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Une Souris et des Hommes
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22 avril 2007

Irlande/Leinster - Howth, première sortie en dehors de la ville

A Howth, qui se trouve au nord est de Dublin, il y a trois choses à voir principalement : le village, le château (Howth Castle) avec son parc de rhododendrons, qui commencent à être en fleurs, et la vue sur Dublin. Un château du 13ième, propriété d'une famille anglo-normande, non visitable. Les couleurs sont bien sur très différentes de ce qu'on peut voir en France ou en Suisse, et j espère que ça pourra vous donner un petit gout de l' Irlande...

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Ce château possède un magnifique parc de Rhododendrons, encore loin d'être tous en fleur. les plantations ont été effectuées en 1850 par lady  Emily St. Laurence, qui fit monter de la terre en haut de cette colline abrupte pour y faire pousser une espèce de Rhododendrons. Aujourd'hui, il y a plusieurs espèces aux coloris variés, de blanc a violet epassant par le rose. La plupart des espèces ne sont pas encore fleuries, et vous pourrez donc admirer de nouvelles photos d ici quelques semaines (mi mai)...

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J'escalade ensuite la colline à travers le parc de rhododendrons, puis à travers une végétation de type bruyère, soit  plus irlandaise.. Une des variétés de plantes était en fleur, c'est ce qui donne ce coloris jaunes aux photos prises ci-dessous. Je ne connais pas son nom, mais c'est une essence très commune en Irlande. Cette première ballade dans la nature irlandaise m'a permis de voir une très petit échantillon des paysages qui m'attendent dans les mois à venir.  

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Le sommet offre une vue intéressante sur la baie de Dublin et sur les surfaces de cette bruyère en fleur. Malgré le temps gris, certaines photos agréables peuvent être réalisées. 

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4 octobre 2016

France/Auvergne/Puy-de-Dôme - Une année à Clermont-Ferrand

Ah, la Terre du milieu. Belle image que le Gorafi a proposé comme nom de la nouvelle région Auvernge-Rhône-Alpes. Mes quelques représentations sur l'Auvergne et sa préfecture régionale, Clermont-Ferrand, étaient plutôt négatives. Une opportunité de logement m'aura induit à m'y installer temporairement...et quelle excellente surprise ! Et pourtant, certains reportages le confirment, la ville souffre plutôt d'une mauvaise image pour beaucoup de Français de métropole, et n'attire pas plus que cela. Pour pallier à ce déficit, la collectivité régionale donne des coups de mains financiers...mais pourtant, quelle qualité de vie !

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Printemps 2015. Il y a encore de la neige sur le Puy-de-Dôme. Il fait froid dans les petites ruelles qui mènent au Home Dome. D'un coup, je retrouve Jana, une copine allemande rencontrée dans le cadre d'un engagement au sein de l'Alliance européenne des organisations du service volontaire international, qui est présente en Auvergne dans le cadre d'une formation européenne pour les formateurs d'animateurs. Ce jour là, je me demande bien dans quelle ville j'ai mis les pieds. Car c'est la connotation de grisaille qui prédomine dans mon imaginaire : les couleurs lave des bâtiments, et bien sûr, l'industrie pneumatique bien connue.

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Mais rapidement, le ton change. Grâce à la découverte d'un excellent café-lecture, le café des Augustes, et du centre-ville : le jardin Lecoq, la place de Jaude, les ruelles vivantes, les multitudes de terrasses un peu partout, la cathédrale qui surplombe la ville et en offre au grimpeur une vue à 360°. Clermont-Ferrand fait sans doute partie de cette France des métropoles que décrit le géographe Christophe Guilly dans son livre médiatique sur la France périphérique. Selon lui, miroir des dynamiques économiques et sociales, les métropoles constituent des vitrines de la mondialisation heureuse, et illustreraient la société ouverte, déterritorialisée, où la mobilité des hommes et des marchandises est source de création d'emplois, de richesse et de progrès social. Dans ces territoires dans lesquels sont inclues les quartiers des politiques de la ville, les dynamiques de gentrification et d'immigration ont en effet donné naissance à des territoires très clivés, favorisant ainsi une inégalité sociale et culturelle sans précédent. Mais pourtant, si les tensions sociales et culturelles sont bien réèlles, le dynamisme du marché de l'emploi permet une intégration économique et sociale, y compris des personnes précaires et immigrées. A Clermont-Ferrand, un des symboles de la ville est la muraille, barre HLM assez impressionnante mais située à quelques centaines de mètres des bâtiments universitaires. En opposition, la France périphérique, territoires à l'écart des métropoles, serait la source des futures radicalités sociales. Il est intéressant de lire ce genre d'écrits de géographie ou sociologie et de réfléchir à son propre vécu dans la société française, ou toute autre territoire. En reprenant l'exemple de mon expérience de vie à Ambérieu-en-Bugey, il y a des comparaisons possibles entre la relative solitude sociale vécue à l'époque, parfaitement mise en opposition avec des évènements interculturels tels que les soirées couchsurfing, polyglottes et concordia vécues ponctuellement à Lyon. Finalement, bien que le Bugey soit une région agréable à vivre pour une personne souhaitant s'installer en campagne, il est certain que le vécu dans la France des métropoles est plus riche en échanges interculturels. A Clermont-Ferrand, je retiendrai avec plaisir le fait que mes anciens voisins étaient chinois, et ont été remplacés par des étudiantes algériennes.

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Alors oui, à titre personnel, cet interculturel quotidien est vécu de manière très heureuse, même si, malgré cette prise de position utopiste dans laquelle j'imaginais que ce pourrait être le cas pour tout le monde, il ne l'est pas pour tous, à l'image de cet homme qui a méchamment demandé à un voisin de rue de retourner dans son bled. Quant à Clermont-Ferrand, c'est donc une belle surprise. Et puis qui dit Clermont, dit Auvergne. Et prendre le temps de visiter les petits villages aux alentours de la préfecture n'est que source de plaisir. Alors oui, ces fichues représentations qu'on peut avoir sur un territoire, une région, un pays, gare à elles et aux erreurs de perception qu'elles peuvent induire !

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20 mars 2016

France/Guyane - Flashback : Annemasse, septembre 2008

Il est toujours intéressant de capitaliser sur une expérience de mobilité internationale ou ultramarine en la resituant dans un contexte plus général ou sociologique. En effet, l'historique de ce blog présente notamment une expérience personnelle et professionnelle d'un an en Guyane française...or, pour un métro lambda n'ayant pas beaucoup voyagé avant 2007, cette expérience est forcément assez intense, car le territoire guyanais offre beaucoup de "nouveautés" par rapport au bassin lémanique. Or, ma connaissance de la Guyane, avant cette expérience, se résumait à quelques grandes représentations et images floues sur le territoire.

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Les quelques images floues que j'avais de la Guyane avant de partir : le spatial, les bestioles, la forêt. Habituel, comme on va le voir.

La lecture d'une thèse de doctorat en sociologie sur les métropolitains en Guyane, soutenue il y a 10 ans par Marion Thurmes, téléchargeable sur la toile, offre une variété d'informations sociologiques sur les métros, de quoi continuer à capitaliser sur cette petite expérience d'un an, bien qu'elle commence à dater. Un travail d'enquête a notamment été réalisé auprès d'un échantillon non représentatif de la population métropolitaine en Guyane. D'une part, il est sympathique de resituer sa propre expérience de mobilité dans celle plus générale des métropolitains qui s'installent en Guyane. D'autre part, il est aussi sympathique de situer son expérience en parallèle avec les représentations des habitants habituels de la Guyane. Le lecteur lambda de ce blog, s'il fouille dans les pages historiques présentant l'expérience guyanaise, peut en effet y voir quelques photos qu'il est possible d'interpréter :

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Message du 3 mai 2010 - Un samedi soir avec une partie des copains de l'époque : mais alors, Manu, qu'avec des métros pendant un an ?

