des consommations d'eau etc) que par une évolution des moeurs à l'échelle individuelle. Car comme l'idée de base de la micro-finance d'assurer le développement d'un territoire à partir du financement de l'entrepreneur individuel du PVD, c'est aussi l'évolution des comportements à l'échelle individuelle qui aura des conséquences sur le développement durable d'un territoire dans son ensemble, et cette évolution sera d'autant plus forte si elle a impact limité sur le portefeuille de chaque individu ! Dans une Europe où nombre de sourires sont partis avec le précédent métro, dans une Europe en recherche d'identité et de sens, nombre de démarches collectives et individuelles se mettent en place, à l'image de cette démarche de covoiturage intéressante d'un ami annécien ou à celle d'une amie de ne plus manger de viande le soir pour limiter les gaz à effets de serre, provenant de son intestin comme de ceux de la vache :).

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Comment faire pour que la planète supporte 8 milliards d'individu sans que de graves conflits, voire une guerre mondiale, apparaissent? Quand un débat sur l'identité nationale en France est lancé dans une visée électoraliste alors que si le niveau de l'océan monte vraiment, l'Europe devra se serrer les coudes pour accueillir bien plus de monde et le Monde se brasser de plus en plus, va t'on encore nous baratiner sur des discours nationalistes à visée électoraliste? Quand va t'on réellement apprendre aux métropolitains que d'autres concitoyens peuplent le Monde, ou encore que dans le passé, des ultramarins ont eu des postes très importants dans le gouvernement? Pourquoi ne pas parler de la malbouffe américaine, qui elle, a un réel effet sur la santé et la diminution des identités culturelles européennes? Bref, passons et revenons à des extraits de ce livre. "Les sociétés en développement occupent une place centrale dans la crise environnementale globale à un troisième titre: en tant que pourvoyeur de solutions. En effet, c'est en partie sur leurs territoires - qui abritent l'essentiel des "puits à carbone", des réserves de biodiversité et des sources inexploitées d'énergie propre à la planète - que se mènera demain la bataille écologique. Celle-ci est déjà engagée: des projets sont par exemple en cours pour favoriser l'exploitation durable des forêts tropicales grâce à des rythmes de coupes d'arbres compatibles avec la régénérescence des espèces végétables et la préservation de l'habitat des espèces animales. (...) Pour être victorieuse, cette vaste bataille pour l'avenir de la planète devra être menée via une collaboration active entre pays du Nord et du Sud. Car ces derniers hébergent, il ne faut pas l'oublier, l'essentiel du patrimoine environnemental menacé. La protection du patrimoine naturel qu'ils hébergent vaudra à certains pays en développement des ressources considérables sur longue période qui, intelligemment investies, pourront alimenter la croissance économique. Ce type de collaborations Nord/Sud est ce qui permettra aux voies de développement de s'émanciper des trajectoires de croissance non soutenables empruntées par les sociétés industrialisées". Ok, cet extrait peut être une source de débats légitimes et "violents", car l'Occident reste le principal pollueur, et les solutions doivent tout d'abord venir de changements importants en Amérique du Nord et en Europe. Mais développement et conservation de l'environnement ne sont pas incompatibles. Le Costa-Rica, pays développé d'Amérique latine, propose un modèle de développement particulièrement intéressant. L'ensemble de ses parcs nationaux et réserves environnementales représentent 26% de la surface de son territoire ! Voilà une synthèse de ce leadership mondial dans le développement durable, assurant la préservation de ses ressources naturelles et un écotourisme apportant des ressources financières indéniables. Un pays stable, démocratique, et dont la suppression constitutionnelle de l'armée en 1949 a permis l'apport de nouveaux financements pour la conservation de son environnement. Un modèle pour le futur ? 

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4 avril 2010

France/Guyane - L'orpaillage illégal, vu par la presse guyanaise

L'orpaillage illégal en Guyane est particulièrement médiatisé pour la double pollution qu'il génère: matières en suspension et mercure. Il n'est pas rare également d'entendre parler, dans certains documentaires, de l'insécurité liée aux attaques de mines légales par des garimperos. L'opération Harpie 2 a eu lieu en 2009. "La semaine guyanaise" a écrit de nombreux articles. Extraits choisis.

N°1332, 4-10 juillet 2009. "C'est une guerre des nerfs, une guerre d'usure que vit Saint-Elie. D'un côté, les gendarmes, constamment présents, à 9 ou 10, selon la relève. De l'autre les travailleurs clandestins de l'or qui - apparemment - ont déserté le bourg. Parmi ces étrangers en situation irrégulière, certains vivaient sur Saint-Elie depuis plus de 10 ans et pas exclusivement des Brésiliens. Avec ces dernières années, comme unique activité économique, l'orpaillage clandestin, ses commerces, ses emplois et son marché noir. "A leur arrivée mi-avril, les gendarmes ont d'abord mené une campagne d'information en prévenant les gens", raconte Rose Alexander, ancienne adjointe au maire, ex-agent de santé au dispensaire fermé depuis janvier 2006. Elle revient régulièrement dans la commune dont elle est originaire et possède une maison. J'ai vu trois phases de reconduite ces dernières semaines. Une fois les gendarmes en ont pris 20, une fois 12, une fois 17. En fait, ce sont les brésiliens qui viennent se livrer", indique-t-elle. Ce qu'un gendarme confirme: la plupart viennent d'eux mêmes car ils ont faim. On ne court pas après. Dans le bourg, une poignée de Brésiliens (à priori moins d'une vingtaine) restée sur place, connaît la chanson: "Segunda feira, seixta feira!": "lundi et vendredi" sont les deux jours de reconduites à partir de Saint-Elie. On les ramène en camion sur Petit Saut puis en pirogue", explique un gendarme. "Je suis venu me rendre", nous a indiqué, dimanche 28 juin, un Brésilien qui cueillait des oranges en attendant le lendemain. Selon les informations recueillies sur place, bon nombre d'illégaux se sont spontanément livrés pour repartir gratuitement au Brésil. (...)

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Lac artificiel de Petit Saut. Nombre de sites d'orpaillage sont en amont.

Echange entre Frédéric Farine, journaliste, et une femme garimpero. "En forêt, nous avons tous le palu, à tour de rôle. J'ai eu encore une crise, il y a huit jours. Il ne nous reste qu'une tablette d'Artecom au camp. A la prochaine crise de l'un d'entre nous, plus de tablette." explique t'elle un brin fataliste. J'interroge Latidinia sur cette propension des ressortissants brésiliens à choisir l'aventure en Guyane. "Il faut comprendre les difficultés des classes défavorisées au Brésil. Qu'est-ce qu'il est possible de faire au Brésil pour des hommes qui ne savent ni lire ni écrire? De la maçonnerie, des charpentes: des travaux très mal payés là-bas. C'est une amie d'Altamira, ma ville d'origine au Para, qui m'a parlé de la Guyane en 2004" raconte encore Latidinia. "Elle venait d'en être expulsée après y avoir passé 2 ou 3 ans. Elle y vendait des vêtements, de la nourriture pour les sites d'orpaillage. Cela a bien marché pour elle en Guyane".

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Lac de Petit Saut - Forêt noyée lors de la mise en eau du barrage

N° 1337 du 8 au 14 août 2009. Entretien entre ce même journaliste et un orpailleur du village clandestin de Zohia (région de Saul), secteur illustré sous le nom de "guérilla". "La plupart des gendarmes sont très bien entraînés, très bien éduqués. Mais pour une minorité d'entre eux, ce n'est pas le cas. Enfin, c'est sûr, ils ne sont pas violents, ils n'ont jamais tués personne sur un site" reprend Janilton qui explique travailler dans le secteur de Guérilla "depuis 2006". Pour lui, Guérilla n'existe plus. Alors qu'un an en arrière "en comptant l'ensemble des sites de ce secteur, on pouvait produire 12 à 15 kilos d'or en une journée! C'est fini maintenant. Et tout est cher ici.(...) Sur le problème de la violence entre garimperos sur Guérilla, Janilton dément: "il n'y a pas de violence, pas de meurtres à Guérilla, les villes de Guyane sont plus violentes que les sites d'orpaillage." Une affirmation contredite par l'instruction judiciaire en cours sur les crimes de Guérilla. "On a retrouvé 6 à 7 cadavres, dont certains abattus de balles dans le dos en 2007 et 2008" souligne une source judiciaire. Tout au plus, Janilton admet-il "des accidents, nombreux, dans les galeries qui s'effondrent". La galerie la plus profonde creusée à Guérilla ? "32 mètres", indique t'il.  On apprend sur place comment les faire, puis on creuse à la pelle et à la pioche...Au Brésil, j'étais "motoboy" je faisais des courses en scooter pour une boutique à Manaus avant de venir en Guyane. Mais je refuse que mes frères viennent, c'est trop dur" poursuit-il. Sur la question écologique, Janilton a une parade: "Si on nous laissait faire, à notre départ, il n'y aurait ni trace de notre passage, ni de notre corotel (village d'orpailleurs)."(...) Sa présence en Guyane ? Il l'explique par le manque de perspective chez lui: "Au Brésil, il y a des terres avec de l'or mais le gouvernement n'autorise pas les garimperos à l'exploiter. J'ai étudié mais je n'ai pas eu l'opportunité d'avoir un bon travail dans mon pays" regrette-t-il.

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Village sur le rivage brésilien de l'Oyapock. Un corotel ?

13 février 2010

France/Guyane - Les îles du Salut: enfer, Club Med et paradis tropical

Le courant des Guyanes transporte jusqu'à 20% de la charge sédimentaire de l'Amazone et entraîne la formation des bancs de vase qui donnent naissance à la couleur chocolat des eaux du littoral guyanais. Mais à quelques kilomètres de ces littoraux marrons surgissent trois petites îles déchargées de sédiments mais chargées d'histoire. Aujourd'hui sources de sorties dominicales, les îles du Salut furent aussi un lieu de rétention, de souffrance et de mort durant plusieurs décennies, en accueillant une partie des bagnards envoyées en Guyane. D'où la qualification d'Albert Londres à propos de ces îles: l'enfer dans le paradis. Toutefois, en 2009, les îles du Salut offre à l'habitant de Guyane une solution intéressante de dépaysement et de détente, tout en alliant promenade culturelle (visite guidée du bagne) et naturelle (balade possible sur deux îles sur trois). Après un transfert d'environ 1 heure par catamaran, durant lequel il est parfois possible d'observer dauphins et tortues, l'arrivée sur l'île royale se fait en douceur et laisse présager du dépaysement que peut procurer la plus grande des trois îles.

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Les îles sont propriétés et donc entretenues par le CNES, le Centre National d'Etudes Spatiales, depuis 1971. Les bâtiments du bagne de l'île royale ont été réhabilités en partie et permettent aux pensionnaires quotidiens de visiter ces lieux à l'histoire terrible. Guidés par un historien amateur passionné, c'est ainsi que nous débutons cette journée du 2 août 2009, après une première série de photos animalières et paysagères. Les deux splendides aras sont apprivoisés, tout comme l'était ce beau toucan échappé d'une cage et qui ne peut voler jusqu'au continent. Un réel plaisir que de le voir boire en compagnie d'iguanes, dans une marre à caïmans.

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La visite du bagne de Guyane offre une opportunité passionnante de mieux comprendre cette terrible sentence. En plus du guide passionné, c'est surtout la revue Géo n°93 de novembre 1986 qui explique bien cette période terrible, à travers l'histoire de l'un des bagnards, nommé Dubuz, relaté par un journaliste de l'époque. "En fait, l'histoire de Dubuz était banale. Fin de la première guerre mondiale. Un jeune libéré rentre dans son petit village de Normandie. Bientôt, il s'imagine dans les bras de sa femme, la couvrant de baisers. Mais un autre est là. A ce moment du récit, le vieil homme avait plié les doigts en forme de revolver: "j'ai tiré! L'homme est tombé tout de suite, mort, complètement mort." Vrai crime passionnel, ou, comme souvent chez les anciens bagnards, biographie inventée de toute pièce pour donner une cause plus noble à sa condamnation. Peu importe. Dubuz s'est retrouvé en Guyane, dans l'enfer du bagne, un cliché littéraire auquel je ne peux échapper qu'en ayant recours à l'argot coloré des forçats: Dubuz s'est vu condamné à la guillotine sèche, numéro parmi les numéros. Dubuz et son tricycle demeurent une photographie à jamais gravée dans mon cerveau. Lui et la poignée de "vieux blancs" qui s'éteignent l'un après l'autre dans les hôpitaux de Cayenne, aujourd'hui préfecture de la Guyane française, ou de Saint-Laurent-du-Maroni, sont les éclopées en loque d'une armées vaincue. Le savent-ils eux mêmes ? En venant en Guyane, ils arrivaient pour purger leur peine, se mettre en règle avec la société et, si possible, avec leur conscience. Mais ils étaient aussi les soldats d'une troupe qui avait reçu mission de transformer la Guyane en eldorado."..."Au total, entre 1852 et 1938, soixante-dix mille hommes furent convoyés en Guyane. Comme toutes les troupes en campagne, cette armée eut ses morts. Une véritable hécatombe: plus de la moitié des effectifs !" Ma tête et internet complètent cette brève synthèse: Alfred Dreyfus (1894), Guillaume Seznec (1923) furent les prisonniers les plus célèbres du bagne. Francis Lagrange, bagnard artiste, peint une série de toiles sur ce terrible monde. L'abolition du bagne de Guyane fut proclamée en 1938 mais réellement mise en oeuvre en 1947. 1947 ? Dans le contexte de la découverte de camps de concentration nazis, il devint délicat de tolérer l'existence de ce camp équatorial dont le taux de mortalité était du même ordre de grandeur.  

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Hôpital du bagne des îles du Salut

Un changement n'arrivant jamais seul, la fin du bagne en 1938 correspondît à la création des congés payés en France, et par effet domino, le développement du tourisme de masse. Après le départ des gardiens du bagne et de tout ce qu'il générait, violence, maladies et mort, le tourisme s'est petit à petit développé sur les îles du Salut ! Et d'autres gardiens ont été embauchés, pour s'occuper de ces venues dominicales ! D'où ce doux surnom donné aux postes de gendarmerie des îles du Salut, comparé à la réalité de la Guyane continentale et à celle du bagne: le club-med de la gendarmerie en Guyane !  

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C'est bel et bien dans un endroit paradisiaque que les hommes débarquent en 2009. Laissons le passé au passé, et promenons-nous un peu sur l'île royale, la plus grande et la plus fréquentée des trois îles. Une balade aux alentours de l'auberge débute par l'observation des agoutis, ces rongeurs comestibles, du toucan ainsi que de l'île du diable, sur laquelle à séjourné Dreyfus.

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Vue de l'île du Diable depuis l'île royale

Puis, après ce petit tour autour de l'auberge, c'est le tour de l'île que nous faisons maintenant. un tour par des petits chemins de terre bordés de cocotiers, à côté d'une eau bleu-verte à 29°C. Des sentiers très photogéniques, une petite baignade agréable, et un bel après-midi au fil de l'eau.

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Cette promenade est très sympa. Le microclimat, légèrement plus sec, devient plus agréable que sur le continent, pourtant à quelques kilomètres. La possibilité de plonger dans cette eau chaude est verte offre est aussi un petit plaisir. Mais voilà, pour avoir pris un aller-retour sur une journée, il nous est impossible de rester plus longtemps, et notamment de visiter l'île Saint-Joseph, sur laquelle les vestiges du bagne n'ont pas été réhabilités. Aussi, c'est en redescendant tranquillement vers le port que je tombe nez-à-nez avec une bande de sapajous. Habitués à l'homme, ils sont preneurs de toute friandise que le promeneur peut laisser. Ces îles sont une étape incontournable de la Guyane touristique. Plus accessibles sur le plan financier que d'autres sites naturels du département, elles assurent un dépaysement garanti à toute personne, de Guyane ou d'ailleurs. A visiter, sans oublier le hamac, bien sur !

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Sapajous, une des espèces de singe présente sur l'île

2 janvier 2010

France/Guyane - Ecologie: les salines de Montjoly

Les salines de Montjoly: une diversité d'écosystèmes connectés sur une faible distance, pour le plus grand plaisir des promeneurs, naturalistes et autres écologues! Située à 10 km du centre-ville de la préfecture, cette zone de promenade habituelle des habitants de l'île de Cayenne permet en effet de découvrir plusieurs milieux protégés. Cette zone n'a jamais été aménagée pour l'exploitation de sel, malgré son nom, et est préservée notamment grâce aux actions du Conservatoire du littoral. Zone humide remarquable, elle peut être découpée transversalement selon le schéma suivant (provenant d'un mémoire étudiant):

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Alors c'est parti pour une balade accompagnée de commentaires issus notamment du site web consacré aux salines...C'est tout d'abord en longeant le sentier situé en bout du cordon dunaire, constitué d'une végétation typique, que la balade commence...végétation typique des milieux sableux, notamment ces fameuses ipomées très présentes sur les plages de Cayenne, et qui jouent un rôle important dans la stabilisation du cordon, à la fois sur les plans géotechnique et éolien.

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Ipomées. Les racines, qu'on aperçoit grâce à la tortue qui a creusé le trou, stabilisent l'ensemble du cordon dunaire, peu ou pas attaqué par l'érosion des vagues.

Le sentier, situé en plein cordon sableux, offre la possibilité d'observer une faune et une flore intéressante. Ipomées donc, mais aussi divers types de palmiers. La faune est également particulière, tant l'avifaune (anis, tyrans) que l'on peut observée à  gauche, ou cette tortue olivâtre à droite.

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Faune et flore du cordon dunaire ne seront pas identiques à celles de la mangrove ou des marais

Le sentier continue et nous amène progressivement au marais d'eau douce situé plus à l'intérieur des terres. Au moment de la balade, en début de saison sèche, le marais prédominant est un marais à Eleocharis mutata (lagune). Il est possible d'y voir une flore composée de nénuphars, de jacinthes d'eau ou encore de lentilles d'eau. La faune y est également différente, avec de nombreux limicoles (aigrettes par exemple) et des passereaux. Le deuxième  type de marais rencontré est tourbeux à végétation herbacée.

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Le chemin se poursuit et nous amène maintenant sur une voie aménagée en plein cœur d'une mangrove. La seule voie aménagée au cœur d'une mangrove en Guyane. Cet écosystème abrite plusieurs espèces de palétuviers, et a la particularité d'être soumis aux flux de marées. Aussi, elle présente un substrat gorgé d'eau, instable, salée et pauvre en oxygène.

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Cet écosystème est étroitement lié aux bancs de vase. Forêt mobile couvrant la majorité du littoral guyanais, elle disparait en même temps que les mouvements du substrats vaseux, pour se former plus loin, à partir de la dissémination des graines de palétuviers par flottaison.

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Un moment saisissant, qui nous amène à l'exutoire ouvert, liant les eaux des salines aux eaux océaniques, et ainsi à la fin du sentier. Le retour par la plage peut être, en ce mois d'août, l'occasion d'observer des émergences. Cette balade est très intéressante. Facile d'accès, très tranquille, elle offre une belle solution de promenade du dimanche pour petits et grands. Elle permet également d'observer différents milieux liés en termes écologiques et hydrauliques, comme le montre les schémas ci-dessous. A ne pas manquer.

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Fonctionnement hydraulique (saison des pluies)

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Fonctionnement hydraulique (saison sèche)

20 décembre 2009

France/Guyane - Une journée à Montsinéry-Tonnégrande

Montsinery: petite commune rurale à proximité de Cayenne et en pleine expansion. Une commune composée également du bourg de Tonnégrande, mais ce n'est pas là, que je passais une belle journée, la première de mes vacances estivales d'août 09 en compagnie de mes parents, fraîchement débarqués de France métropolitaine pour découvrir la Guyane. En plus, Marion, une amie de longue date, elle-aussi en vacances à Kourou, et voilà 5 hauts-savoyards en force pour découvrir le bourg, sa crique et son zoo. Un bourg assez typique des autres bourgs ruraux de Guyane, et agréable à visiter. Mais comment mieux commencer cette journée que par une baignade à la crique patate, belle, naturelle et très prisée le week-end, paraît-il. Un petit arrêt pour apprécier la verdure d'une culture fourragère devant une végétation luxuriante splendide, et nous y sommes!

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Comment mieux débuter des vacances en Guyane qu'en mangeant en terrasse au bord du fleuve traversant le bourg. Un vieux rhum pour déguster des plats de recettes locales, alors qu'un pêcheur semble vérifier ses prises au filet.

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Découvrir le zoo de Guyane, une possibilité unique d'apercevoir dans une même journée nombre d'espèces fameuses d'Amazonie, et toutes les légendes qui en découlent. L'occasion de faire une petite balade dans une canopée de petite taille, de voir différentes espèces de mammifères arboricoles, de plantes, d'oiseaux...et de découvrir quelques animaux parmi les plus grands prédateurs d'Amérique du Sud. Hé oui, en effet il n'est pas si habituel de découvrir de beaux serpents, caïmans et autres félins dans la nature, mais quelques anecdotes, entendues de mes propres oreilles, valent le détour.

Le Jaguar. Plus grand félin d'Amérique, il est un des autres animaux sur lequel travaille l'association kwata. Se rappeler qu'il s'agit d'un des prédateurs de la tortue luth, à même les plages, laisse l'interlocuteur l'imaginer au bout de son jardin, à l'orée de la forêt. Et ce n'est pas faux. Combien d'anecdotes ai-je entendu à propos de rencontres entre l'homme et le jaguar? Parmi les plus étonnantes, les plus inquiétantes devrait-on dire, que penser de cette histoire d'école, ou l'ensemble des gamins sortant de leur classe, dans une école du fleuve Maroni, se retrouvèrent dans la cour en compagnie d'un jaguar? ou comment ne pas vivre l'émotion d'une personne se retrouvant face à lui. L'homme et le jaguar...Mon pote de kwata n'en a pas peur, même s'il le dit: entre nous, c'est lui le maître. En ayant  "bénévolé" avec des tortues, moi je me disais plutôt: entre nous, c'est moi le maître. Hé hé ! Ceci dit, la palme de l'anecdote reviendra à cet autre salarié, qui, courant novembre 09, lors d'une sortie "jaguar" justement (pose d'appareils photos selon un échantillonnage précis en forêt) tomba nez à nez avec un spécimen l'observant à quelques mètres alors qu'il était accroupi, le pantalon baissé... Ce jour là, il a dû, pendant quelques secondes certainement très longues, se rappeler du sketch de Bigard, "les grands moments de solitude"! Plus sérieusement, certains connaisseurs, dont mon pote technicien de kwata, affirment que ce félin n'est pas réellement à craindre. Plus curieux qu'autre chose, il est fréquent qu'il ait été pris par les appareils photos de kwata seulement quelques minutes après que ceux ci aient été installés...regarde bien derrière toi, car le jaguar, lui, sait où tu es !

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L'anaconda. Autre grand prédateur sud-américain, le plus grand serpent du monde peut en effet être très grand, comme le montre cette photo trouvée sur la toile (ici).

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Aucun spécimen observé en un an de Guyane, mais ce n'est pourtant pas si rare que cela...pour le voir, il faut savoir vivre près des criques! Aussi, lorsque vous sentez une odeur de poisson à proximité d'une rivière, pensez "anaconda à proximité" et non pas "acoupa sauce maracudja"! Hé oui, il dégagerait une odeur typique. Bon à savoir donc ! Dans le village amérindien de Trois-Sauts, reculée en pleine forêt et ou j'ai eu l'inestimable chance d'aller dans le cadre de mon année de volontaire civil, il est assez fréquent de voir ces serpents sources de légendes. Mais, pour relativiser les "on dit" ou plutôt les "on suppose après avoir vu un énième film épouvante à la con", il n'y a pas eu d'attaques de l'espèce sur les habitants du village depuis des années, alors que l'ensemble des personnes s'approchent des eaux du fleuve probablement quotidiennement. De quoi relativiser le danger. Le spécimen du zoo était quand à lui bien réveillé...même pas peur ! 

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Deux grands prédateurs d'Amazonie, rencontrés au fil de la balade parmi de nombreuses espèces de la faune de cette région à grande biodiversité: tortues, serpents et autres reptiles, mammifères (tapir, tamanoir, coatis roux etc), singes (atèles, tamarins, capucins etc).

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Podocnémide géante, plus grande tortue du sous-continent sud-américain

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  Coatis roux, cousins sud-américains du raton laveur

Et puis bien sur, de nombreux oiseaux, allant des perroquets aux grands aigles amazoniens. Parmi ceux-ci, citons tout particulièrement le Harpie féroce, énorme aigle de la forêt amazonienne et oiseau emblématique de la Guyane, au même titre que l'ibis rouge ou les toucans. Emblématique, mais difficile à observer dans la nature. Ce rapace, l'un des plus puissants, splendide, est capable de dévorer des proies de tailles acceptable: aras, iguanes, agoutis...et même paresseux. Pour le naturaliste, un appeau possible du paresseux peut justement être le cri de cet aigle.

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Harpie féroce, un des plus puissants aigles du monde

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Caïque Maïpourri, petit perroquet amazonien

Cette petite commune rurale du bassin de Cayenne offre ainsi un certain nombre d'opportunités au visiteur d'un jour: baignade en crique ou fleuve, balades dans le bourg, en savane ou en forêt, gastronomie de qualité et zoo. Une étape à ne pas manquer, pour tout habitant et tout vacancier de passage.

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22 octobre 2009

France/Guyane - Bénévolat "Tortues": synthèse d'une belle expérience !

Apprendre à protéger l’environnement assis sur une chaise d’école dans le pays le plus compétitif du monde est une chose, agir concrètement pour la protection de la nature dans un DOM à forte biodiversité mais où ¼ de la population vit avec moins de 500 euros par mois est également une source de réflexion intéressante. Aussi, je tenais lors de ce séjour à me faire une expérience de terrain et à visée naturaliste, et c'est dans ce but que je rejoignais l’association Kwata, qui s’occupe notamment d’un programme de conservation des tortues marines de Guyane. Une activité bénévole ponctuelle mais régulière, les samedi et/ou dimanche matin entre avril et août. Profiter des kilomètres de plages de Cayenne à allure vive tout en faisant une action à priori utile, apprendre à connaître l’écologie de ces espèces en voie d’extinction et absentes des plages de l' Europe continentale, créer un réseau de contacts dans le milieu associatif de Guyane, et essayer de voir cette problématique dans le contexte sud-américain: voilà quels étaient les buts de cette expérience atypique et enrichissante.   

 

Découvrir les plages de Cayenne et Montjoly

8 km de plages à contrôler tous les matins par le salarié de l’association, et les bénévoles. L’objectif: compter le nombre de sites de ponte de la nuit. Le comptage des sites et donc des tortues venues pondre sur une nuit et à terme une saison permet de voir les évolutions au fil des ans, et n’est bien sur qu’une des composantes du programme de conservation. Ces plages de l’île de Cayenne: naturelles, préservées, authentiques: s’y promener tôt le matin est un de ces petits bonheur que la vie guyanaise peut offrir. Bien sur, ce ne sont pas les plages touristiques des antilles, mais cette préservation et cette authenticité les rendent plus qu’agréables. 

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Le dernier week-end de juin: exceptionnel !

Exceptionnel car riche en évènements insolites. Le vendredi soir, dédié à une soirée d’animation des plages auprès du grand public. Après une discussion à la tonalité élevée avec un ami sur le rôle et l’utilité de ces association naturalistes, je découvrais les joies d’une première expérience dans l’animation des sites de pontes en binôme. Objectif: expliquer aux promeneurs les différentes étapes de la ponte, et plus généralement l’écologie des tortues marines et les mesures prises pour les conserver. Soirée enrichissante, qui me permit de discuter avec de nombreuses personnes, la majorité très à l’écoute et désireuses d’en savoir plus, qu’elles soient métropolitaines, guyanaises ou antillaises, de passage ou installées ici. Des animations ainsi utiles, à condition de ne pas faire la police et de prévenir avec le sourire. Soirée animation, mais ce n’est pas tout. Découverte du marquage des tortues olivâtres, programme financé par l’Europe et le WWF notamment et qui a pour but de développer les connaissances sur l'écologie des olivâtres, la plus petite des 7 espèces de tortues marines dans le monde. Le marquage d’une tortue olivâtre, une petite maîtrise à développer, mais réservé aux salariés. Pour ou contre? Mon seul avis est que cette espèce est également très menacée, que la Guyane possède des moyens et est un lieu de ponte primordiale pour cette population en Amérique du Sud: alors pour! Une facette du programme de conservation probablement utile à la vue des analyses qui ressortent déjà des données produites. Animation, assistance au marquage, et découverte en quelques minutes des trois espèces de tortues guyanaises (luth, olivâtre et verte) en train de pondre à quelques mètres d'intervalle. Beau moment nature, sans aucun doute.

Samedi matin: comptage des sites de pontes de la nuit, différenciation entre les espèces, évaluation des traces, comptages des demi-tours, parfois de nids ou individus attaqués par des chiens errants (photos 1 et 2) ou braconnés (photo 3). Deux menaces anthropiques, parmi de nombreuses autres: attaque des nouveaux-nés par les ratons crabiers, par les urubus (photo  4),  la buse buson (photo 5, notez la tortue dans la serre de gauche), puis, dans l’eau, par les dauphins (photo 6), poissons et autres dents de la mer. Le nid en lui même est parfois érodé par les vagues ou déterré par d’autres tortues en train de pondre.