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Message du 3 novembre 2008 : pour un métro lambda, "tout est nouveau", mais pour l'habitant de Guyane, le métro, lui, est "tout sauf nouveau"

Alors bien sûr, derrière ces quelques lectures et réflexions sociologiques, n'oublions pas que rester soi-même suffit souvent à nourir de belles relations. Mais quand même, il est clair que "je", comme d'autres métropolitains qui débarquent sur le sol guyanais, suis arrivé avec quelques vagues images et représentations du territoire, et que "je", comme d'autres métropolitains, suis aussi source de représentation pour les habitants de Guyane. Est-ce normal ? Qu'en dit Marion dans sa thèse? Quelles sont les représentations de la Guyane avant la migration, pour les métropolitains en général ? Un peu de recopiage de cette thèse passionnante. Comment se construisent les représentations sur la Guyane, alors que l'individu n'est pas encore sur le territoire? On pourrait penser que les images sur la Guyane découleraient de l'histoire que l'on a appris à l'école. Pourtant (dans l'enquête), les individus ne parlent jamais de leur éducation scolaire, il semblerait que ce que l'on apprend à l'école en métropole sur les DOM-TOM soient assez limité. L'acquisition des images se fait par trois moyens principaux : la documentation, les relations personnelles et l'expérience.

La documentation est constituée de différents supports : guides touristiques, sites internet, affiches publicitaires, reportages vidéos. Alors, Manu, tu t'es documenté ? Ben oui, un peu ! Guide touristique, un des seuls qui existe est le petit futé, et il ne permet pas vraiment de mieux se représenter le département; sites internet, celui de mes potentiels employeurs (notamment l'administration sanitaire lors d'un entretien pour un autre poste); Et les reportages vidéos, alors là, attention ! Car on le sait tous, nos chers journalistes télé en font, de la désinformation ! Et à l'époque, aucun Guyanais n'a oublié le reportage d'Enquête exclusive sur la Guyane et son insécurité. Un ramassis de conneries dans lequel on voit notamment des dealers vendre de la drogue en pleine rue. Hé ben, alors, qu'est-ce que c'est original ! Parce qu'à Lausanne, ville de ma période étudiante, c'était pas pareil peut-être ? Bref, passons.

Ensuite, les relations individuelles sont aussi sources d'images. Ces dernières circulent librement dans les conversations. Les individus qui sont allés en Guyane renvoient une image largement positive de ce territoire contrairement à ceux qui n'y sont jamais allés. Ainsi, les Métropolitains de retour en métropole (en tout cas une partie) deviennent des ambassadeurs du département et contribuent à la dynamique de la migration en transmettant cette image positive. Beaucoup sont finalement venus parce qu'ils ont entendu parler de la Guyane en termes positifs par des relations plus ou moins proches. Dans mon parcours, il est vrai que le fait que j'ai un ami sur place m'a incité en partie à venir. En effet, cela faisait une quinzaine d'années que j'échangeais avec lui sur son expérience kouroutienne, et forcément, cela donne envie d'aller voir sur place. Alors venir, oui, mais à la condition de trouver un poste en adéquation avec ma formation en ingénierie de l'environnement et aménagement du territoire ! Et surtout, de le trouver avant de partir. Car malheureusement, la Guyane de 2008 n'est pas l'Irlande de 2007, fonctionnant en plein emploi. Mais est-ce que je serais allé en Guyane sans avoir cette connaissance sur place ? A vrai dire, difficile à dire.

Ainsi, la lecture de cette partie sur l'avant-départ montre à quel point cette expérience de mobilité s'est construite de manière on ne peut plus normale : des représentations et images très floues, comme celles de la majorité des métros. Des représentations de deux grands types : la Guyane, comme espace naturel : l'environnement naturel, la situation géographique; la Guyane, comme société : une société multi-culturelle, des notions historiques comme le bagne.

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La période du bagne en Guyane, principale image historique qui m'est évoquée en France métropolitaine, encore aujourd'hui

La Guyane comme environnement naturel 

La situation géographique. Hé oui, bosser une année dans un territoire situé sur le continent sud-américain : voilà une belle idée ! Et cette situation géographique m'attirait particulièrement lorsque je postulais aux offres. La position géographique est une distance avec la métropole, un sentiment d'éloignement. Là, aussi, autre intérêt qui m'attirait : partir loin, vivre en dehors de l'Europe continentale pour la première fois! Eloignement synonyme d'exotisme, caractéristique d'un changement de cadre.

La Nature, entre hostilité et attirance. Plutôt positives pour les métropolitains enquêtés (53%), et pour moi aussi. Bien sûr, évidemment, les serpents et la forêt. Et forcément, pour tout amateur d'observation naturaliste, la Guyane est au top. D'ailleurs, le mythe de la forêt hostile ne semble plus aussi tenace dans l'esprit des individus que ce que l'histoire aurait pu le présumer. Dans les représentations négatives, le climat apparaît comme redouté, reste des représentations transmises par l'histoire qui associent le climat humide aux maladies incurables: "le ciel est brumeux, couvert, humide", "la chaleur est oppressante". Il faut remarquer que nombreux sont les Métropolitains qui viennent avec une appréhension plus ou moins grande sur ce qu'ils vont vivre...oh, Manu, la veille du départ, autour d'une bière avec quelques anciennes amies...je me rappelle encore de cette "foudre" ressentie une seconde en m'interrogeant de ce que j'allais vivre là-bas.

La Guyane comme société

Des notions historiques: le bagne. Les images concernant la société sont moindres et celles concernant l'histoire sont quasiment nulles, dans l'échantillon non représentatifs des métropolitains enquêtés. Il y a quelque images liées au bagne, rien d'autre. Idem me concernant.

La société guyanaise: en développement, tranquille, multiculturelle. Un territoire en développement. Représentation exacte me concernant, au niveau démographique, et c'est ce que le chef de service qui m'avait embauché m'avait expliqué. Le spatial, particulièrement médiatisé dans les médias métropolitains. Représentation exacte également.

Alors voilà. Finalement, la majorité des métropolitains qui partent vivre et travailler en Guyane n'ont pas vraiment une image unique de la Guyane avant d'y venir. Les représentations sont globalement plutôt positives ou plutôt négatives pour un individu : elles sont en tout cas nuancées puisque aucune image négative n'est assez forte pour empêcher la venue d'un individu présent en Guyane. Et finalement, en recadrant mon départ dans ce contexte plus sociologique, on se rend compte à quel point il était on ne peut plus "normal". La suite bientôt !

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Septembre 2008. De la savane, de la forêt, une grue...

4 octobre 2015

Une souris et...David : mon frère, ce photographe

Un des facteurs limitant la rédaction d'articles sur ce blog est le manque de possibilité de progresser en photographie. En effet, l'appareil utilisé est bien, un petit compact lumix, mais reste un peu limitant quand il s'agit de progresser. Et puis investir dans un appareil réflex et ses filtres est tentant, à condition de l'utiliser derrière. Et de savoir développer les photos numériques avec des logiciels tels que photoshop. Dans ce domaine là, mon frère David est un bon : graphiste de formation, il s'est mis à la photographie il y a quelques années, constatant qu'il était utile de développer la compétence, et par plaisir aussi, bien sûr. Et avec son appareil réflex et sa bonne connaissance de photoshop, autant dire qu'il a la possibilité de produire des clichés de grande qualité.