 

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Nid en voie de destruction par l'érosion des plages

 

Mais en plus d’une matinée ordinaire, le téléphone sonne et nous voilà embarqués dans le sauvetage d’une tortue luth adulte. Hé oui, encore une menace que sont les enrochements des plages. Cette tortue, de belle taille, s’est retrouvé en dessus de l’enrochement et est allé droit vers la mer après la ponte. Résultat: coincée sur une roche et éraflée par le frottement contre les pierres.

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La solution : lui passer une corde sous les nageoires et tirer pour faire pivoter ses 400 kg et la remettre dans la bonne direction.  Une petite synthèse de cet étonnant sauvetage est écrite ici et se résume dans les photos ci-jointes.

 

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Tortue sauvée, et tout le monde en était content...ma petite synthèse à moi se trouve dans la photo ci-dessous, que je dédicace à certains potes qui se reconnaîtront!

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La matinée continue, et me voilà cette fois nez-à-nez avec la vie dans toute son évolution: de l’œuf à l’adulte en passant par les bébés émergents. La tortue, en pondant, a en effet déterrée des bébés et des oeufs !

 

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La vie extramarine: quand l'une dort, l'autre pleure !

Quelle difficulté pour ces reptiles marins de trainer leur poids sur le sable et d'affronter un moment de risque très important. L'effort physique est important, notamment pour les tortues Luth, qui doivent trainer 400 kg. Cette tortue, grande nageuse capable de traverser l'atlantique ou de remonter jusqu'aux côtes du Canada depuis ici, a la particularité de souffler fortement et "pleurer" lors de ses pontes. Il s'agit en fait d'un mucus produit par des glandes occulaires et qui lui permet de les lubrifier et surtout d'éliminer l'excédent de sel de son corps qu'elle accumule dans l'eau. L'une pleure...et l'autre dort ! La tortue olivâtre, qui avec son poids d'environ 36 kg et sa petite taille, est bien plus rapide sur le sable, a la particularité de parfois s'endormir pendant la ponte !

 

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Tortue olivâtre endormie sur son trou...vous, ça vous est déja arrivé ? :)

 

Cette tortue, peureuse, possède un comportement grégaire. Parmi les différentes stratégies de ponte connues chez les tortues marines, celle-ci est la plus impressionnante. Dans les régions du monde où elles sont très présentes, leur comportement grégaire se traduit par la sortie simultanée de plusieurs dizaines à milliers de femelles la même nuit, sur le même site. Ce phénomène, appelé arribada, peut être observé notamment sur les côtes du pacifique d'Amérique Centrale. En Guyane, le nombre de tortues est bien plus faible, mais des petits pics de ponte existent.

 

 

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Les émergences: en route pour l'aventure !

L’émergence. Naissance d’une vie qui sera souvent très courte. 1 tortue luth sur 1000 arrivera à l'âge adulte, et en tenant compte des facteurs anthropiques, ce chiffre n'est plus estimé qu'à 1/5000. L'émergence. un beau moment que de voir ces toutes petites tortues avancer à pas de géants vers un océan de danger...trouver l'océan peut déja s'avérer compliqué, ne serait-ce qu'à cause de la pollution lumineuse. C'est sans doute pour cela que ces trois petites Luth sont allées dans la rivière longeant la plage que j'oscultais.

  

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Tortue Luth devant un océan de danger...

 

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Traces de vie sur un désert minéral

 

Réflexions sur la protection des tortues marines en Guyane

Les sorties régulières des matinées de week-end à compter les sites de pontes m'ont permis de rencontrer de nombreuses personnes et d'échanger sur la problématique de conservation des tortues marines en Guyane. Hé oui, car parfois le débat est animé, entre des personnes voyant les naturalistes comme des mains de Dieu ou les personnes, qui, trop alcoolisées, vont jusqu’à monter sur les tortues en train de pondre. Tout le monde n'est pas d'accord sur l'utilité de la protection de ces espèces, dans un DOM ou 90% du territoire est de la forêt primaire domaniale et où le chômage bât son plein. Cependant, j’ai aussi rencontré des personnes des Antilles, de Guyane, du Guyana, du Brésil, totalement pour les mesures de protection et de conservation, et ces personnes là étaient au final nettement majoritaires. Les discussions que j’ai pu avoir étaient intéressantes et vraiment constructives, la plupart du temps. La valeur intrinsèque de ces espèces préhistoriques est évidente, mais il serait erronée d’oublier le rôle culturel, économique et touristique qu’ont joué et que jouent les tortues marines pour la Guyane. Véritable symbole nature de ce département, les voir arriver en nombre de plus en plus élevé sur les plages de Cayenne ne peut pas faire de mal au tourisme, et à la préservation de ces littoraux dont les eaux marrons ne permettront pas d'attirer le tourisme balnéaire en masse. Aussi, je pense que la conservation de ces trois espèces en danger d’extinction est un programme d’utilité réelle pour la Guyane, et certainement pas le contraire. Le braconnage? Un pêcheur guyanien que je connais, braconne parfois une à deux tortues qu'il trouve dans ses filets. Clandestin plus où moins partout ou il est passé, il pense à se protéger avant de protéger la nature. Se protéger, en mangeant une ou deux tortues. En protégeant les espèces naturelles, « ils » nous vendent leur poulet » dit il. D'accord, mais le projet TAMAR au Brésil montre que des solutions alternatives à la pêche artisanale de tortues sont possibles. Ce projet mérite une attention particulière par son envergure et ses résultats. Un exemple de développement basé sur la conservation de la biodiversité. Débuté en 1980 par deux océanographes brésiliens, alors que leur pays était le seul pays du continent américain à ne rien faire pour la conservation de la faune marine, il a permis, semble t'il,  d'améliorer le niveau de vie de nombreuses familles de pêcheurs, par la mise en place de 22 stations de suivi des tortues marines sur une distance de 1000 km de côtes brésiliennes, au sein de 8 Etats. 90% des personnes travaillant aujourd'hui au sein des stations sont des membres originaires de ces villages qui, 30 ans plus tôt, vivaient notamment de la pêche des tortues. En 20 ans, de nombreuses connaissances scientifiques sur ces espèces ont été produites, et c'est près de 8 millions de tortues juvéniles qui auraient été remises à l'eau. Alors, une réussite totale ? Seules les personnes complètement concernées par les retombées économiques de ce projet peuvent vraiment le dire.

 

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Jeune tortue luth sur une plage de Montjoly

 

Dans l’ouest guyanais, un aspect culturel fort vient en plus s’immiscer dans la problématique de conservation des tortues de Guyane à travers l’histoire mêlée entre Awala-Yalimapo et les tortues. Dans cette commune amérindienne, les oeufs étaient auparavant traditionnellement consommés, la chair de tortues utilisée pour la pêche, et les tortues vivantes étaient vendues à l’administration pénitentiaire. Avec la fin du bagne et l’apparition des filets, les personnes amérindiennes arrêtèrent en 1955 de chasser les tortues, mais la consommation des oeufs était alors très fréquente. Puis sont arrivés les scientifiques dans les années 1970. La suite, je le copie-colle de ce bouquin du WWF « la tortue luth » qui cite Daniel William, chef coutumier d’Awala-Yalimapo. « Quand je me souviens de ces premiers efforts, je me dis que personne ne pensait à l’époque que cela allait devenir contraignant pour la communauté. On se disait qu’après quelques années, tout ce suivi allait s’arrêter. Mais autour de ce travail, il y a eu des articles, des publicités, et les touristes sont arrivés. Quand il y a eu l’éclosion de l’écloserie, les gens sont alors venus très nombreux. En parallèle, les équipes se sont renforcées avec des étudiants et des volontaires, et nombreux sont ceux qui ont trouvé du travail en Guyane grâce à cela. Aujourd’hui, les choses ont profondément changé autour de la question des tortues marines. L’administration a interdit des activités qui étaient libres auparavant. On voit maintenant des gens armés sur les plages, on envoie des jeunes qui prélèvent des oeufs au tribunal et notre loi coutumière est contredite par des lois plus récentes. Il existe aussi des retombées positives autour des tortues marines, mais elles sont insuffisantes. Les bénéficiaires sont souvent hors de la communauté, et que laissent les touristes après leur passage ? Il est dommage que les associations locales à Awala-Yalimapo ne se lancent pas dans l’accueil des visiteurs, alors que de nombreux jeunes sont sans emploi. J’espère qu’à l’avenir, les jeunes ne resteront pas oisifs, je souhaite qu’ils s’impliquent. Il faut que les acteurs de la zone appuie ces initiatives, et les orientent. Il y a trop de projets qui ne visent que le court terme. Dans ce domaine, il reste beaucoup de choses à faire.»

 

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Retour à la liberté... 

4 août 2009

France/Guyane - Hamsterminé en Amazonie !

Drôle de titre à connotation amicale et émotionnelle...mais en cette soirée étonnante  du 10 juillet 2009, bercée par la musique de la femme de ma vie musicale, Lila Downs, je décidai de  faire un petit break dans cette pause réelle à mon monde virtuel. Un peu de relecture, le temps qui file: l'article n'est publié qu' aujourd'hui mais a bien été écrit majoritairement à l'époque, en cette soirée dramatique.

10/07/09. Ce soir, je viens vous parler d'une histoire de rat mort. Actuellement, je sous-loue une maison pour l'été, et dois surtout nourrir les quelques  animaux du propriétaire: 4 cages avec des hamsters et souris, une tortue et trois chiens dont le seul but sur cette planète est d'aboyer en cas de présence. Quatre cages à surveiller...mettre de l'eau, regarder ces rongeurs se balader dans tous les sens, avoir les yeux pétillants de plaisir de vivre, car pour vivre heureux, vivons cagés. La vie d'un hamster est elle si simple dans la nature ? En cage, une vie paisible et sans problèmes. Et pourtant.

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Photo: la cage d'un hamster. Sans hamster.

Une des quatre cages  semble vide. J'ouvre la grille, je soulève les caches possibles, je soulève la paille:  ma main le frôle, je bondis légèrement en arrière. Et pourtant, j'aurais dû m'en douter. Le propriétaire m'avait prévenu: "il" viendrait peut être. "il" est là.

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Photo: "Il" est bien là.

Quelle utilité de titrer chaque photo ?? C'est simple ! Le titre exprime l'état émotionnel et cognitif par lequel je suis passé ! Alors à vos émotions. Seb Caillot, prépare les anxiolytiques.

L'enquête est donc très vite élucidé. Il est venu, et le hamster est mort. Le hamster est mort, vive le hamster! Il me permettra de dire à mes petits enfants, un jour peut être, qu'en ce 10 juillet 2009, je me suis retrouvé nez à nez avec un BOA ARC-EN-CIEL dans la cage du hamster que je devais nourrir. Un petit boa, cousin de celui qui deviendra l'un des plus grands serpents du monde, le constrictor, qui est venu se nourrir et nourrir en moi bons nombres d'émotions: sursaut de peur lorsqu'en soulevant la paille je suis tombé nez à nez avec lui, joie de voir celui qui était connu du propriétaire, joie de faire des photos marrantes, peur de son agilité, excitation à l'idée de le photographier en macro, bref, tout ça à la fois et dans le désordre.

Un boa arc-en-ciel est donc venu bouffer 1 hamster dans sa cage sur la terrasse de  ma maison.  Caillot, avale les anxiolytiques, voilà les photos.

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Photo 4 - Je l'avais dit: "IL" ÉTAIT LA

Je prends un objet de taille suffisante pour ne pas trop approcher mes mains, et enlève la paille autour de lui. A ce moment là, je ne sais pas du tout quel peut être la réaction de cette espèce, que je ne connais que par le nom. Vif ? Agressif ? Je sais seulement que c'est très probablement un boa, car j'avais discuté de ce petit délinquant récidiviste avec le propriétaire. Qui dit boa dit non venimeux, mais y a t'il des exceptions ?  La paille se dérobe, l'animal se dévoile à moi...il est tout petit pour un boa mais fait déjà une belle taille, a une joli petite bouille mais me fous quand-même sacrément la frousse.

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Photo 5 - Proverbe guyanais: "Un boa, c'est un peu comme une femme étouffante, on s'en débarrasse pas facilement."

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Photo 6 - Jusqu'où est ce que j'ose approcher mon appareil ?

Karine, il est pas trop chian ton mari en ce moment même ?

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Photo 7 - Repas du soir ? Boa sauce chien hamster avec patates et rhum

Après quelques minutes de photos sous haute surveillance, je me décide à renverser la cage pour photographier l'animal depuis d'autres points de vue.

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Photo 8 - Petit boa deviendra grand (1.20 mètres pour certains spécimens)

Seb, fous pas le feu à ta maison, le serpent, il n'est pas chez toi ! Touche pas à la colle, il n'est pas chez toi ce boa!!! Karine, fais lui une piqure de calmant. Résumé:

Étape 1: Cayenne, Guyane, juillet 2009: un hamster mange des graines, paisible

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Étape 2: Cayenne, Guyane, juillet 2009: une chaussette sale provoque le boa qui a avalé le hamster

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Étape 3: Bonneville, Haute-Savoie (à 8000 km), août 2009: un incendie d'origine humaine détruit une partie de la ville, sans faire de blessés: tous les habitants sont dans le sud.

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Cet effet papillon boa, je le dédicace à mon pote Seb Caillot, avec qui j'ai eu une bonne discussion à propos de sa frousse des serpents en compagnie de quelques autres potes, juste avant mon départ en Guyane !

19 avril 2009

France/Guyane - La conservation des tortues marines: luthons !

Ou comment allier plage et travail bénévole ponctuel. Hé oui, derrière cette liaison dangereuse se trouve une réelle possibilité d'actions utiles pour la protection d'une faune rare et menacée: les tortues marines. En effet, peut-être sais-tu, lecteur ou lectrice, que les plages de Guyane sont des sites de pontes de trois espèces de tortues marines: la tortue verte, la tortue olivâtre et la reine de tortues marines, la tortue luth.   

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Mon adhésion au GEPOG, association d'ornithologue, m'a en effet permis de prendre connaissance, par le biais des lettres d'informations, de l'association Kwata, une autre assoc' travaillant particulièrement sur la connaissance et la conservation des tortues marines de Guyane. Revenons sur ce week-end de découvertes étonnantes.

Samedi 18 avril 2009 après-midi - Balade sur la plage de Rémire-Montjoly

Les plages de Rémire-Montjoly, commune plutôt huppée de l'île de Cayenne. Des plages peu fréquentées et ainsi restées à l'état sauvage donc naturel, modelées par la force des vagues au fil des mois. Des plages ainsi préservées, une eau agitée, charriant les sédiments de l'Amazone et ainsi considérées comme désagréables et peu attrayantes pour le tourisme de masse.