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Voyage en Islande. Trois semaines passées avec quelques potes à lui dans ce pays dont les couleurs et paysages forment un doux mélange entre réalité et peinture. Trois semaines à aller de scène en scène, à voiture ou à pied...à camper dans une nature sauvage et préservée.

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Voyage en Norvège. Restons dans le Nord de l'Europe et allons voir un petit bout de Norvège...pas beaucoup de photos, du fait des mauvaises conditions météorologiques...mais tout de même, voilà un petit havre de paix. Photographie de juin 2015.

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Excursions dans les Alpes. Car la photographie en milieu montagnard offre une variété de possibilités.

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Et pour finir, n'oublions pas la montagne des Genevois, ce beau Salève. Une prise de vue faîte un beau dimanche après-midi, depuis l'observatoire. Ses autres photos sont ici. Ces petits trésors donnent vraiment envie d'investir dans un appareil photo de meilleure qualité. Un jour, peut-être !

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31 décembre 2014

France/Rhône-Alpes/Ain - Une journée à Ambérieu-en-Bugey

Il est pafois sympathique de réfléchir aux stéréotypes qu'on peut avoir sur un territoire, à toute échelle : de la ville au pays, en passant par la région ; des espaces ruraux au centre-ville des métropoles, en passant par les banlieues ; Dépasser ces représentations est souvent possible lorsqu'on a l'occasion d'aller vivre dans ces lieux. C'est depuis longtemps que je me posais la question de mes capacités de socialisation et d'intégration en milieu rural; Ayant eu la possibilité de m'installer à Ambérieu-en-Bugey dans le cadre d'un emploi, ce questionnement allait pouvoir être mûri ! En effet, Ambérieu est une petite ville d'environ 18 000 habitants située au sein d'un territoire rural : comment s'y adapter ? Revenons à nos outils utilisés à Dublin et Cayenne : école de langues, couchsurfing, colocations. A Ambérieu : niet ! Plusieurs raisons : une dynamique couchsurfing vierge, idem pour l'offre de colocation, ou presque. L'âge joue aussi un rôle : la trentaine entamée, pas forcément les mêmes envies qu'à 20 ans, âge de la majorité des personnes rencontrées dans les quelques pubs où se retrouvent les jeunes ambarrois n'étant pas partis dans les villes universitaires. Bref, rien d'extraordinaire, finalement. Mais cette simple constatation oblige à d'autres approches pour tenter de se créer une vie sociale en dehors des rencontres faîtes via le travail.

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Un lieu stratégique du socializing ambarrois : le jacuzzi de l'espace Laure Manaudou ! Oui, à défaut de se faire des potes à l'aide des moyens traditionnels, essayons le sport. La piscine en tant que telle, cela ne marche pas. Mais l'espace Manaudou offre aussi un espace détente, composé notamment d'un jacuzzi : que de rencontres dans ses bulles ; des gitans dans un jacuzzi : "pourquoi roulez-vous avec de vieilles mercedes"? Pas de réponse, tanpis ; des rugbymen dans un jacuzzi : "non, non, je ne suis pas l'un des vôtres". De nombreuses autres rencontres, mais pas vraiment de lien crée finalement. Force est de constater que l'intégration dans une petite ville rurale de France métropolitaine, quand on est seul, en début de trentaine, est bien plus difficile qu'à Dublin ou Cayenne. Et encore, j'avais la voiture...de quoi découvrir les petits chemins perdus et prendre quelques photos des beaux couchers de soleils locaux.

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Ah, la voiture ! En milieu rural et périurbain, la dispersion de l'habitat, la concentration des services dans les bourgs-centre et par conséquent l'allongement des distances parcourues tendent à créer une forte dépendance à l'égard du véhicule personnel. Les ménages ne disposant pas de moyens de locomotions propres, par choix ou par nécéssité (absence de permis de conduire, incapacité à conduire, contrainte financière etc) sont dépendants des transports publics ou des systèmes de solidarité. Or, dans les zones peu denses, les transports publics réguliers ne proposent pas toujours un maillage assez fin ou une fréquence suffisante pour permettre à l'ensemble de la population demandeuse d''accéder aux services selon les modalités que l'on peut trouver en milieu urbain (arrêt de bus trop éloigné, horaire inadapté à certaines démarches). L'absence de véhicule personnel, qui touche principalement les jeunes, les personnes âgées en perte d'autonomie et certaines personnes en parcours d'insertion professionnelle, contribue à créér localement des situations d'isolement, voire d'exclusion. Concernant les jeunes habitants des milieux ruraux, si le transport scolaire est bien pris en compte, les besoins de déplacements pour accéder aux loisirs sont réels. L'accès aux activités extrascolaires relève du transport privé. Le transport est principalement assuré par les parents. En cas d'impossibilité ou d'absence de système de solidarité, la pratique de telles activités peut être exclue. C'est pourquoi la liaison vers les pôles de loisirs et d'activités culturelles et vers les équipements sportifs est fortement demandée de la part des jeunes. C'est pour pallier à ces difficultés de transport que la commune de Grenay, dans le Nord-Isère, avait travaillé avec l'association dans laquelle je baigne sur mon temps libre, Concordia, en 2011, pour réaliser un chantier international atypique: l'aménagement intérieur et extérieur d'un bus, en partenariat avec le Point Enfance Jeunesse de la communauté de communes, pour aller à la rencontre des jeunes sur leur territoire et leur proposer activités et autres projets. Au programme : atelier graf, pose du parquet, création de mobilier.

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Chantier international "Point Jeunesse mobile", Grenay 2011

Mais revenons à nos réfléxions ambarroises...deux ans en Bugey...et pas un seul ami. Voilà une réalité de l'intégration dans une petite ville de province: trop peu de personnes en recherche de nouvelles amitiés, et une quasi-impossibilité de rentrer en contact avec elles; pas assez d'outils permettant de créer le lien social avec des personnes en besoin. Beaucoup de trentenaires, certes, mais avec une vie de famille construite et n'étant pas dans un besoin de sociabilisation. C'est un fait, le Bugey, que j'évoque ponctuellement dans ce blog, est une belle région...une région assez authentique, car préservée du tourisme de masse, à la différence du Beaujolais par exemple. Mais c'est un autre fait, venir s'installer dans un territoire à dominante rurale nécessite de réfléchir à ses attentes. Pour faire le lien avec les autres espaces géographiques que j'évoque dans ce blog, est-il rééllement pertinent de partir vivre et travailler dans les villages intérieurs de Guyane, tels que Grand-Santi sur le Maroni, ou Camopi sur l'Oyapock, quand on vient de France métropolitaine et qu'on baigne dans une culture plutôt urbaine ? Bien sûr, loin de moi toute généralisation, mais de ma petite expérience de l'époque, enrichie d' échanges avec de nouveaux habitants et professionnels des fleuves, il me semble que la question doit être mûrement réfléchie par les recruteurs et recrutés; "On n'envoie pas n'importe-qui à Trois-Sauts", commune amérindienne la plus reculée de Guyane, ai-je entendu lors d'une réunion. La Guyane est traditionnellement une terre d'accueil, et les gens y sont majoritairement accueillants; mais si je devais extrapoler mon expérience ambaroise à mes expériences irlandaise et guyanaise, j'en conclurais : "wow, qu'est-ce-qu'on est bien dans une bonne ville !"

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Le Bugey, c'est bien, Lyon, c'est mieux !

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13 avril 2014

Une souris et...Bennett, de la compétence interculturelle

Développer des compétences progressives sur les thèmes de l'expatriation, de la culture, de l'interculturel. Voilà un beau projet à mener dans ces temps où le chômage important en France peut inciter une personne demandeuse d'emploi à s'ouvrir à l'international. Cet article n'est que recopiage, une fois n'est pas coûtume. Après tout, l'écriture d'éléments purement recopiés est un outil pour apprendre.