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Une petite balade s'impose en cet bel après-midi et me permet de découvrir de nombreux œufs de tortues éclos dans les années précédentes...Ils ont été ressorties par l' arrivée des tortues de cette année, qui en préparant leur site de ponte creusent parfois pour enfouir leurs oeufs à 60-80 cm (tortues luth). J'avais cru dans un premier temps que des éclosions avaient déjà eu lieues, ou au contraire que les chiens errants étaient responsables de ces pertes. Sales bêtes.   

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Les aigrettes sont au rendez-vous, alors que des prises de vue originales sont possibles.

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Le retour à la voiture se fit tout de même en découvrant 3 serpents à quelques mètres d'intervalle, au milieu des flaques sous la végétation ci-dessus. 3, rien que ça !   les ados brésiliens qui suivaient n'ont pas semblé le craindre...

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Dimanche 19 avril matin - Formation au comptage des sites de pontes des tortues marines               

Dimanche 19 avril, 7h30. Le soleil est doux, le vent agréable, je suis sur la plage et vais apprendre à reconnaître et compter correctement les sites de pontes des trois espèces de tortues marines de Guyane. Un réel engouement. Je tenais à faire un brin de bénévolat avec une association locale, et ce sera donc avec Kwata. Dans un des lieux à la diversité biologique la plus riche de la planète, il serait dommage de passer à coté de ce genre d'occasions,et mettre en pratique quelques enseignements théoriques sur l'écologie! Je rencontre Eddy, un salarié de l'association qui a lâché son travail pour se lancer dans les programmes de conservation de Kwata à temps plein.

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Ponte d'une tortue verte, ponte d'une tortue luth. Deux styles différents, et donc reconnaissables. Après quelques généralités, on apprend à reconnaître les sites, et c'est parti pour un "scan" de l'ensemble de la plage. Sous la pluie, comme sous le beau-temps.

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Site de ponte d'une tortue luth - Notez les traces encore fraîches de sortie et retour  à l'eau

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Site de ponte d'une tortue verte - l'espèce s'enterre presque entièrement pour pondre

La saison des pontes est encore à son début, celle des tortues olivâtres n'a pas encore débuté. Cette première matinée de bénévolat me permet de découvrir quelques données sur les tortues marines, qui comptent seulement 7 espèces. Je découvre par exemple avec étonnement que les Luth traversent l'atlantique. Il arrive que certains spécimens "enregistrés" (à l'aide d'une puce) au Canada viennent pondre en Guyane ! Comme quoi on peut voyager écologique, il suffit de manger des méduses et d'éviter la pollution alimentaire par les sacs plastiques.

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Suite au contrôle de toutes les plages de Rémire-Montjoly, je m'approche d'un spécimen de tortue luth échoué mort la veille. Impressionnant. 400 kg à traîner sur le sable, pour parfois avoir peur des touristes flashant leur tête, être attaqué par des chiens errants - heureusement, la création récente d'un chenil à Cayenne va diminuer le nombre de sites dévastés par ceux-ci, environ 150 en 2008 - voire braconnés, tout simplement. En l'occurrence, ce spécimen sera surement enlevé (explosé ?) par les pompiers...à moins que les vautours "locaux", les urubus noirs, en fassent leur affaire...

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Pour conclure sur une note plus optimiste, il s'avère que les pontes de tortues luth en Guyane explosent depuis deux ans, et semblent bien parties pour suivre le rythme cette année. Alors qu' environ 400-500 pontes étaient répertoriées il y a dix ans, il y en a eu 5000 en 2007 et 6000 en 2008, selon les dires de notre formateur. Les raisons sont bien sur mal connues, politique de conservation, diminution des prédateurs (requins, orques) ou plus globalement modification de l'équilibre écologique global sont évoquées (cela en fera sourire certains...). Pourvu que ça dure! 

15 mars 2009

France/Guyane - Du côté de la nature: découvertes ornithologiques (2)

Le jardin des guyanais est la forêt amazonienne. Mais n'imaginez pas que c'est le seul paysage de ce DOM vert...hé oui, qui dit Guyane dit côte, et en cette belle journée du 5 mars, c'est dans un écosystème inédit pour moi - non pas en 5 mois de Guyane mais bien en 28 ans de vie - que j'ai réalisé ma première sortie à visée intégralement naturaliste, avec le GEPOG, association d'ornithologues. Quel est cet écosystème ?? En fait, il y en a deux. Le premier, qui sera le principal site d'observation, est une splendide vasière.         

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Le second est l'écosystème végétal qui pousse autour et évolue très rapidement: une mangrove.

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La côte guyanaise...découvrons là en citant ce très beau livre que je recommande à tout amoureux de la nature. 300 km, délimitée par deux estuaires (du Maroni et de l'Oyapock). Très influencé par le tout puissant Amazone, son littoral est particulièrement dynamique, évoluant sans cesse au gré de l'érosion, ou, au contraire, des dépôts de sédiments. Sauvage et difficile d'accès, le front de mer est le lieu de confrontation direct entre la mangrove et l'océan. Ce n'est qu'à de rares endroits qu'apparaissent des plages de sable...hé oui, la Guyane a de très belles plages, mais, je le découvre par cette lecture, elles sont loin d'être nombreuses. Surpris, maintenant je comprends enfin pourquoi les tortues viennent pondre seulement à quelques endroits du littoral...forcément! D'ailleurs, ça tombe bien, l'une de ses grandes plages est à 10 minutes en vélo de chez moi...Aussi, cette côte est avant tout l'occasion d'observer des concentrations importantes de limicoles...limicoles ? Du latin limicola, de limus, "vase, boue" et colere, "habiter"...et en cette belle fin de journée, c'est donc à marée basse que je vous emmène ausculter cette splendide vasière découverte par la mer. Comme quoi, la vase de mangrove ne sert pas seulement aux Natural Tribal !

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La vasière, interface physique périodique entre mangrove et océan

Cette belle vasière offre une nourriture abondante à nombre d'aigrettes. Ainsi, devant nous, observateurs du moment, se baladent et chassent, de manière caractéristique, de splendides aigrettes bleues. Habitante du nouveau monde, elles fréquentent en Guyane toute la zone côtière et semblent se limiter aux vasières du littoral, exception faite des rizières de la région de Mana. L'aigrette bleue, au même titre que tous les autres hérons de Guyane, est entièrement protégée en tout temps et en tout lieux.

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Sa "cousine" est l'aigrette tricolore. Elle se différencies de l'Aigrette bleue par son ventre entièrement blanc, et par son mode d'alimentation, une pêche à l'affut. Oiseau du Nouveau Monde, elle affectionne en Guyane les vasières, les mangroves et les criques soumises à l'influence des marées. Elle est également entièrement protégée.

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Une belle aigrette neigeuse chasse à la limite de la mangrove. Blanche de plumage, aux pattes et bec noirs, elle a aussi les pieds jaunes, tout comme une partie de peau nue à la base du bec.   

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Autre joli héron du littoral guyanais mais présent dans beaucoup de pays du monde, le Bihoreau violacé. Héron qui, lorsqu'il n'est pas persécuté, peut être très familier et nicher en pleine ville ou dans des parcs très fréquentés, comme à Georgetown au Guyana.

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Alors que je reste admiratif devant ces somptueuses aigrettes, mon regard se tourne vers la droite, à l'arrivée d'une population de mouettes...accompagnant, comme souvent, un pêcheur venu chercher son repas. Combien d'espèces peut on y voir ?? Petit jeu...la réponse est déjà citée. Alors ? Je suis sur que les écologues amateurs l'auront deviné...Une seule ! Hé oui, en écologie fondamentale, une population désigne l'ensemble des individus d'une même espèce qui occupent simultanément le même milieu. Et je suis certain de ma réponse: il n'y a qu'une seule espèce de mouette en Guyane, la mouette atricille. Fidèle compagne des pêcheurs guyanais, elle profite en particulier des très nombreux déchets rejetés par les crevettiers qui relâchent environ 90 kg de poissons morts pour seulement 10 kg de crevettes prélevées.   

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Mais revenons à nos limicoles. Voilà un petit oiseau fort sympathique à observer, le bécasseau semipalmé. Sans aucun doute, ce bécasseau est le limicole le plus abondant en Guyane, présent par centaines de milliers aux époques les plus favorables. Grand migrateur se reproduisant dans l'extrême nord de l'Amérique (Alaska), ses effectifs sont, selon l'ornithologue présent en cette soirée, en chute libre...problème de disparition de son habitat. Sa manière de sonder la vase avec son bec pour chasser est plutôt marrante à regarder.

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La parole est lancée: "regardez là-haut, en voilà". Je lève la tête, et les vois. Je prends une photo, que je recadre, puis je colle mes yeux à ma paire de jumelle. Majestueux. 4 ibis rouges en vol. L' ibis rouge, un des symboles de la Guyane. Splendides. Un plumage remarquable, un bec en courbe caractéristique. En Guyane, ils se rencontrent presque exclusivement sur les vasières et lagunes littorales, et dans la mangrove en front de mer, et les estuaires. Considéré comme un gibier jusqu'à 1984, très chassé, on en trouvait sur les marchés guyanais et dans de nombreux restaurants. Chassé en second lieu pour son plumage, il a ainsi failli disparaître de la Guyane. Aujourd'hui protégé par arrêté ministériel, le statut de l'espèce reste cependant précaire en Guyane (4500 couples en 1995). Voila d'autres infos.

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Les observations ne s'arrêtent pas là, mais toutes ne sont pas photographiées..grande aigrette, spatule, moucherolle pie, balbuzard pêcheur sont d'autres espèces observées en cette belle soirée de mars. Ce moment précieux, terminé par une averse, restera dans ma mémoire. Un moment simple et accessible à tous, qui rendra certains insensibles mais qui suffit à véhiculer en moi de belles d'émotions. Voir ce monde naturel évoluer dans son milieu, découvrir et ressentir cette nature si présente en Guyane, profiter de ce séjour pour vivre davantage l'ornithologie, observer des nouvelles espèces, rencontrer des passionnés locaux. Cela ne demande pas d'argent et suffit largement à embellir mon séjour. D'ailleurs, cette première excursion me décide à ne plus laisser passer de temps: j'adhère au GEPOG pour réaliser le plus possible d'excursions ornithologiques, et sans doute également à la SEPANGUY, une autre association qui organise plutôt des sorties plantes et insectes. De beaux moments en perspective...          

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Et la mangrove continue de se déplacer sur les bancs de vase...

20 février 2009

France/Guyane - Excursion sur l'Oyapock: Camopi

"Après cela, tu pourras dire que tu es allé au fin fond de la Guyane !" C'est en ces mots que mon chef résumait cette mission de 5 jours sur le fleuve Oyapock, de Saint-Georges à Trois Sauts en passant par Camopi et son opposée, Vila Brasil.

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Bien sur, mes tâches étaient nombreuses et je n'étais pas là pour faire du tourisme! Mais il est vrai qu'en ce lundi 2 février, c'est le cœur joyeux que je rejoins une équipe de la circonscription académique et m'en vais pour une excursion qui s'avérera mémorable. Le trajet de Cayenne à Saint-Georges peut paraître long et monotone...mais des divertissements existent. Typiquement: compter le nombre de voitures abandonnées aux mains des garimpeiros, ces clandestins brésiliens à la recherche d'or dans la jungle amazonienne, et particulièrement en Guyane...Cette route, relativement dangereuse la nuit en terme de sécurité, a vu l'installation d'un poste de contrôle de manière à baisser le nombre de braquages. Lors de mon aller-retour au Brésil pour le nouvel an, j'avais comptabilisé 52 voitures...les éclats de balle sur l'express du milieu font froid dans le dos, peut-être ont ils été tirés après-coup ?

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Arrivée à Saint-Georges, petite commune que j'apprécie particulièrement pour son ambiance calme et latine. Je n'y vivrais probablement pas, mais c'est une commune à voir en Guyane. Comme à Cayenne ou Kourou, quelques chiens errants, ici ou là. Un cas de rage avait été diagnostiqué ces dernières années. Petit problème dans la gestion des déchets ici, semble t'il ?

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J'arrive avec l'équipe au point de départ de l'excursion, saut maripa, considéré par certains comme le plus beau des sauts (rapides) de Guyane. C'est parti pour plusieurs heures de pirogue. L'Oyapock est le deuxième fleuve de Guyane par son importance et fait 370 km de longueur. Beaucoup moins habitées que celles du Maroni, les rives restent ainsi davantage sauvages...Quelques petits villages, souvent dépendant de l'orpaillage, existent tout de même sur la rive brésilienne.

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Après quelques heures de trajet, arrivée en début de soirée à Camopi, découverte du village, réunion de travail et départ pour l'autre rive, Vila-Brasil, un village ou réside une cinquantaine de résidents permanents. Ce site explique que "tout n'y est que commerce: bars-dancings, épiceries, menuiseries, restaurants...il a dans un premier temps été construit pour alimenter les sites d'orpaillages en matériel, carburant et nourriture", et il profite maintenant de l'argent dépensé par les amérindiens (RMI et allocations familiales). Ainsi, ici, on paye en reis, en euros, ou en or. L'orpaillage clandestin, sujet que je traiterai dans ce blog, n'est pas une mince affaire...En tout cas, belle maison d'hôte et accueil très sympa du couple de brésiliens qui le tient. Quant à la vue, no comment !  

 

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Averse au cœur de l'Amazonie guyanaise

Que dire de Camopi ? Ce village isolé, ou les conditions de vie ne sont pas faciles pour les personnes du littoral ou de métropole, ne laisse pas indifférent. Certaines personnes, comme ce directeur d'école (la photo n'est pas celle du directeur) au sacré parcours, y sont depuis plusieurs années, et se battent remarquablement pour faire avancer l'école. Des personnes amérindiennes envers lesquels la politique sociale française a, d'après certaines études, artificiellement développé des besoins et intensifié la situation de "dépendance", avec comme conséquences possibles un alcoolisme croissant et des taux de suicides importants, même si d'autres facteurs sont probablement en cause. En effet, l'Etat a introduit le RMI et les allocations familiales dans la vie des personnes de ces villages. Une discussion intéressante avec le directeur guadeloupéen de l'école du village de Trois Sauts, explique l'évolution qu'il perçoit au sein du village. Il y a encore dix ans, les habitants ne cherchaient à descendre à Saint Georges qu'une fois par an...avec l'arrivée des aides sociales, il est devenu fréquent qu'ils descendent l'Oyapock une fois tous les deux mois, notamment pour utiliser cet argent dans l'achat de produits de consommation. Bien sur, je ne me permettrais pas de donner un avis sur ces politiques sociales de l'Etat. Mais vous imaginez les questions de fonds que cela pose, par exemple dans le cas de l'Education Nationale. Plus de 2000 enfants ne sont pas scolarisés en Guyane, (d'après le quotidien France-Guyane d'aujourd'hui) certains viennent de ces communes. Ces personnes amérindiennes sont eux aussi confrontés à cette globalisation de l'économie. Imaginez aussi qu'Internet arrive au sein des villages amérindiens. Quel sera l'effet sur la vie quotidienne des habitants de ces villages ? Je vous invite à lire cet article, écrit par un enseignant de Camopi, qui y explique son rôle, et la vie de tout les jours, avec  en bonus quelques photos. Nous sommes en zone protégée du tourisme, et l'accès à Camopi et Trois Sauts nécessite une autorisation préfectorale. Photos de personnes interdites !

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28 janvier 2009

France/Guyane - Marché de Cayenne, fruits de Guyane

Cayenne est une ville assez calme. Toutefois, les mercredi, vendredi et samedi matin, un évènement donne une toute autre impression de la ville: le marché. Échantillon de saveurs, mélange de couleurs, concentration de vie, et première rencontre avec les Hmongs, autre groupe composant la Guyane, arrivée du Laos dans les années 1970 et spécialisée dans l'agriculture. Je vous présenterai plus en détail l'histoire et la culture de cette communauté lorsque j'irai à Cacao, un de leur lieu de vie. Le premier élément de la petite série d'articles que je compte faire sur le marché et l'alimentation en Guyane est consacré aux fruits.

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Les fruits de Guyane sont variés, colorés et délicieusement frais. Un des fruits les plus connus en France métropolitaine, les moins chers ici et les plus utilisés, notamment avec le Rhum, sont clairement les citrons verts. Se trouvant partout sur le marché, à 1 euros le kilo généralement, il ne s'agit en fait pas d'une variété de citron, mais d'une variété  d'agrume très proche: la lime, fruit du limettier. Deuxième fruit très répandu dans les jus de fruits guyanais mais dont la consommation sous sa forme naturelle n'est pas tant agréable, la prune de Cythère. Fruit du prunier de Cythère qui n'a en fait rien à avoir avec les prunes européennes, on la retrouve dans la famille les mangues et autres pommes de Cajou. Les jus de  pomme de Cythère sont très agréables, assez amer en premier lieu, mais au final très rafraichissant et désaltérant. Je ne sais pas encore comment manger le fruit, mais je trouverai une solution !!

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Autre fruit très connu en France métropolitaine et qu'on retrouve sur les marchés de Guyane, en quantité importante: l'ananas, dont je vous avais montré un pied photographié dans mon jardin...chair ferme et excellente qualité gustative.

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Continuons notre petite ballade "frugiphile" avec la reine de ce DOM, selon moi: la mangue. Ici, les manguiers poussent partout, et les mangues ne s'achètent pas si souvent: elles se ramassent au pied de l'arbre, comme une pomme en France. Le manguier est un très bel arbre, noble et impressionnant. Autres fruits très consommés ici: les bananes. En fait, deux sortes de bananes existent: la banane fruit ou bacove, petite et consommée en dessert... et la banane légume ou banane plantain, plus grande et consommée en légume. Pour ma part, je consomme les deux sous forme de fruits, même si les bacoves sont plus sympas à manger. La production de bananes en Guyane est destinée uniquement à l'approvisionnement du marché local et ne représente que 1/30ème de la production des DOMs. 

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Autres fruits résonnant avec tropiques: les papayes et les fruits de la passion ou maracudja ou grenadille. Les premières, fruits du papayer originaire du Mexique dont je vous ai montré une photo lors de mon week-end dans l'ouest, sont, à l'intérieur, un doux mélange de rouge et de noir...de chair et de graines. Premier producteur au monde: le Brésil. Un fruit plutôt agréable, même s'il n'est à priori pas le meilleur. Qu' en est il du maracudja ? Fruit étonnant, particulièrement servi en jus de fruits mais, sauf erreur, moins mangé...sous une carapace dure se trouve une chair "engrainnée" douce...pas de doutes: il faut savoir lui ouvrir le cœur pour l'apprécier. Fruit de la passiflore, un bel exemple pour expliquer pourquoi les régions tropicales sont si riches en biodiversité...dans un prochain article.   

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Revenons à nos agrumes. Ici aussi, on trouve nombre de mandarines, clémentines et oranges. A la peau verte, je ne les trouve pas aussi bonnes que les espèces vendues dans les grandes surfaces européennes. Peut être n'est ce pas la meilleure saison ? Et puis voilà l'agrume obèse, plein de peau mais intéressant à déguster: le chadeck, variété de pamplemousse qui pousse uniquement en Amérique du Sud, et à la peau jaune très épaisse.

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Mais au fait, quel est ce drôle de fruit qui apparaît sur la droite du plateau présenté en début d'article ? J'allais oublié la pomme de Jaque (ou Jacque), fruit du jacquier pouvant généralement peser plusieurs killos (1 à 25 kg), à odeur forte qui ne laisse pas indifférent. C'est un fruit originaire  d'Inde et du Bengladesh, cultivé et introduit dans la plupart des régions tropicales, mais majoritairement au Brésil et en Asie du Sud-Est. Il n'est pas tant apprécié, notamment pour son odeur forte peu agréable. La photos des jaques ci-dessous ouvre le sujet sur les très nombreux autres produits que le marché propose, et que je présenterai dans des prochains articles...sans oublier des photos de scènes de vie locales !

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Et bien sur, ces fruits sont valorisés sous forme de confitures et jus locaux...jus de cerise pays acérola, jus de goyave...voilà deux autres fruits à présenter mais que je n'ai pas trouvé sur le marché. La cerise pays, fruit de l'acérola, arbuste des régions tropicales d'Amérique du Sud et des Antilles...agréable en fruit comme en jus. Et la Goyave alors ? Cet autre fruit tropical ne se trouve pas facilement en vente ici, sauf erreur. Et puis il y a encore la pastèque, à acheter sur le bord des routes ou au marché, bien sur !

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"Sentir les odeurs épicées, admirer fruits, légumes et fleurs éxotiques, boire un jus aux milles saveurs et manger une soupe Hmong ou vietnamienne en fin de matinée": le marché de Cayenne est un endroit, un moment, une ambiance à ne pas manquer lors d'un passage en Guyane.

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Une soupe vietnamienne accompagnée d'un jus frais de maracudja: bon appétit! 

12 janvier 2009

France/Guyane - Oiapoque et Maripasoula: en pirogue, pas en métro !

Nouvel an au Brésil, à Oiapoque, ville frontière de l'État d'Amapa, un des plus pauvres de cette gigantesque puissance émergente, et "que le monde doit respecter", selon les pub des chaînes brésiliennes. Une ville qui représente donc dans ma jeune vie de voyageur la première terre hors Europe administrative que j'aurai foulé. Une réalité difficile. Certains visages très durs. Beaucoup de filles espérant qu'un français les emmènera de l'autre côté du fleuve frontière...un terrain de foot boueux ou des jeunes brésiliens jouent tous les jours...de l'animation en cette nouvelle année...un bon week-end...et c'est à peu près tout. Pas sur que je retourne à Oiapoque. Petite anecdote? Pour faire le déplacement Saint-Georges - Oiapoque, un individu prend une pirogue, remonte un peu le fleuve et y est. Temps: 19 minutes. Voilà, selon un postier, le trajet fait par un courrier divers: Saint-Georges > Cayenne (poste) > Cayenne (aéroport) > Paris Orly > Paris Roissy > Paris (centre de tri) > Brasilia > Belem > Macapa > Oiapoque. Durée: 19 jours. No comment. Petite note humoristique? Voilà la photo prise par ma collègue d'un taxi clandestin de Maripasoula, en Guyane, extraordinnaire...Notez l'incroyable "faya business" et les ajouts déjantés de la voiture. J'espère la voir un jour en vrai !

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Petite anecdote humoristique? C'est l'histoire parait-il réelle d'un mec enseignant qui est parti en Guyane et a accepté un poste à Maripasoula, commune isolée du fleuve Maroni...Il jouait au tennis et a été très déçu de voir l'inexistence d'infrastructures sportives. Il faut dire qu'il s'attendait surement à autre chose, on lui avait dit qu'il y avait des métros à Maripasoula...Cherchez l'erreur??? Ici,un métro est un français de métropole, pas un moyen de transport...

7 décembre 2008

France/Guyane - Réputation de la faune guyanaise: légende ou réalité?

"Guyane". Le nom est prononcé, l'onde atteint le tympan voisin, le sursaut émotionnel a lieu. Pour les uns, une terre d'aventure, riche d'une population multiculturelle que l'Histoire a fait venir des cinq continents au fil de vagues d'immigrations souvent douloureuses, d'une nature belle et envoutante. Pour les autres - la majorité d'après moi- une terre à problèmes, sorte de nouveau "far west" selon les émissions métropolitaines et riche d'une forêt aussi vierge que dangereuse. Aussi vais-je fournir un élément de réponse à cette question: y a t-il lieu de vraiment avoir peur des agressions animales en Guyane ? Ma réponse sera en fait celle d'une étude que je suis en train de lire après l'avoir téléchargé sur le site de la Banque de Donnée de Santé Publique (BDSP) et qui s'intitule "agressions par la faune en Guyane française: étude rétrospective sur 4 ans", et écrite par E.Mimeau et P.Chesneau. Je vais donc synthétiser cette synthèse, unique solution pour donner un avis pertinent et scientifique sur ce sujet. J'en profite pour y joindre une série de photos d'animaux en tout genre que j'ai photographié autour de chez moi.

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    Papillon de nuit, envergure 10-12 cm.

Ainsi la diversité et la beauté de la faune guyanaise n'a d'égal que sa fâcheuse réputation...Le premier animal que je vis ici, fut un animal craint également en métropole...m'en allant vers la voiture de mon ami sur le parking de l'aéroport, une grosse chenille - la plus grosse que je n'ai probablement jamais vu, mais peut-être un bébé, ironise Éric - traverse langoureusement le parking. Était-elle urticante pour l'Homme ? Je ne le serai jamais. Mais j'ai appris grâce à cette étude, qui s'est basée sur les appels de la population au SAMU, que les arthropodes, et en particulier les hymenoptères volants (fourmis, guêpes, abeilles) constituent la première source d' "enquiquinements faunistiques" de Guyane: guêpes et autres insectes volants sont la première source de blessures animales en Guyane, et sont nuisibles en zone urbaine ( ce qui semble logique, compte tenu de la proportion de population y vivant) et en période de saison sèche.

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Scarabée (mort), taille: 5-7 cm   

Qu'en est t'il des autres arthropodes, les scorpions par exemple ? Leur piqure a fait l'objet de 65 appels, dont 38.5% provenant d'une zone urbaine...et les fameuses mygales, elles ont été la cause de...3 appels en 4 ans. Impressionnant, n'est-ce-pas ? 

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papillon diurne, envergure 6-8 cm

Et les serpents alors? Ces fameuses bébêtes fantasmatiques, qui engendrent tellement de peur, particulièrement quand on parle de la Guyane...sur une centaine d'appels pour envimation ophidienne en 4 ans, 60 provenaient de morsures en forêt. Quelques calculs s'imposent...le livre de Jean-Philippe Chippaux publié en 2002 et intitulé "Venins de serpents et envenimations" explique qu' "En France, on peut estimer que l'incidence moyenne des morsures de serpents est d'environ 3.5 pour 100 000 habitants. Cela correspond à environ 2000 morsures, soit près de 500 envenimations et 1 décès par an." Ainsi, la comparaison est claire: 25 envenimations par an en Guyane, soit 1.25*10-4 envenimations/hab.an contre 8.33*10-6 envenimations/hab.an en France. Si on ramenait ce chiffre au nombre de serpents sur le territoire, la Guyane serait probablement moins dangereuse que la métropole en terme de fréquences de  morsures... La vrai différence réside dans le risque de mortalité lié aux morsures de quelques uns de nos compères, notamment les Grages Grands Carreaux et les Fer de Lance. En tout cas, ce lézard, malgré sa taille impressionante à première vue - comparez la à la canette de Fanta - est assez commun le long des routes ou dans les jardins.

 

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Lézard, taille 25-30 cm

Comment interpréter ces chiffres? Tout d'abord, en disant que les hyménoptères volants que sont nos guèpes, abeilles et autres fourmis représentent plus du tiers des appels au SAMU pour une agression par la faune. Tout piqûre peut entraîner une réaction nocive chez un sujet allergique. Cependant, une espère est connue pour des attaques massives entraînant de vériables envenimations: "l'abeille africanisée" ou "abeille tueuse". Elle a acquis son surnom par un comportement "défensif" des plus aggressifs! Face à un danger, l'essaim dérangé attaque massivement et poursuit l'agresseur sur une longue distance. Une belle saloperie ces abeilles, et autant dire qu'il n'est pas inutile de savoir reconnaître leurs nids pour faire demi-tour et appeler des spécialistes de destruction des nids. La dose létale pour l'homme est d'environ 22 piqûres par kg de poids corporel..ça peut faire souffler, mais quand on sait que parfois des milliers d'abeilles restent autour de la personne attaquée, on comprend qu'on y est vite. Les deuxièmes causes de blessures par la faune sont donc les morsures de serpents, même si elles restent donc rares. Et quelle est la troisième cause? La réponse est simple: les morsures de chiens! Hé oui, de nouveau, ils sont un danger bien plus présents que la plupart des animaux sauvages, un peu comme avec les moutons des Alpes, dont les attaques par les loups sont hypermédiatisées alors qu'on ne parle jamais de la première cause d'attaques que sont les chiens. Bref, une manipulation médiatique de plus, même si le débat est légitime...Continuons cet article en plagiant la conclusion de l'étude: " la question des agressions par la faune, en Guyane, n'est pas anodine. Ce département est plus concerné que ses homologues métropolitains, même si ces agressions ne représentent que 1% des appels au SAMU de Guyane.(...)A travers cette étude, on a pu voir que les agressions par hyménoptères volants, serpents et chiens et scorpions composaient l'essentiel des agressions par la faune en Guyane. Les agressions par félins sauvages peuvent toujours survenir, mais dans des conditions exceptionnelles.(Ainsi) les mythes et fantasmes qui abondent dans les histoires sur la Guyane doivent être considérés pour ce qu'ils sont: des récits fabuleux qui témoignent de l'imagination de l'homme face à une merveilleuse contrée! " L'étude ne mentionne pas du tout les anacondas. Deux raisons possibles: soit les attaques sont presque inexistantes, soit les individus sont presque inexistants, quelques restes errants dans les fèces de ces chouettes serpents.