Stéphane Talleux et Bertrand Fouquoire en parlent dans un des (nombreux) livres de la collection "la première fois" des éditions StudyramaPro, qui fournissent nombre d'ouvrages synthétiques et efficaces sur divers outils de travail à utiliser dans le cadre personnel ou professionnel. Leur sujet d'expertise: l'expatriation. Le thème du livre: "réussir ma première expatriation". Un des enjeux : anticiper le "choc" culturel. Pour cela, évaluer sa compétence interculturelle. Il est important de repérer où l'on en est de sa capacité à vivre dans une autre culture. La personne qui n'a pas éprouvé ce que recouvre la confrontation avec une autre culture peut minimiser ou maximiser son impact. Aussi, la génération Y (née depuis 1980) a vécu une entrée progressive dans l'international. A l'origine de cela: les classes européennes et leurs échanges scolaires, le programme ERASMUS, les stages à l'étranger imposés en post-bac. Mais aussi les réseaux sociaux, car ils permettent la gestion de liens nombreux et faibles en investissements de temps. On conserve les liens avec les personnes qui déménagent en France ou à l'étranger. Le Schéma chez les X était de s'expatrier pour une entreprise. A 25 ans, on pouvait se retrouver à travailler au Japon, sans avoir fait ses armes dans un pays européen. Les Y ont construit progressivement leur compétence interculturelle : d'abord dans des pays proches culturellement au collège (Angleterre, Allemagne, Espagne), puis dans des pays européens plus éloignés, pour aborder ensuite les autres continents. "Dans mon parcours d'ouverture et de découverte du monde, j'ai procédé par étapes : chaque étape me prépare à l'étape suivante. Je pense qu'il est difficile d'entrer en contact avec les locaux dès la première expérience. La démarche est progressive. Mais ce n'est qu'en se retournant qu'on se rend compte que chaque étape a permis la suivante. Je conseille de s'inscrire progressivement dans une démarche de mobilité internationale. J'ai commencé à Londres par échanger avec des gens qui ont voyagé. J'ai profité de leur expérience. J'ai réalisé que ce n'est pas sorcier, ce qui a enclenché mon départ. Je me souviens avoir été ébahie par une fille partie en Amérique du Sud et qui avait trouvé un travail très sympa là-bas : elle avait été obligée de trouver quelque chose car elle n'avait plus d'argent. En fait, quand tu es ouverte, et que tu te retrouves dans une situation d'inconfort, tu te mets à chercher et tu trouves. La plupart de ceux qui hésitent pour s'expatrier ne savent pas par quel bout prendre ce projet de partir. ça les fait rêver mais c'est finalement trop de remise en question", indique Justine, 24 ans. L'inscription dans une démarche de mobilité internationale a été directe pour une majorité de X, ce qui explique une mise sous contrôle et l'installation fréquente dans la bulle expatriée. Vigiliance chez les Y néanmoins : Erasmus est un premier pas, certes. Cependant, les conditions n'ont rien à voir avec un départ en solo à l'autre bout du Monde : le système Erasmus est une ouverture à un milieu de Y internationaux, non une intégration culturelle dans des conditions de travail avec des autochtones de toute génération. L'échelle de Bennett permet alors à toute personne d'évaluer son attitude dans une situation de confrontation à une autre culture (source: document de l'institut canadien du service extérieur, centre d'apprentissage interculturel)

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Déni: le déni représente le plus bas degré d'ouverture face aux différences culturelles. On ignore tout simplement qu' elles existent, ou bien on les perçoit à un niveau très général : ce qui résulte d'un isolement physique ou social en rapport avec ces différences. En tant que telle, cette position représente l'ultime ethnocentrisme, où la propre vision du monde que l'on a, n'est jamais remise en question et est posée comme étant centrale à toute réalité. Une forme plus répandue de déni est ce que l'on nomme " l'esprit de clocher " ou une vision du monde plus ou moins étroite. Cet état d'esprit reflète un degré limité de contact avec les différences culturelles, ce qui se manifeste par de la gêne, ou par le fait qu'on trouve bizarre ce qui est différent. L'esprit de clocher se caractérise par l'utilisation de très larges catégories pour classifier les différences, ces larges catégories permettront aux différences d'être perçues de manière minimale et sans grand discernement. Un exemple d'une telle catégorie serait la reconnaissance que les Asiatiques sont différents des Occidentaux, sans reconnaître que les cultures asiatiques diffèrent entre elles. 

Défense: La défense, deuxième stade, représente un développement de la sensibilité par rapport au déni, parce qu'il est le résultat d'une perception assez forte des différences pour qu'elles soient menaçantes. La forme de défense la plus commune est celle du dénigrement des différences. On reconnaît généralement ce phénomène à l'élaboration de stéréotypes négatifs, où chaque membre d'un groupe culturel distinct se voit doté de caractéristiques indésirables qu'on voit doté à tout son groupe. Ce type de dénigrement est considéré ici comme un stade de développement et non comme un acte isolé. Une observation qui corrobore cette opinion est que les gens qui dénigrent un groupe en particulier sont également susceptibles de dénigrer d'autres groupes. Bien que le dénigreur puisse être mal informé, ce n'est pas l'ignorance qui explique sont attitude défensive, mais bien l'ethnocentrisme. Une autre forme du stade de défense est le postulat de supériorité culturelle. Plutôt que de dénigrer une culture, on présume simplement que sa propre culture est l'apogée de quelque projet évolutionnaire. Une telle manoeuvre insigne automatiquement à ce qui est inférieur un statut inférieur. C'est un stade où l'insécurité face aux différences est très grande, puisqu'elles laissent entrevoir la possibilité que notre culture ne soit pas la seule vision du monde possible. A une étape plus avancée de défense, on considère que les autres cultures sont tout simplement inférieures à la notre, sur un continuum dont nous sommes l'apogée.

Minimisation: ce troisième et dernier stade de fermeture face aux différences culturelles traduit un degré si intense d'expérience de la différence que l'individu qui le traverse cherche un refuge. Les personnes à ce stade recherchent une paix ou un confort qu'il est impossible de ressentir dans le stade de la Défense. A ce stade, on présuppose que toute l'humanité est régie par des principes communs de base qui guident les valeurs et les comportements. Les gens qui adoptent ce point de vue abordent généralement les situations interculturelles avec l'assurance qu'une simple conscience des patterns fondamentaux d'interaction humaine leur suffira pour assurer le succès de la communication. Un tel point de vue est ethnocentrique parce qu'il présuppose que les catégories fondamentales de comportement sont absolues et que ces catégories sont justement les nôtres ! Dans ce contexte, les différences ne sont que des variations sur un thème commun à toutes les cultures. A ce stade, les différences culturelles sont reconnues et tolérées jusqu'à un certain point. Par contre, ces différences sont perçues comme étant superficielles, ou comme pouvant constituer un obstacle à la communication. Cela se comprend du fait qu'à ce stade, on présume que la communication repose nécessairement sur un ensemble commun et universel de règles et de principes. Bien qu'à ce stade on démontre plus de sensibilité culturelle qu'aux stades précédents, on ne peut pleinement entrer dans la compréhension interculturelle comme le prétendent les gens qui traversent ce stade.

Acceptation: entre le stade de minimalisation et d'acceptation se fait un embrayage qui change radicalement l'attitude des gens face aux différences. Ce passage est marqué par une nouvelle manière de voir les cultures comme étant fluides et dynamiques, plutôt que rigides et statiques. Cette transition se  caractérise par un passage de la vision des différences comme des choses à la vision des différences comme des processus. D'un point de vue ethnorelativiste, les gens n'ont pas un comportement mais plutôt ils se comportent. Plus profondément, les gens n'ont pas de valeurs, mais plutôt ils valorisent quelque chose. Cette réinterprétation subjective permet d'éviter une vision statique de la culture telle que définie par Hall. A ce stade, les gens sont également perçus comme étant en quelque sorte co-créateurs de leur propre réalité. Cette vision de la réalité culturelle comme à la fois consensuelle et muable (en mouvement) constitue la base de l'ethnorelativisme, et est donc nécessaire à un plus grand développement de la sensibilité interculturelle. Il est possible à ce stade de concevoir d'autres cadres de référence culturelle que le nôtre, bien qu'on ne les comprenne pas toujours dans toute leur complexité. Les gens qui sont au stade de l'acceptation cherchent à explorer les différences et ne les perçoivent plus comme menaçantes. Ils acceptent le fait que des gens puissent avoir des cadres de référence culturels différents des leurs, et se réjouissent de ce fait. On les reconnaît à leur questionnement avide des gens de l'autre culture, qui traduit une volonté réelle de s'informer, et non pas de confirmer des préjugés. Le stade de l'acceptation souligne une ouverture dans sa vision des différences. Le mot-clé de ce stade est connaître ou apprendre.

Adaptation: accepter les différences culturelles comme non-figées permet d'y adapter son comportement et sa pensée. La capacité de modifier temporairement sa vision habituelle des choses constitue le coeur de la communication interculturelle. En contexte interculturel, changer ainsi sa façon de traiter la réalité témoigne d'une augmentation de la sensibilité culturelle. La forme la plus commune d'adaptation est l'empathie. L'empathie implique un changement temporaire des cadres de référence, où l'on perçoit des situations comme si l'on était l'autre personne. Lorsque cette autre personne utilise une vision du monde passablement différente de la notre, l'empathie se rapproche d'un changement de vision culturelle. Généralement, l'empathie est partielle, s'étendant seulement aux domaines pertinents à la situation de communication. Le comportement empathique se manifeste par des actions qui sont plus appropriées dans la culture cible que dans sa propre culture. Ces actions peuvent être simplement mentales,tel que le fait de formuler des questions acceptables, ou elles peuvent inclure la capacité de générer des comportements verbaux et non-verbaux coordonnés qui sont perçus comme étant appropriés par un membre de la culture cible. Adaptation aux différences culturelles suit l'Acceptation et souligne un changement au niveau de manières d'agir des personnes. Les gens qui traversent ce stade comprennent le cadre de référence de l'autre culture et sont capables d'agir en conséquence : ils sont en mesure d'empathiser avec les gens de l'autre culture. A ce stade avancé d'adaptation, les gens sont des pluralistes culturels, puisqu'ils sont capables de fonctionner dans plus d'un cadre de référence culturel. Ils sont devenus capables de faire spontanément le décodage des normes et valeurs qui expliquent un comportement dans sa logique culturelle. Le pluralisme culturel peut être également vu comme une capacité devenue habituelle d'empathiser. En résumé, l'adaptation aux différences en tant que stade de développement de la sensibilité interculturelle se traduit par l'habileté d'une personne à agir de façon ethnorelative. Cette habileté d'agir hors de son cadre culturel est basé sur une vision dynamique des différences, et est au coeur de la communication interculturelle. D'autres formes de comportements adaptifs, telles l'assimilation ou le pluralisme né de long séjours en cultures étrangères, peuvent sembler de la sensibilitéinterculturelle, mais en soi, elles relèvent plutôt d'une forme de mimétisme et n'ont pas la base développementale nécessaire à l'ethnorelativisme. Ce stade traduit un sentiment de sécurité par rapport à sa culture d'origine : on peut s'adapter sans se sentir menacé. Le mot-clé de ce stade est comprendre.

Intégration: l'intégration est le dernier stade d'ouverture face aux différences culturelles. C'est le sens qui sous-tend la description qu'Adler fait de la personne multiculturelle : cette personne n'est pas simplement la personne sensible à plusieurs cultures différentes. C'est plutôt la personne qui est constamment en train de devenir une partie de et qui se sent en même temps en dehors d'un contexte culturel donné. Elle se développe seulement après des séjours prolongés dans plusieurs endrois où l'on est mis en contact avec d'importantes différences culturelles. Dans le langage de ce modèle, une personne qui a intégré la différence est celle qui peut percevoir les différences en tant que processus, qui peut s'adapter à ces différences et qui, en plus, peut définir sa culture de plusieurs façons différentes. Une aptitude de la sensibilité culturelle à ce stade est l'habileté d'évaluer un phénomène en regard d'un contexte culturel donné. Cette aptitude, appelée évaluation contextuelle, permet de reconsidérer les jugements qu'on avait suspendu au stade de l'acceptation sans toutefois tomber dans l'ethnocentrisme. C'est en regard de tel ou tel cadre de référence culture qu'on évaluer les actions. La même action peut donc être jugée potentiellement " bonne " (culture A) ou " mauvaise " (culture B). En termes d'éthique individuelle, cela implique que les actions sont évaluées par rapport à un contexte culturel qu'on a soit même établi. A ce stade, l'individu intègre plusieurs cadres de référence dans sa propre manière d'être. Son système de valeur est extrait de ces différents cadres culturels, mais il n'en adopte aucun tout entier. Le fait qu'une personne ne s'identifie de manière absolue à aucune autre culture peut être positif. Cette marginalité constructive peut devenir un précieux outil en médiation culturelle. A ce point culminant de la sensibilité interculturelle qu'est le stade de l'intégration, une personne vit les différences culturelles comme un aspect essentiel et réjouissant de la vie.

Stratégies d'évolution d'un stade à un autre: Bennett propose aussi des stratégies d'évolution afin de favoriser les transitions d'un stade au suivant. En voici un résumé. Du déni vers la défense : une prise de conscience des différences ; De la défense à la minimisation : dépolariser les jugements négatifs, introduire les aspects positifs communs à toutes les cultures, voir les similitudes ; De la minimisation à l'acceptation : se rendre compte de l'importance des différences culturelles ; De l'acceptation à l'adaptation : encourager l'exploration intensive et la recherche (questionner pour connaître l'autre cadre culturel) ; De l'adaptation à l'intégration : tout ce qui permet de développer sa capacité d'empathie avec l'autre culture ainsi que sa capacité de communiquer interculturellement ; de l'intégration sans désintégration : préciser ou définir un cadre d'éthique personnel, servir de médiateur culturel où le fait de ne s'identifier complètement à aucune culture en particulier sera considéré comme un atout et non une faiblesse.

Maintenant,il ne reste plus qu'à utiliser cette échelle pour continuer à mûrir cette compétence et alimenter ce blog en présentant des anecdotes vécues ou entendues !

22 octobre 2010

Une souris et des Hommes

Ras-le-bol ! La sensation d'inutilité peut souvent induire une envie de changement. Assez parlé de mes perceptions et de mon vécu ! Pourtant, j'ai cette envie d'entretenir ce plaisir d'écrire et de décrire. Mon clavier libérerait-il des phéromones?  Ce blog, "une souris et des hommes", se veut maintenant consacrer à témoignages multiculturels et autres articles sur les thèmes du développement, de l'environnement et des échanges internationaux. Non, je ne vous montrerai pas l'attraction de telle ou telle ville, ou alors, vraiment pas souvent !