8 novembre 2008

France/Guyane - Week-end aux Transamazoniennes

La Guyane est un territoire relativement enclavé et surtout peuplé le long du littoral, où les trois principales villes, Cayenne et Kourou à l'est, et Saint-Laurent-du-Maroni à l'ouest, se trouvent. Les trois villes ont une ambiance propre, Kourou étant la ville du centre spatiale, Cayenne regroupant les administrations et Saint-Laurent une ville frontalière avec le Suriname. Saint-Laurent est également à la source d'un festival au nom évocateur, les Transamazoniennes, festival important ici mais restant de taille modeste (1 seule scène...) et où nous avons donc décidé d'aller en ce week-end du 25 octobre. Ce festival est un festival international des cultures d'Amazonie, et se veut un lieu incontournable pour promouvoir la musique des différentes communautés guyanaises, mais aussi du plateau des Guyanes plus généralement, du Brésil, des Antilles, et un certain nombre de grosses pointures internationales, notamment jamaïcaines ou africaines.                                    

Samedi 25 octobre, 13h30, Kourou, un parking, un soleil de plomb, 7 moustiques et autant de loustiques : Eric et ses compères: Steph, Kamal, Luis, Sandra, moi-même et Virginie, de passage en terre guyanaise. 2 voitures, quelques bières, quelques jus-de-fruit, une bonne dose d'énergie et une grande envie de rejoindre le camp de la transportation de Saint-Laurent, ancien bagne. La route est longue, et durant 3 heures environ, y défilent forêt vierge, savane (devant), marécages (au fond).

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Premier arrêt à Iracoubo,  petite commune calme où le temps semble arrêté...Un endroit bien dépaysant, et un vrai bonheur. Second arrêt pour se baigner dans une crique, mot local désignant une rivière. C'est le PIED!! Eau douce tropicale au moins à 25°C, nature sauvage, soleil. C'est beau, calme et vraiment agréable. 

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L'eau des criques amazoniennes offre de subtils et splendides reflets brun et or, qui me rappellent parfois certaines rivières irlandaises...mais seulement à la couleur ! D'où vient elle, cette couleur ? Probablement de l'humus (matière organique des sols), mais je le vérifierai lorsque je me pencherai, par intérêt personnel, sur les sols de Guyane. Ces rivières d'eau douce tropicale me permettent d' observer ces petits poissons qu'on voit en jardinerie, des Cichlidés de type Apistogramma et des petits Characidae proches des néons...Certaines peuvent sourire à cette lecture, mais en ce qui me concerne, j'apprécie les voir dans leur milieu ! D'ailleurs, ici, pour se faire un aquarium d'eau douce tropicale, il suffit de prendre un filet. Ceci dit, il est aussi très intéressant de lever la tête...

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Un mouton paresseux (ou paresseux , ou aï) s'accroche au bout de l'arbre pour y grignoter quelques feuilles ! C'est un très beau moment que de voir ces habituels bêtes de documentaires animaliers dans leur milieu naturel, et de se rendre compte de leur beauté. Il s'agit ainsi du premier mammifère que je vois en vie en Guyane, et il est beau et semble bien plus agile que je ne l'imaginais. Cette petite crique offre encore de belles possibilités de photos...

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...mais la route n'est pas terminée et il faut repartir après cette pause plus qu' agréable, sur une route assez délicate car plutôt longiligne sur trois heures.

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Quelques dizaines de minutes après le départ de cette crique, arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni, deuxième ville et sous-préfecture de Guyane. J'entends parler en bien de cette ville depuis mon arrivée, pour sa culture à priori "reggae" et les soirées qu'on y passe. Située à proximité de l'embouchure du Maroni, le fleuve roi de Guyane, elle est le point de départ des pirogues pour rejoindre le Suriname via la commune d'Albina et les communes  guyanaises construite le long du fleuve Maroni. Beaucoup d'ethnies y cohabitent, et en particulier de Bushinéngué, que j'aurai le temps de vous présenter. Plus d'explications sur cette ville suivront dans le futur, mais pour le moment, revenons-en à notre arrivée à Saint-Laurent, et aux premières vues apparaissant sur le Maroni, et aux couleurs légèrement amplifiées par l'appareil. Un endroit splendide.

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Après un apéro légèrement arhumatisé, la soirée se déroule au camp de la Transportation (ancien bagne). Les concerts se succèdent, entre groupes locaux en début de soirée, puis tête d'affiche de plus en plus importantes. La bonne surprise est pour moi ma découverte de Daby Touré, dont je mettrai le myspace en lien sur ce blog, et qui a vraiment assuré. Puis vient la star de la soirée, Gregory Isaacs, jamaïcain de l'époque de Bob mais plus loveur que rasta, et enfin, après quelques groupes locaux, Diblo Dibala. Une soirée aux groupes d'origine très variée et donc originale, car plutôt différents des concerts habituels de Haute-Savoie. Un très bon moment qui se termine tôt le matin à l'internat de médecine, où nous pouvons poser les hamacs et où le levé du jour est un délice photographique.

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Le jour se lève, les festivaliers se couchent dans le hamac...et c'est reparti dans le sens inverse! Dimanche matin,  9h00,  sept moustiques et autant de loustiques sortent de leur sommeil à Saint-Laurent, et commencent leur journée. Retour le long du Maroni, avec vue, au fond, du Suriname.

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Petite assiette de poisson locale au bord du fleuve...et nous revoilà sur la route au début de l'après-midi ! Retour à la crique...Baignade dans une eau splendide à 25°, soleil, repos et décontraction assurée avant de reprendre la route. Malheureusement, l'endroit est beau mais sale...comme bcp d'endroits de ce DOM. Un vrai effort à faire de la part de Mr tout le monde, mais j'aurai le temps d'en reparler.

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N'oublions pas non plus les papayers, arbres fruitiers à feuillage persistant des régions tropicales humides cultivés pour leur fruit, la papaye, et originaire du Sud du Mexique. 

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Puis, retour à Iracoubo. Le centre du village (bourg) fut construit au début du 19ième siècle en même temps qu'un certain nombre de hameaux l'entourant...C'est une petite commune vraiment dépaysante, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu voir auparavant.

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L'église Saint-Joseph, qui date de la fin du 19ième siècle et que vous voyez sur la droite, a une particularité de taille. Ses murs intérieurs ont été recouverts par des fresques très originales. Ces peintures, d'aspiration naïve, sont l'œuvre d'un artiste du nom de Pierre Huguet, un bagnard (évadé récidiviste) pris en assignation par le père Raffray. L'ensemble de l'édifice intérieur a été peint, de 1892 à 1898. Voici quelques photos de cette très belle décoration.

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Le retour à Cayenne se termine avec cette photo...de la tête au pied.

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Ce week-end m'a montré que la Guyane, lieu encore très préservé, offre une certaine qualité de vie très intéressante. Ici, peu de musées et assez peu d'évènements culturels en général, mais des possibilités d'excursions riches et variées. J'aurai l'occasion de vous en présenter d'autres.

27 octobre 2008

France/Guyane - Première présentation avec Mlle Amazonie

Hé oui, une toute première présentation de Mademoiselle Amazonie s’impose, après trois semaines passées en Guyane. Amazonie...quel nom évocateur, synonyme de tellement d’éléments flous, évoquant la peur de l’inconnu, l’aventure, la nature vierge de traces humaines...et des l’enfance, je l’imaginais cette Amazonie, je la lisais et la découvrais au fil de quelques livres qui me laissaient réfléchir...m’imaginais-je la découvrir un jour ? Je ne sais pas, je ne crois pas...l’Amazonie paraît si lointaine quand on est enfant. Ce n’est pas la forêt vierge que je vais vous conté, mais la forêt touchée par l’Homme, qui est cependant très dépaysante. Je vous présenterai un peu mieux cet écosystème immense et fragile, surnommé le poumon de la terre. Mais pour l’instant, laissez-moi vous présenter quelques photos introductives à l’Amazonie française.

C’est ainsi qu’en ce vendredi 17 octobre je m’en suis allé très légèrement dans la forêt en compagnie de nouveaux compagnons de route (en l’occurrence des « compagnonnes ») pour prendre un petit bain de vie dans une crique d’eau d’un ruisseau s’écoulant de la colline... Il s’agit de la deuxième crique que je rencontre, après une première –plus grande – vers Kourou, ou s’alliaient l’eau et la terre dans une belle couleur, un peu au brun or de l’Irlande tourbeuse...Celle-ci, située « colinne de... », fut tout aussi intéressante. Voila quelques photos prises sur les quelques centaines de mètre à faire pour y arriver.

Pris par l’envie de me baigner, j’ai tout simplement oublié de prendre une photo de la crique en elle-même, qui soit dit en passant étant petite et peu alimentée en eau, saison sèche oblige.

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Voila donc ces 4 premières impressions de la forêt amazonienne. Ce ne sont pas des « impression soleil levant », mais plutôt des « impressions contre-jour » pour les deux premières, « déprogrammées » par une option de mon appareil photo que je n’avais pas sur le TZ3 (j’ai aujourd’hui son grand frère le TZ5). La forêt laisse parfois des traces...J’ai probablement du un peu trop flirté avec une branche ou une feuille qui ne m’appartenait pas...C’est ainsi que je me suis fait quelques copines en redescendant vers la voiture : une trentaine de minuscules insectes d’environ 1mm, qui a les regarder de plus prêt, ressemblaient à des tiques...30 tiques a enlevé une par une donc...Je vous rassure, ce n’est tout de même pas commun. Bienvenue en Amazonie! Pour conclure cette petite introduction, je vous presente Mlle Stephanie et sa banbine Angela.

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17 octobre 2008

France/Guyane - Du coté de la nature: découvertes ornithologiques

S’il y a un regret que je pourrais avoir (mais que je n’ai pas) lors de la présentation de mon séjour irlandais, c’est éventuellement le nombre trop limité de messages sur la nature et l’environnement de l’île d’Emeraude... Il faut dire aussi qu’ ici, en Guyane, à part éventuellement ceux en sable, il n’y a pas de châteaux, forcément. Non, ici, mon impression est que les découvertes urbaines seront moyennement intéressantes... Cayenne de nuit semble, d’après la seule soirée que j’y ai faite, être encore plus calme qu’Annemasse...mais où est passée toute cette population guyanaise de moins de 25 ans, qui représente, comme en Irlande, pourtant 50% de la population totale ? Non... je ne pense pas, à première vue, que les villes de Cayenne et Kourou soient réellement intéressantes à présenter comme le fut Dublin ou Grenade...En plus, ce sont des villes bien plus petites, ne l’oublions pas! Et bien sur, cela ne m’empêchera pas de le faire quand même ! Je pense que la Guyane se découvre pour autre chose, pour ses cultures, pour ses écosystèmes, sa faune et sa flore...Je vous présenterai donc l’état d’avancement de la gestion de l’environnement (déchets, énergie, eaux etc) en Guyane, mais ce message, j’y viens enfin, a un autre but : vous faire découvrir les oiseaux des jardins guyanais...Hé oui, les personnes qui me connaissent savent que j’ai un vrai plaisir de gosse à observer les oiseaux ...je vais donner quelques détails sur chaque espèce, ce qui peut être n’intéressera pas tout le monde, mais bon, ça m’incite à rechercher l’information dans ce beau livre qu’un papa nommé Noël m’offrit en décembre 2006...

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Certaines photos ont été recadrées et agrandies à l’aide de l’appareil photo, ce qui a pour conséquence de mieux voir les oiseaux mais aussi de diminuer considérablement la qualité de l’image...Ainsi, pour commencer, faisons honneur à l’oiseau qui me plait le plus dans ce jardin, et qui semble être un Émeraude orvert. Trouvez le ici...ce devrait tout de même être assez simple.

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Ce très petit colibri (7.5 cm) est un hôte régulier des milieux ouverts (lisières de forêt, broussailles, savanes, terrains cultivés, jardins) et est ainsi assez fréquent autour des cohabitations. Celui que j’ai pris en photo est une femelle...Comme tout colibri digne de ce nom, il se nourrit principalement du nectar des fleurs. Il est intéressant de souligner que les 330 espèces de Trochilidées (colibris) se rencontrent exclusivement en Amérique,sous toutes les altitudes, latitudes et écosystèmes: on peut ainsi observer des colibris de l’Alaska à la Patagonie! Pour moi, c’est une petite surprise. Voila une autre photo agrandit avec l'appareil.

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Parlons ensuite du piaf local, le Tyran Quiquivi. Tous les guyanais connaissent ce passereau de 22 cm, et surtout le reconnaissent à son chant caractéristique, «qui-quiviii !». Il s’agit en fait d’un des oiseaux les plus communs d’Amérique du Sud, et ce surnom lui colle à la peau (euh non, aux plumes) dans plusieurs pays. D’ailleurs, ses potes les Tyrannidés se retrouvent, comme les colibris, sur l’ensemble du nouveau Monde.

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Ensuite, le merle leucomèle. Il est le cousin guyanais du merle noir de métropole...Il existe  4 espèces de merle en Guyane... Hé oui mon gars, t’es pas le seul ici à avoir ton joli chant de merle! T’as beau être une espèce très commune sur le littoral, t’es pas tout seul ! Hé puis fais comme tes semblables du Surinam, copule toute l’année au lieu de te limiter à la saison sèche. Punaise ils sont vraiment débiles ces merles !!!

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Continuons ensuite avec la présentation de l'élénie à ventre jaune, qui est elle aussi assez commune sur le littoral de Guyane et fréquente les zones ouvertes tels que les abattis, les pâturages, les savanes mais aussi les jardins. Un agréable petit passereau qui ferait bien d’aller chez le coiffeur et d’arrêter de se prendre pour un punk. En tout cas, ici, si elle souhaite devenir un punk à chien, elle le pourra facilement : hé oui, il y a beaucoup de chiens errants en Guyane, et pas que des vilains.

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Voila cette brève présentation de mes premières découvertes ornithologiques...La Guyane m'en réservera bien d'autre, c'est une certitude! Je partagerai donc sur ce blog quelques découvertes ornithologiques. Une manière simple de faire vivre un de mes centres d'intérêt: le partager !

12 mars 2008

Irlande/Leinster - Les parcs de Dublin: Les National Botanic Gardens

Je profite de mon retour en France pour parler un peu du jardin botanique de Dublin, que j'avais visité mi-juillet, avec Fanny, une copine de l'école d'anglais. Je n'ai qu'un critère de comparaison, le jardin botanique de Montpellier. Il est clair que celui de Dublin est beaucoup plus grand, peut-être le plus grand d'Irlande ?

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En tout cas, il possède environ 20 000 plantes vivantes, des jardins extérieures, des serres intérieures de belle architecture victorienne, et une très belle collection d'Orchidée, dont j'ai quelques souvenirs en tête. La balade était vraiment agréable: soleil, ce qui était loin d'être habituel l'été dernier, température optimale pour n'avoir ni trop chaud ni trop froid.

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Certaines essences étaient splendides, d' autres très rares, et donc surprotégées. On pouvait y voir de très nombreux écureuils, jeunes pies sortant du nid, et au milieu coulait une rivière.

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21 février 2008

Irlande/Leinster - Une journée à Dalkey

En ce dimanche 18 février 2008 et sous un soleil radieux, nous sommes allés, mon frère, mes colloc' alsaciennes et quelques autres compères, dans un petit village portuaire de la région dublinoise: Dalkey. La journée fut vraiment belle: température agréable malgré un petit vent frais, balade très relax, grand soleil (ce qui est plus courant que je l'imaginais durant cette période hivernale), et villas et paysages très charmants. Un vrai coup de cœur! Dalkey a pris pour certains le surnom du Beverly Hills dublinois, compte tenu du nombre de villas de personnes riches et célèbres. Tout de même selon moi moins cossu que Killiney ( voir article du 04/09/07), il s'agit d'un village aux grandes et belles villas. La première attraction que l'on découvre en ville est le "château".

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Passé cette petite et simple attraction, nous descendons en direction de la mer, tout en prenant en photo d'agréables shops et autres maisons. Elles ne sont pas particulièrement différentes de ce que je connais, mais bon, la folie du numérique l'emporte toujours dans ce genre de cas !! AU passage, j'ai été le photographe d'une de mes colloc...le vol de mon Lumix il y a quelques semaines ne m'empêchera pas de continuer d'immortaliser mes belles découvertes !

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Un peu plus bas, l'ambassade du royaume du Maroc, dans une sorte de petit château des temps moderne...

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Le nom de la ville, Dalkey, provient de l'ile qui se situe à quelques centaines de mètres de la cote: Dalkey island. Nous arrivons au niveau de la mer et pouvons apercevoir cette petite ile agréable. Différents points de vue sont accessibles et c'est un vrai bonheur d'être ici, sous un soleil radieux et chaud, à la mi février ! 

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  Quelques vieilles barques, une petite plage de sables, des pêcheurs, l'odeur de la mer, le soleil, que demander de mieux !

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Les petits cottage irlandais ont comme d'habitude beaucoup de charme.

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Arrivés près de la plage, nous remarquons que les activités en ce beau dimanche sont multiples: pêche, bateau, kayak, wakeboard ou même natation !!

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Vous le comprenez, tout le monde profite au maximum d'une telle journée. Ce n'est pas si commun en Irlande, surtout en février! De mon coté, je n'ai pas pu m'empêcher, avec mon appareil d'un jour, de réaliser quelques macros et autres souvenirs...

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Enfin, la dernière étape de notre petite journée ensoleillée nous réservera une bonne surprise. Dans le port de Dalkey se trouve quelques phoques veau-marin (d'après mon guide). il n'y en a pas beaucoup, mais c'est marrant de les observer. L'un d'entre eux s'approche et nous regarde pendant quelques minutes, à quelques mètres de nous.

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Cette journée s'achève donc par cette rencontre sympa et distrayante. C'est cool de voir ces animaux aussi prêt d'une grande ville. Est ce un signe que les eaux n'y sont pas trop polluées ? Quoiqu'il en soit, Dalkey a vraiment été une agréable surprise. Bien sur, les paysages ne sont pas grandioses, mais ce village reste charmant et selon moi bien plus agréable à visiter que Bray par exemple, même si les deux sont complémentaires et différents (Bray possède une grande plage de Galets et une colline d'où la vue panoramique est agréable, voir message du 7 mai 07).

3 mars 2008

Irlande - Cuisine et Take Away irlandais

En cette période calme en visites en tous genres, je vais vous présenter pour commencer une des spécialités culinaires les plus appréciées en Irlande: l'irish stew. Effectivement, il y a quelques semaines, tombant sur un take away en proposant, je décidai de gouter cela pour une deuxième fois, après une première fois dont je ne me souviens guère, en famille d'accueil en mai 2007. Le take away proposait donc un irish stew remplissant un morceau de pain frais, et de qualité.

Qu'est ce l'Irish stew ? Il s'agit simplement d'un ragout de mouton ou agneau, mélangé à des pommes de terre, oignons et persil. Voila la photo de l'irish stew avalé ce midi, et pour la recette, cliquez ici.

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Honnêtement, j'ai été un peu déçu par mon repas. C'est bon, OK, mais c'est loin d'être exquis. D'ailleurs, vous le savez surement, la nourriture irlandaise, est tout comme la nourriture anglaise, loin d'être renommée. A ce qu'il parait, elle est tout de même en nette amélioration, et, autre chose à signaler, le développement économique a engendré l'arrivée massive de personnes de divers continents, et donc de restaurateurs et d'épiciers de nombreux pays. Les restaurants italiens, espagnols, français (dans une moindre mesure, il me semble), indiens, thaï etc ont donc fleuris à Dublin depuis quinze ans. C'est bien sur au plaisir de tout le monde ! Ainsi, dans mon quartier, Phibsboro, j'ai plus ou moins le choix, en terme de take away, à quelques fish and chips: Il s'agit, je le rappelle si besoin est, d'une association de poisson frais frit dans de la pâte ou des miettes avec des pommes de terre frites. Plat qui trouve son origine clairement à la Grande-Bretagne mais qui s'est répandu dans la grande majorité des pays anglophones (principal take away en Australie et en Nouvelle-Zélande), il est habituellement très consistant, même s'il faut noter qu' il est à ma connaissance moins calorifique que les traditionnels fast food américains: terribles sauces "McDo" non présentes et poisson, bien sur. A consommer avec modération, mais je dois reconnaitre que le poisson frit est délicieux. Le principal choix des consommateurs est le Cod, comprenez morue, même si on peut trouver régulièrement une dizaine de choix de poissons dans ces Take away, tels que de la raie, de mémoire. Quand aux Chips, il s'agit de frites beaucoup plus épaisses que les Frites du Mc Do, généralement meilleures compte tenu de leur cuisson interne et de l'ajout fréquent de vinaigre. Bref, le tout est souvent volumineux, et j'ai rarement fini ma portion en une fois.

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Dans le quartier, j'ai récemment découvert un délicieux take away chinois et thaï. Pour un prix raisonnable, il offre de délicieux mets, bien plus "healthy" et aux saveurs autrement plus raffinées. Quoi qu'il en soit, le prix d'un repas dans ces take-away et fast food est généralement d'environ 7-8 euros, à Dublin. Les fast-food justement, parlons en ! Comme partout, le Mc Do est roi, mais son principalement concurrent aux states, le Burger King, est présent également sur O'Connell Street, les champs-Élysée dublinois. Le principal fast-food irlandais est le Supermacs, mais je n'ai jamais testé. De toute façon, il est clair que, comme mon actuelle professeur d'anglais nous le disait la semaine dernière, les jeunes irlandais ne connaissent quasiment, parfois même en famille, que la mal bouffe de type Hamburguers. De nombreux take away n'appartenant pas à une compagnie proposent ce type de restauration partout dans la ville...Le genre de bouffe à suivre, ou aucun légumes n'est proposé, ou l'odeur d'huile est présente dans tout le magasin et ou il faut éviter d'aller trop souvent. Tout comme le problème de l'alcoolisme, le problème de l'obésité me semble plus préoccupant encore qu'en France ou en Suisse...j'ai même récemment lu que l'Irlande a l'un des plus haut taux au monde d'obèses, et on peut le remarquer dans les rues.

Pourtant, toutes les familles irlandaises ne cuisinent pas forcément gras non plus. Si je prends l'exemple de la famille dans laquelle j'ai vécu durant 8 semaines en 2007, il est clair que la pomme de terre était très présente dans le repas, quasiment quotidiennement et sous toutes ses formes. Toutefois, la cuisine au beurre semble importante, même si les légumes sont très souvent cuits à l'eau. Quoi d'autres ? les irlandais apprécient le Garlic bread, les poivrons, mais il est intéressant de noter que, chose étonnante, les fruits de la mer et autres poissons sont peu consommées en Irlande. Les irlandais n'aiment pas vraiment cela, même si on peut noter la culture d'huitres dans la baie de Galway. Les fromages sont également très peu représentés en Irlande, pays ou pourtant les bovins et ovins sont présents en quantités non négligeables. Il existe quelques fromages du cru, que je n'ai pas encore gouté. Effectivement, il faut aller dans des magasins spécialisés pour les trouver. Dans les centres commerciaux, le principal fromage, ou plutôt tentative de fromage, est le fameux Cheddar, qui est en fait un fromage anglais, utilisé notamment comme fromage à râper. Voila une photo pour vous montrer à quoi il ressemble:

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On est loin d'un Gruyère, non ? La palette de fromages irlandais est clairement assez limitée, ce qui pourrait paraitre étonnant compte tenu de la production bovine et ovine de quantité et de qualité intéressante (les pâturages irlandais sont considérés comme les meilleurs d'Europe). Mais c'est un fait, les produits fromagers sont comptables sur les doigts de la main, et j'ai noté que plusieurs personnes n'appréciaient que moyennement le lait irlandais, moi le premier. Le fromage Philadelphia, marque internationale mais pourtant introuvable en France, est le principal fromage à tartiner. Au niveau du pain, le plateau de choix est également limité. Des petites baguettes de Cuisine de France et surtout beaucoup de pain de mie ! Je ne suis pas trop regardant au niveau de ce que je mange, mais vraiment, la aussi, le choix est très limité. On rencontre aussi quelques plats d'origines française, comme ces choucroutes. Appétissant??

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Voila pour finir un take away aussi typique que de plus en plus rare: une vendeuse de fruit ambulante. J'attends de mes compères passionnés de l'Irlande (Maeve, Larys, Estelle, voir les liens) qu'elles me disent s'il s'agit dune Molly Malone? Il me semble que oui, mais je n'en retrouve pas la preuve dans mon guide ou sur la toile. La "vraie" Molly Malone, représentée par une statue sur Grafton Street (voir message du 16/09/07) est un symbole de la ville. En tout cas, grâce à l'indication d'une copine, je suis allé dans un quartier que je ne connaissais guère, et suis bien tombé sur une de ces vendeuses.

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Plutôt original, non?  Du bon raisin pour 2 euros le sachet ! Pour en revenir à Molly Malone, je tiens juste à donner ces deux liens. Le message de Maeve, ici, avec la chanson de Sinnead O'Connor, et l'article de Wikipédia, . Voila, je vous laisse maintenant, car "it's time for a Guinness".

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30 janvier 2008

Irlande/Leinster - Les courses de lévriers

En ce mardi 29 janvier, nous sommes allés, mon frère David (qui est en Irlande depuis 15 jours) et moi-même assister à une distraction appréciée d'une partie des irlandais: Les courses de lévriers. Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout fan des courses hippiques de Cagnes-sur-mer ou n'importe quel autre hippodrome, mais étant la, à Dublin, pour découvrir à fond le peuple irlandais et sa culture, et ayant lu à plusieurs reprises la description du guide du Routard sur ses courses, je tenais absolument à voir ça. Et je n'ai pas été déçu. A Dublin, il y a deux stades consacrés aux courses de chien:  Shelbourne Park and Harold's Cross. Nous sommes allés dans cette deuxième place, située dans le sud de la ville. Je vais maintenant vous compter le déroulement d'une course, qui, selon le Routard, a quelque chose de vraiment insolite.

Ainsi, nous entrons dans le stade. L'entrée est payante, 10 euros. Tout de suite, de nombreux irlandais sont la, observant les résultats des premières courses, réfléchissant à leur paris. Le stade est composé, au rez-de-chaussée, d'estrades extérieures. La, c'est cheveux (ou plutôt béret) au vent et cigarette à la bouche que les bons vieux Dublinois viennent parier auprès des bookmakers, criant d'une voix de Stentor un incompréhensible "Viens parier ici, tête de nœud" (Interprétation personnelle, car je n'ai rien compris). Le Routard les décrit bien, en parlant de leur concentration envers la foule en délire (j'exagère un peu). La, on se sent en Irlande, dans la bonne vieille Dublin, et on imagine ces courses avec des estrades pleines (c'était loin d'être le cas aujourd'hui), sous le vent et la pluie, et pour tenir le coup une bonne Guinness pour tout le monde.

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Après avoir assisté à deux courses en bas, nous décidons de quitter les hommes-berret pour aller voir l'étage supérieur. Cette fois-ci, ca change. Famille avec plusieurs générations représentées, dégustant vin et bon repas, et suivant les courses sur petit-écran, encore plus passionnément, et en tout cas mettant plus d'ambiance. Bref, un public clairement différent. Des dames d'un certain age nous conseillent même sur les paris. Finalement, nous sommes la, alors parions et concentrons nous sur la course...

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Ainsi, à chaque entrée, il nous est distribué un petit cahier avec les détails de chaque course. C'est la dessus que tentent de se référer une bonne partie des parieurs non chevronnés. Tout est décrit. L'animal et ses caractéristiques (nom, poids, age), les courses précédentes (dates, positions au départ, temps, classement) etc. Après avoir plus ou moins compris le truc, nous décidons de miser deux euros pour une course...Et c'est parti, et je peux vous dire que ca rend les courses nettement plus attrayantes! Les paris ouverts jusqu'à la dernière seconde, sont fait. Les hommes-berret au rez-de-chaussée laissent le match de foot pour se précipiter sur les estrades. A l'étage supérieure, une mamie avale sa patate en regardant abasourdie les chiens...Effectivement, chaque coureur et son chien sont très brièvement présentés. Puis, après une minute de dégourdissement sur le stage, les chiens entrent dans leur boite. Attention, Dring la sirène retentit. Le faux-lapin mécanique est lancé. Il arrive à toute allure au niveau des cages. Elles s'ouvrent. Vlan c'est parti, le n°4 prend la tète et ils finissent tous par courir à environ 80 km/h. La course dure 1 tour soit environ 500 m. Ça va vite. Les personnes crient, d'autres tombent en malaise et certaines autres encore sont réanimés par les urgences (La aussi j'exagère un peu !). Puis, 30 secondes plus tard, c'est la ligne d'arrivée. Quelques personnes ont gagné, beaucoup ont perdu: c'est la dure loi des jeux d'argent !

7 novembre 2007

Irlande/Munster - Le Ring of Kerry

Samedi 3 novembre 2007. Je quitte ainsi Dingle et arrive a Killarney, porte d'entrée de la région du Kerry, vendredi soir. Killarney est une petite ville agréable, assez vivante. Je ne prendrais pas le temps de la visiter, même si rien n'est réellement intéressant. Il s'agit plus d'une étape idéale pour visiter le Kerry par la route le traversant et formant un anneau, le ring of Kerry. Après avoir passé une soirée avec deux français dont un fréquentant le même bar que moi en Haute-Savoie, me voila donc parti de bonne heure pour une journée de bus faisant le tour du Kerry. Le premier arrêt du bus se fait au niveau d'un café et d'un petit "musée" consacré aux tourbières. Des ce moment, nous avons une idée des paysages que nous allons traverser durant la journée.

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Nous reprenons la route, pour s'arrêter plus tard au bord d'une superbe vue sur la péninsule de Dingle. L'endroit est très agréable, un vrai bonheur.