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 Une souris et des hommes: témoignages multiculturels

"Une souris et des hommes". Un titre, plusieurs interprétations. Comme souvent. La quasi similarité avec le roman de Steinbeck par exemple, dans lequel Georges et Lennie, deux amis errant sur les routes de Californie, partagent depuis toujours le même rêve: partager un jour une petite exploitation, pour vivre comme des rentiers et y élever des lapins. Vivre simplement, cultiver son potager après avoir cultiver son jardin. Avant que George ne décide de tuer Lennie...deux compères, qui pourraient être vus comme un seul et même être, avec une part humaine et une part plus animale. A moins, que, soyons plus terre à terre, ce titre évoque ces petites souris que chacun de nous croise, dans les champs, dans les villes, au milieu des hommes et des activités qu'ils génèrent. Après tout, pourquoi ne pas se demander: et si j'étais une souris, quelle serait ma perception du monde des hommes ?" Sait-on ! En fait, la troisième interprétation que je ferais serait celle qui est la plus proche du dessein qui dessine la survie existentielle de ce blog. Dans ce monde connecté par l'outil internet, ou chacun, en un clic de souris, peut rentrer en relation avec son semblable, ou son opposé, et échanger avec des citoyens de la planète, pourquoi ne généraliserais-je pas cette démarche simple et accessible à tout internaute ? Une souris informatique, et des hommes.

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Manu, par Marion

"Développements, environnements, mobilités, éducations: Témoignages multiculturels". Mon envie? Vous présenter des personnes, des amis, des potes virtuels avec qui je converse depuis maintenant plusieurs années, ou quelques mois. Des amis d'ici, surtout d'ailleurs, qui ont croisé mon chemin, parfois uniquement via ma souris. Continuer à parler des trois axes du développement durable - économie, social, environnement - à travers des perceptions personnelles mais surtout à travers le regard de ces personnes, d'où quelles soient. Cette soutenabilité passe aussi par la promotion de la paix internationale. De nombreuses guerres sont liées à des perceptions faussées, paraît-il. Mais de chez soi, depuis l'ordinateur depuis lequel vous lisez ces quelques lignes par exemple, avec quelle approche, quelle méthode pourrais-je dire, peut-on auto-analyser notre propre perception des choses. De notre environnement, tant voisin que lointain. Tant local que global. Tant naturel qu'humain. L'opinion d'un homme est influençable par la parole d'un autre, celle d'un peuple aussi. Difficile de se retrouver dans toute cette information qui est mise à notre disposition. Toutefois, un paradigme fondant la démarche de ce blog pourrait être qu'un monde sans échanges interculturels serait bien moins riche et tolérant. Moins bien perçu, et encore moins compris! A partir de cela, ce blog présentera parlera de rencontres que j'ai pu faire il y a plusieurs années ou quelques jours, donnera quelques points de vue, quelques pistes intéressantes à discuter ou analyser! Quelques articles plus pointus sur les trois axes du développement durable, aussi, surement, et si possible le tout en photos !

24 septembre 2008

France/Guyane - Introduction: pourquoi cette destination de travail ?

Mon séjour en Irlande, "la belle verte" (faux surnom et vrai clin d'œil à un blog ami) fut une réussite à tous les niveaux, et m'a permis d'évaluer la grande richesse qu'apporte la découverte de nouvelles régions, cultures, personnes, langues. C'est ainsi qu'après mon retour en mars 08, et face à situation incertaine (recherche d'un job avec une seule année d'expérience), j'ai décidé d'être complètement mobile et de postuler un peu partout... mais qui dit partout dit nul part, et rapidement, l'envie de repartir étant présente, j'ai affiné mes limites géographiques: France, notamment Paris et certaines grandes villes et/ou régions, Union Européenne (Scandinavie, Espagne, Irlande encore, notamment), Quebec et DOM-TOM. J'ai exclu la Suisse, ou j'ai vécu 7 ans et ou j'aurai le temps de revenir, peut-être. N'étant jamais sorti d'Europe, l'envie de partir dans un lieu vraiment dépaysant me tentait beaucoup. Enfin, une fois mes intérêts professionnels précisés, trouver un poste en Guyane devint une priorité...Après 5 mois de recherche d'emploi, c'est chose faite !

Voilà donc! Un séjour à durée indéterminée en Guyane française va commencer, et ce blog  se consacre dès à présent à la présentation globale de ce département d'outre-mer: économie, problématiques sociales, environnement, découvertes naturalistes, histoire, tourisme, découvertes des nombreuses cultures cohabitant dans ce petit bout de France d'Amérique Latine, mais également présentation de ma vie personnelle, professionnelle, de mes rencontres, pour la famille et les potes...Je compte bien passer à l'action, concrétiser mes années d'études par des projets en lien avec le développement et l'environnement, et en plus de cet emploi qui devrait me surmotiver, j'ai déja en tête une série d'idées, d'envies, de projets que je compte réaliser! Je vous emmène donc LA:

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4 mai 2010

France/Guyane - Prochaine étape ?

Prochaine étape: Journalisme amateur? De retour en France métropolitaine, je vais faire une pause dans ce blog. Toutefois, j'aime vraiment écrire et j'ai envie de continuer à progresser en photo au fil du temps, aussi je risque d'avoir très ponctuellement l'envie de publier quelques articles orientés vers du journalisme amateur sur les thématiques du développement local durable et de l'environnement, sur des sujets photographiables.

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"Vu la tête de ce champignon, le nuage ne s'est pas arrêté à la frontière" (journalisme amateur !)

Prochaine étape: France métropolitaine? Hé oui, à priori je suis parti pour rester quelques années en France métropolitaine. Voir autre chose permet aussi de mieux percevoir, à la fois sa propre histoire, sa propre identité, mais aussi les territoires dans lesquels on vit. Je veux parler de la France métropolitaine dans son ensemble, ou plus particulièrement de la Haute-Savoie, de Rhône-Alpes etc. En 2010, il est vraiment facile et utile à tous d'aller voir ce qui se passe ailleurs. A ce jour, partir dans un autre pays de l'UE est particulièrement facile sur les plans administratifs, et dans cette identité européenne qui se construit petit à petit chez une partie de la population du vieux continent, c'est une possibilité qui vaut vraiment le coup et qui permet de prendre du recul sur les mouvements nationalistes et le repli sur soi. De même, vivre une expérience dans un département français d'outre-mer offre à chaque métropolitain la possibilité d'avoir une vision plus fine de la France, tant par l'histoire, la géographie que par l'actualité. la France métropolitaine et ultramarine est composée d'un nombre de territoires particulièrement variés, avec des identités culturelles régionales assez diverses malgré un système centralisé. Dans un pays qui a changé, la richesse et la diversité des cultures, qui fait particulièrement peur aux nationalistes, est à mon avis dans la lignée de la construction d'une France plutôt mélangée dans un monde de plus en plus brassé. La Guyane offre un exemple de mélange qui se passe plutôt bien, où chacun arrive à vivre avec chacun sans trop de racisme.  

Prochaine étape: on force la machine ! Petite allusion à un artiste qui m'a toujours donné envie de découvrir l'Amérique du Sud. Faire de plus en plus attention à nos actions au jour le jour, acheter simple, malin et responsable. Travailler sur des projets liés à ses idées. Tout cela est bon pour soi-même mais aussi pour autrui et l'environnement. Mettons cela en pratique au jour le jour ! Un petit signe de paradis avec cette dernière photo, pour rappeler aussi l'existence de l'effet papillon dans chacune de nos vies. A bientôt !

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3 mai 2010

France/Guyane - Remerciements

Ce premier article en guise de conclusion, je le consacre à toutes les personnes qui m'ont aidé à la réalisation de ces projets dont je parle sur ce blog depuis maintenant de 3 ans. Tout d'abord, par envie de transparence, je tiens à remercier mes parents qui ont eu un rôle important en m'aidant à m'installer en Irlande. En m'avançant le financement de mes cours d'anglais en avril-mai 2007, ils m'ont permis de m'installer plus tranquillement et surtout de me laisser le temps de trouver un emploi de qualité, donc d'avoir diverses une expérience professionnelle et de valider un séjour de presque un an sur l'île d'Emeraude...ce séjour ayant été primordial dans l'obtention de ce poste en Guyane française et dans la réalisation de cette expérience parfaitement dans la lignée de la construction d'un projet personnel et professionnel. Merci beaucoup à mes parents donc, qui ont en plus fait la démarche de venir découvrir la Guyane, ce qui leur a surement fait autant plaisir qu'à moi. Il est certain que cette aide m'a été précieuse en 2007, mais de faibles ressources ne doivent pas empêcher quelqu'un de partir vivre une expérience loin de ses cadres. Je pense que le plus important est de garder un peu d'argent sur un compte à part pour financer un éventuel retour en cas de pépin dans le pays expat ou dans le pays d'origine. J'ai rencontré des personnes qui sont arrivées en Irlande avec environ 500 euros. Ça fait peu, c'est certain, mais avec un brin de détermination et de débrouillardise, elles sont arrivées à s'installer et à trouver un job, dans une économie certes très favorable à l'époque. Dans tous les cas, partir travailler ailleurs vaut vraiment le coup.

Ce séjour en Guyane m'a permis de rencontrer de nombreuses personnes avec qui j'ai noué des relations de qualité. Je pense à ma colocataire durant 8 mois, et dont le parcours professionnel m'inspire particulièrement, je pense à Hervé, mon compère bénévole avec qui j'ai parcouru les plages, je pense à Eric qui aura été toujours là et en particulier le week-end ou j'avais besoin de lui, je pense à Steph et Lola, qui m'ont hébergé à deux reprises. Je me suis fait un groupe de potes grâce au couchsurfing, et ai pu découvrir de super personnes: Dave et Ophélie, Claude, Delphine, Elisa, Audrey, Jody pour ne citer qu'eux.

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Il y a aussi Marc et Alain, deux ingénieurs civil guyanais avec qui je travaillais et qui ont su m'intégrer au service et me faire apprécier ce département, il y a bien sur les kouroutiens (Ludo, Caro, Kamal, Sandra, Alexandra, Joachim pour ne citer qu'eux). Et puis je n'oublie pas Raph, Juliana, rencontrée à Dublin et recroisée à Cayenne, Marie, Sylvia, Eddy et toutes les personnes avec qui j'aurai partagé quelque chose à un moment ou un autre. Et un petit clin d'oeil aussi à Babzy, commentatrice de choc ! Travailler sur des projets sur un territoire donné, que ce soit en France métropolitaine, dans les DOM ou dans n'importe quel pays, nécessite un minimum d'engagement dans son projet professionnel. Dans ce sens, j'ai eu une chance de rencontrer des personnes passionnées et passionnantes tout au long de cette expérience professionnelle. Je pense à deux Inspecteurs de l'Education Nationale avec qui j'ai partagé la pirogue m'emmenant sur le Maroni et l'Oyapock et pleinement investies dans leur tâche de superviser et d'améliorer l'enseignement du premier degré dans leurs circonscriptions. Comprendre le fonctionnement de l'Education Nationale, qui plus est dans le contexte guyanais, est particulièrement utile. Ajouter une brique aux constructions scolaires du département le plus jeune de France, comprendre la relative critique de nos compatriotes guyanais vis-à-vis de l'État, avoir une première perception de l'Amérique du Sud, et tout simplement avoir une vision plus complète de la France, sur les plans historiques, géographiques et culturels, fait partie de ce que peut apporter une expérience en Guyane. Merci à vous tous pour tous les moment de qualité passés en votre compagnie !

30 avril 2010

France/Guyane - 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1...0

La visite du Centre Spatial Guyanais (CSG) offre l'opportunité de découvrir les salles de lancement ou encore le musée de l'espace qui retrace l'histoire de l'industrie spatiale européenne. Cette visite, gratuite (site industriel), est intéressante et permet d'accéder aux salles de lancement et autres bâtiments permettant l'envol des lanceurs Ariane 5. L'industrie du spatial apporte probablement à l'économie guyanaise et a abouti au développement urbain de la ville de Kourou. Une ville particulière, une fraction de l'identité guyanaise. Un autre exemple de cette diversité culturelle du département.

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Assister à l'envol d'une fusée est forcément marquant. Je pense notamment à ce premier vol, de nuit, où le ciel illuminé laissait découvrir une bande de flamme énorme, alors qu'un bruit assourdissant enveloppait mon tympan. Un moment mémorable. Ci-dessous quelques photos d'un deuxième vol auquel j'ai assisté durant cette expérience guyanaise.

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10 avril 2010

France/Guyane - Excursion aux marais de Kaw

Les marais. Nom à connotation péjorative chez nombre de personnes. Dans l'imaginaire populaire européen, n'étaient-ils pas associé à la maladie, l'insalubrité, aux moustiques voire au banditisme? D'où un certain nombre de mesures pour les détruire sur le vieux continent, avant que leurs multiples valeurs soient enfin comprises. Mais revenons à nos marais de Kaw, qui forment une des six réserves naturelles crées par l'État en Guyane. Cette réserve est la troisième plus grande de France de par sa superficie (94700 hectares) après celle des terres australes et celle des Nouragues (Guyane), et la plus vaste zone humide de France. Elle a été crée le 13 mars 1998 par décret à cheval sur les communes de Roura et Regina et englobe le petit village de Kaw. Etant classée comme Zone Humide d'importance internationale (convention RAMSAR), elle est aussi connue pour son fort endémisme et sa biodiversité exceptionnelle.

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Emplacement des marais de Kaw (carte provenant du site web de la réserve)

Après avoir parcouru la longue route menant de Roura à Kaw, le genre de route dont on se demande si elle a une fin, nous voilà arrivant à 9h00 à l'embarcadère des marais de Kaw, où nous attendent un guide et un couple de métros bien sympas. Du 05 août à 9h00 au 6 août à la même heure. 24 heures pour visiter le petit village de Kaw, remonter le canal drainant la savane, photographier les zébus, oiseaux typiques, espérer voir un caïman, discuter avec les guides passionnés, puis s'endormir, écouter le bruit des marais et de la forêt...et se réveiller, au milieu de vagues d'humidité réveillant tous les habitants du marais...puis repartir.

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Embarquement dans la pirogue...

La visite de la maison du marais permet la présentation des différents écosystème présents. La montagne de Kaw est formée, sur un plateau du sommet, d'une végétation basse qui devient haute et dense sur les versants souvent abrupts. Forêt typique intacte, la montagne de Kaw regroupe un certain nombre d'espèces endémiques. Toutefois, les marais et savanes couvrent l'essentiel de la réserve. Au centre de la plaine de Kaw, le marais que nous allons remonter, puis autour, des savanes arbustives plus ou moins inondées selon la pluviométrie et la période de l'année. N'oublions pas également les forêts marécageuses, qui forment souvent d'étroits couloirs le long des cours d'eau guyanais. Dans un premier temps, c'est le petit village de Kaw que nous visitons.

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Puis voilà notre petite équipe débutant la remontée des marais, en découvrant la faune et la flore, tout en discutant des mesures de gestion et des liens entre l'homme et les marais, notamment à travers la pêche de l'Atipa. La remontée nous permet de découvrir nombre d'oiseaux typiques, tout comme cet élevage extensif de zébus. Un beau troupeau, un des rares troupeaux de bovins en Guyane.