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Nous continuons à longer la côte. Paysages garantis. Puis, plus à l'intérieur des terres, certaines spots sont fabuleux. Une rivière et sa zone alluviale par ci, un mont avec quelques moutons par la. Le paysage est encore très différent des trois autres régions de l'Ouest que j'ai visité (Burren, Aran islands et Connemara). Cette fois ci, il offre des couleurs plus proches du brun que du vert, même si, et c'est une caractéristique du Kerry, la variation de paysages et de couleurs est plus importante qu'ailleurs.

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La balade continue avec toujours autant de splendides paysages. Nous faisons ensuite une pause de 30 minutes dans le petit village de Sneem, agréable bourg très coloré.

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Enfin, le ring of Kerry se termine par la traversée d'une partie du Killarney National Park. Les paysages, que l'on s'imagine mal avec ces photos, sont absolument splendides. La couleur des lacs par exemple, un gris foncé très métalliques, est extraordinaire. Le Kerry offre vraiment des paysages splendides, qui m'ont plus ébahis que ceux du Connemara par exemple.

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Le Kerry est une région d'Irlande à voir absolument. Cette semaine sur la cote ouest fut très intéressante. Difficile de dire ce que j'ai préféré, tellement les paysages étaient différents. Après cette belle journée dans le Kerry, je pris le train puis le bus pour retourner à Dublin. J'arrive samedi soir, tard, bien fatigué mais content, car ayant vraiment l'impression d'être allé dans l'Irlande profonde. Un jour plus tard, je prends l'avion pour Madrid. J'ai effectivement décidé de visiter un petit bout d'Espagne afin de revoir une amie et voir s'il serait possible d'y apprendre l'espagnol...maintenant, ou dans le futur.

4 novembre 2007

Irlande/Munster - Dingle

Mercredi 31 octobre, jeudi 01 et vendredi 02 novembre 2007. Après une nuit faite de nouvelles rencontres dans la festive Galway, je prends le bus en ce mercredi 31 octobre 2007. Direction: Dingle. Cette commune se trouve bien plus au sud de l'Irlande, mais également sur la cote ouest. J'y étais allé dix ans auparavant, et même s'il me restait très peu d'images en  tête, je me rappelais très bien que j'avais beaucoup apprécié ce petit port de pèche. Après 6 heures de bus et deux changements, j'arrive en milieu d'après-midi au centre ville. Mais cette fois-ci, je ne suis pas allé dans une auberge de jeunesse. Non, pour la première fois, j'ai fait du couchsurfing. Peut-être ne connaissez vous pas ce "phénomène" qui a de beaux jours devant lui...alors pour comprendre ce que c'est, voila le lien wikipédia et surtout l'adresse du site.

J'appelle mon couchsurfeur, Rob, un sud-africain vraiment sympa. Me voila donc logé chez un habitant de Dingle (une chambre pour moi tout seul, quelle classe!), et c'est parti pour deux jours de rencontres de nouveaux irlandais et de la fête qui va naturellement avec. Je reste tranquille ( en fait, je suis claqué et dors deux heures). Le soir, je rencontre Mark, coloc de Rob, et Louise, sa petite-amie. Quelle bonne soirée! En dégustant quelques boissons alcoolisées, nous parlons de nombreuses choses, tels que la langue gaélique, la péninsule de Dingle etc.

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Avec les iles d'Aran, la péninsule de Dingle est une région très irlandophone. Le gaélique est parlée de manière courante par la majorité de la population. Effectivement, l'éducation se fait a la sauce gaélique: ainsi, l'enseignement a l'école primaire se fait entièrement en irlandais. Si les enfants parlent anglais pendant les heures d'école, ils sont punis et doivent rester plus longtemps en cours. De plus en plus, l'enseignement dans les lycées se fait aussi en gaélique. Ainsi, certains nouveaux lycées ne dispensent leurs cours qu'en gaélique (notamment a Ballyferriter), ce qui n'est pas sans poser un problème d'intégration, notamment pour les nombreux immigrés polonais venant s'installer pour le long terme en Irlande. Ils se retrouvent obligés d'apprendre cette langue si leurs enfants veulent pouvoir aller a l'école. Dans les lycées ou l'enseignement se fait en anglais, les étudiants passant leur contrôles en langue irlandaise se retrouvent avec un bonus final de 10%. Cette discussion avec Mark et Louise, parlant eux même l'irlandais, était très intéressante. Ils m'ont écrit quelques phrases en irlandais. Voila donc ce qu'il faut dire quand vous rencontrez un bon irlandais dans un pub:

HOW ARE YOU ? →  CONAS A TÁN TÚ ?

I AM GOOD → TÁ MÉ GO MAITH

THANK YOU → GO RAIBH MAITH AGUT

YOUR WELCOME → TÁ FAILTE ROMHAT

CHEERS → SLAINTE

Le lendemain, me voilà parti a la découverte de Dingle (après avoir avalé un fish and chips). Il s'agit donc d'un petit port de pêche très typique et vraiment génial. Un vrai coup de cœur. Les maisons sont de toutes les couleurs, les gens y sont très agréables, les bateaux de pèche sont omniprésents. Attention toutefois à l'aquarium de la ville, très cher pour ce qu'il propose.

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Le soir, un deuxième couchsurfeur (un belge très sympa) arrive, et c'est reparti pour une nouvelle soirée: après un bon plat de pâtes, nous voila dans un pub de la ville. Les guides disent souvent que la meilleure musique irlandaise s'écoute dans l'ouest du pays. C'est vrai. En tout cas, le concert auquel nous avons insisté était vraiment bien.

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Je rencontre une irlandaise jouant de la Tin Whistle (flute irlandaise). Peu de temps avant, une copine de Rob nous avait fait de splendides morceaux irlandais et slave avec sa seule flute. Quel plaisir. Je rencontre aussi Éric, un lyonnais expatrié a Dingle depuis 6 ans, et jouant du Bodhran (photo ci-dessous, a gauche), un autre instrument typique de la musique irlandaise (percussion). Il m'explique que la plupart des concerts dans le pubs ne sont pas payés, et que bien sur, un boulot alimentaire est obligatoire. Le banjo (je pense) fait aussi partie des instruments utilisés durant ce concert.

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La soirée se termine en musique, chez Rob et Mark: guitare, flute, et chansons. Ma première expérience de couchsurfeur restera un très bon souvenir. Le lendemain, nous avons quelques heures (Stean, le second couchsurfeur, et moi), pour visiter la péninsule, un des plus beaux endroits de l'ile. Pour dire d'économiser un peu, nous partons le pouce en l'air au bord de la route. Le stop n'aura pas bien marché, et finalement nous n'avons fait qu'une courte part de la péninsule. Ma fois, ce sera pour un prochain voyage ! Voila quelques photos prises le long le long d'une portion de la Slea Head Drive, faisant le tour de l'ouest de la péninsule. Sur cette route, le noms des villages est écrit seulement en gaélique (a gauche, il s'agit du nom irlandais de Dingle).

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Un peu déçu de ne pas avoir vu l'extrémité ouest de la péninsule, je pars en direction de Killarney, principale ville du Kerry, après avoir acheté une flute irlandaise et un DVD pour apprendre quelques morceaux. C'est décidé, ma passion pour la musique l'emporte et j'apprendrai cet instrument, 15 ans après avoir arrêté la flute a bec classique, et en complément de mon intérêt pour la guitare classique. Killarney et le fameux ring of Kerry m'attendent...et ne me décevront pas !

8 mai 2007

Irlande/Leinster - Glendalough, la " Vallée des deux lacs"

Lundi 7 mai. Excursion dans la magnifique vallée des deux lacs, là aussi dans le comté de Wicklow. Le voyage en bus m'a dévoilé de très beaux paysages irlandais, et la balade dans cette superbe vallée, où le temps à alterné entre le grand soleil et la pluie, a constitué le point fort de ces trois premières semaines, sans aucuns doutes possibles. D'une beauté romantique et paisible, cette vallée oscille dans des variations de couleurs très prononcées. Ainsi, il y a les monts Wicklow, dont les sommets sont d'un marron sec et vierge de toute végétation arborée. Le monastère, fondé par Saint Kévin (un ermite)au 6ième siècle, a été construit dans des pierres foncées, comme beaucoup de châteaux irlandais, et est splendide. Devenu l'abbé du monastère de Glendalough en 570, Kévin mourut en 617. Pendant 6 siècles, l'endroit continua à rayonner dans toute l'Irlande. Mais les raids vikings, l'invasion des troupes anglo-normandes au 12ième siècle, puis celle des armées anglaises précipitèrent le déclin de ce haut-lieu du christianisme celtique. A partir du 15ième siècle, la lumière de Glendalough était déjà éteinte, laissant à leur solitude ces formidables pierres sculptées et ces croix si énigmatiques. Le monastère se compose des restes de la cathédrale, de la tour encore très préservée et des différentes tombes dont l'unique source d'existence consiste en leur croix celtique, sortant de terre de manière anarchique...dépaysement paysager assuré. 

 

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La forêt offre une importante palette de verts.

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Quand aux lacs, ils sont d'une couleur très sombre, un gris noir certainement du aux sols tourbeux de la région. Superbe Glendalough...

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Et au milieu coule une rivière...

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22 juillet 2007

Irlande/Leinster - Le pub, une institution irlandaise

Dublin, centre-ville, un samedi à 4 heures du matin.

 

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Ce n'est pas à Lausanne que j'ai vu une telle animation! Mais d'où sortent toutes ces personnes? Des pubs bien sur ! Le pub est une institution ancestrale en Irlande: c'est clairement le lieu de vie sociale prédominant des irlandais, et il a beaucoup plus d'importance qu'en France. Les pubs irlandais sont assez caractéristiques: boiseries sombres, odeur spéciale mais agréable due au bois et à la bière, Guinness à toutes les tables, et souvent, des concerts de musique populaire et traditionelle. Les chansons à boire sont d'ailleurs assez nombreuses et très appréciées des irlandais...et des touristes! Ainsi, le pub est le lieu de sortie favori des irlandais. Tout le monde s' y retrouve, et la tranche d'age est très grande. Les irlandais parlent de socializing. Et cela constitue la plus grande partie de leur vie sociale. Pour un petit francais comme moi, je dirais même que c'est un peu trop, même si c'est très sympa. Effectivement, à côté de ce lieu de sorties, les autres lieux de vie sociale et culturelle sont bien moins représentés: peu de concerts, peu de musées, peu de théâtre, et bien sur des cinémas projetant surtout les productions hollywoodiennes. Certains pub ont une décoration vraiment sympa. Prenons l'exemple du café en seine, à Dawson Street.

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Decors impressionants, Profondeur étonnantes, et pas de fumée de cigarette! Une vraie réussite, tout le monde est d'accord sur ce point, fumeurs, ex fumeurs, non fumeurs. Vivement février 2008 en France ! En conclusion, il est sympa de voir une fois dans sa vie les pub irlandais et leur atmosphere si speciale. Mais avec modération !

3 novembre 2007

Irlande/Connaught - Inishmore (Iles d'Aran) (2)

Mardi 30 octobre 2007. C'est seul avec mon vélo et sous un temps nuageux que je pars donc a la découverte de l'ensemble de l'ile d'Inishmore, après en avoir vu un petit morceau la veille. Nous sommes mardi 30 octobre. La veille au soir, je passais la soirée en compagnie d'autres vacanciers venus d'horizons divers (Australie, Canada, Italie). Nous étions allé dans un pub du Kilronan pour apprécier l'ambiance locale, les discours de bistrot en gaélique. Une bien bonne soirée. Me voila donc de bonheur (lapsus révélateur) sur les chemins d'Inishmore, seul au monde. Quel plaisir !

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En m'approchant d'un point de vue sur une colonie de phoques (je ne verrais finalement que trois phoques en train de nager...on est loin de l'Alaska!), je tombe sur un superbe petit lac avec de nombreux oiseaux d'eau douce: cygnes, oies et nombreux types de canard...Ma passion ornithologique remonte a la surface et c'est de longues minutes que j'observe ce petit coin de paradis.

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Puis je vais sur la plage, observe de nouveaux oiseaux (marins cette fois), les phoques, les twelve bens du Connemara, ou encore les nombreuses algues déposées sur la plage.

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Me revoilà parti sur la route. Je m'arrête régulièrement manger des mures, en très grande quantité sur l'ile, et prendre des photos des deux vaches du champ X, des trois chèvres du champ Y. Ici pas de gros élevages. Les nombreuses parcelles sont pour la plupart désertes, mais tout de même, de temps a autre, on croise un peu de bétail. Je tombe aussi sur une superbe plage.

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Puis, une légère bruine commence a humidifier mes vêtements. Je n'accélère par mon rythme pour trouver un abri, restaurant touristique. Ce moment est ancré dans ma mémoire. Je suis "perdu" en vélo sur un territoire profondément irlandais, il pleut, je commence a être bien mouillé. Je ne me suis jamais senti aussi irlandais en six mois: le bonheur a l'état pur.

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Je rejoins un restaurant, mange une délicieuse soupe accompagnée d'une apple pie, puis vais voir une attraction importante de l'ile: Dun Aengus. il s'agit sans doute d'un des forts préhistoriques les mieux conservés d'Europe. Il est de forme semi-circulaire. L'arrivée au fort débouche sur une falaise de 90 mètres de haut: cela pourrait expliquer la forme du fort: certains de ne pas être attaqués par la mer, les constructeurs n'en auraient fait que la moitié. L'origine du fort remonterait a 1100 av J.C. Je n'en dis pas plus, voila quelques photos des paysages observables dans cette partie de l'ile.

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Puis, je rentre a Kilronan, et rencontre un couple d'italien très sympa. Lui est un photographe chevronné (il a gagné des concours nationaux dans son pays), et il me donne des critiques et conseils sur certaines photos. Nous allons dans un bar, il m'aide alors a bien préparer la photo que voici. On analyse l'endroit, l'atmosphère qui se dégage, avec les couleurs, les irlandais etc. La photo est plutôt réussie, même si malheureusement le focus s'est fait sur le fond du bar plutôt que sur les deux irlandais. Je ne pourrais pas reprendre la photo, d'autres personnes s'installant en direction du pub, mais cette rencontre et les conseils que le photographe m'a donné m'ont vraiment envie d'améliorer mes connaissances de la photographie, art absolument passionnant mais dont je ne connais...rien. Je quitte donc Inishmore après deux jours étonnants. On ressent sur cette ile toute la rugosité des paysages, de la géologie et de l'Histoire et la vie des irlandais. Au niveau ornithologique, je me suis régalé. C'était vraiment deux jours intéressants, on se sent ici dans les profondeurs de l'Irlande, vraiment. Je prends le bateau, puis retourne a Galway. Et le lendemain, départ pour Dingle.

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Une Souris et des Hommes
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