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Ces zébus vivent dans les zones de savane, en cours de drainage naturel en ce début de saison sèche, et au milieu des moucou-moucous, plante invasive qui a la particularité d'avoir une fleur thermogène (produisant de la chaleur), comme toutes les aracées. Une plante agréable à l'oeil, mais dont l'impact sur l'écosystème de la plaine de Kaw est à évaluer. 

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La remontée se poursuit à travers un très beau paysage de savane et de forêt. Nombre d'espèces d'oiseaux sont observables: aigrettes, cormorans, nombreux passereaux, ou encore les hoazin huppés, oiseaux dont les juvéniles possèdent des griffes les aidant à s'accrocher, tels certains oiseaux préhistoriques (photo 1 et 2: caciques cul-jaune, photo 3: grandes aigrettes, photo 4: moucherole à tête blanche, photo 5: hoazin, photo 6 et 7: cormorans viguas)

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La remontée nous permet d'arriver au splendide carbet flottant et d'y déguster un ti-punch ainsi qu'un délicieux repas composé de plats guyanais. Installation dans le hamac, baignade, et sieste sont ensuite aux programmes de cette splendide journée.

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Une nuit en hamac s'attend à nous, mais avant, profitons de l'après-midi !

L'après-midi débute par la remontée de la crique Wapou, l'une des sources des marais, puis de profiter pleinement du carbet, en se baignant, en observant, en pédalant sur les vélos flottants à disposition.

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Coucher de soleil sur les Marais de Kaw

La nuit arrive et nous permet alors de vivre une très belle expérience: la découverte des caïmans. Les caïmans sont courants dans la réserve. Il en existe plusieurs espèces: le caïman à lunettes, le plus commun autour de la zone touristique, qui possède une aire de répartition large, du Mexique au nord de l'Argentine. On le retrouve en Guyane dans des milieux très variés, y compris dans les retenues des agglomérations du littoral, tels que les salines de Montjoly. Une autre espèce est le caïman noir, gravement menacé à cause de sa chasse intensive pour sa peau, et dont la présence dans les marais de Kaw est totalement protégée. C'est sur une pirogue que nous partons à la recherche de caïmans, autour du carbet duquel nous plongions dans la même journée :). La solution pour les attraper ? Les éblouir avec les lampes-torches, sans les laisser s'échapper de la lumière. Après quelques petites captures de petits spécimens, notre guide, arrêté au bord du canal, s'exclame d'un coup: "un caïman avec un anaconda dans la gueule". Dans ce moment mémorable, mon imagination débordante d'envie me laisse imaginer ça:

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"Un caïman avec un anaconda dans la gueule !"

La réalité est toute autre...un petit caïman à lunette ayant attrapé un petit serpent d'eau. Les arrêts sur les berges sont fréquents, et après avoir attrapé un petit spécimen, notre guide part pieds-nus sur la rives pour revenir avec un animal de taille respectable...qu'il nous laisse prendre ! Drôle de sensation, beau souvenir et peu voire pas de risques, l'animal restant immobile...mais attention tout de même à ne pas laisser traîner ses mains ! 

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Puis vint une nuit très agréable dans ces hamacs au coeur des marais, puis ce réveil inoubliable au milieu d'une brume mystérieuse, qui affirme cette sensation d'une Guyane envoutante et sauvage.

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Une atmosphère particulière qui me rappelle, 8 mois après cette excursion, l'émotion qu'elle a pu généré. La visite des marais de Kaw est une étape intéressante d'un séjour en Guyane, elle réserve de belles découvertes et une nuit en carbet très agréable. La savane étant inondée en saison des pluies, il est parait-il intéressant d'y retourner à cette période et d'avoir une autre vue sur ce biotope. Malheureusement, le point négatif de cette sortie est le prix d'une excursion. les 24 heures avec nuit en carbet flottant coûte tout simplement...150 euros/personne. Le coût d'une visite de la Guyane: un des facteurs limitant tant les habitants du département que le touriste amateur d'Amazonie.  

28 janvier 2010

France/Guyane - In tropical tartiflette I don't trust

"La France est un des derniers pays européens qui ait le privilège d'héberger en son sein des identités territoriales et culturelles fortes. C'est le cas dans l'Hexagone avec la Corse, l'Alsace, le Pays basque...Outre-mer, ces identités sont encore plus marquées, étant le produit de cette histoire d'une rare violence mais aussi d'une époustouflante fraternité, d'une grande complexité au regard de leurs trajectoires sociologiques." Cette phrase, que je tire de l'interview de Christiane Taubira, député guyanaise, retranscrite dans l'excellent hors-série du Monde sur la France d'outre-mer, conforte les approches culinaires que j'ai pratiqué pour mettre en valeur mon identité savoyarde. Aussi, deux grands idéaux se cachent derrière cette valorisation culturelle: 

-L'espoir qu'un jour je cuisinerai des tartiflettes à des personnes sud-américaines.

-L'espoir qu'un jour, le monde sera plus égalitaire et permettra à davantage de sud-américains de venir manger des tartiflettes en Haute-Savoie.

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"In tropical tartiflette I don't trust"

La question de fond de cet article n'est en fait pas de savoir si mes tartiflettes étaient bonnes ou avec qui je les ai mangé, mais plutôt de comprendre dans quel cadre ces produits de Haute-Savoie se retrouvent dans les surfaces commerciales de la Guyane, ou encore comment une certaine politique économique a des conséquences sur le pouvoir d'achat des habitants des DOM-ROM. Hé oui man, comment un reblochon du 74 peut il se retrouver dans le 973 ? Comment le dieu du fromage peut il accepter de proposer une telle variété de fromages dans les supermarchés de Guyane, tous produits en métropole ? Pourquoi vendre des reblochons à 33 euros/kg alors que la production locale mériterait d'être développée ? Pourquoi cela, alors que les transports générés sont coûteux et polluants ?

Jamais, non jamais je ne m'étais posé autant de questions pour un reblochon.

Christiane Taubira l'indique dans cette même interview: "les prix et le pouvoir d'achat sont des révélateurs. La vie est chère en outre-mer, parce que le système est organisé selon des mécanismes inflationnistes: la surrémunération des fonctionnaires (prime de 40%), le maintien de l'économie d'importation, les lois de défiscalisation." Cette mondialisation appliquée à France ultramarine aboutit à des réalités ahurissantes: dans les Antilles françaises, la grande distribution fait venir des produits d'Europe ou d'ailleurs et les vend deux fois moins cher que ceux produits localement. La canne et la banane, économies subventionnées, servent à nourrir la métropole avant la Guadeloupe. Le sucre est raffiné sur le continent, avant d'être revendu dans l'île. L'eau en bouteille, comme la Didier (Martinique), reviennent plus cher que les eaux qui prennent leurs sources dans les volcans d'Auvergne ou en Savoie.

Nombre de produits sont aussi échangés avec les Antilles françaises. Toutefois, ce livre souligne le contexte géopolitique particulier de la Guyane, avec d'une part une contestation de la dépendance à l'égard des Antilles, et d'autre part la volonté d'ancrage sud-américain. Ainsi, le livre, écrit il y a une dizaine d'année, souligne (à juste titre ?) qu' "il n'y a pas chez les responsables guyanais de volonté de renforcer les liens avec les Antilles qui sont perçus comme se faisant au détriment de la Guyane, en relation avec le fait que la société guyanaise dans son ensemble montre un refus de toute dépendance à l'égard des Antilles. Ce sentiment s'est renforcé et s'est trouvé conforté par la réalité elle-même, le meilleur exemple étant constitué par les évènements d'octobre-novembre 1996 qui ont abouti à la création du rectorat de la Guyane, mesure qui s'est avérée indispensable autant sur le plan du symbole politique que de l'efficacité administrative. Ce sentiment ne vaut d'ailleurs plus seulement pour les structures administratives mais aussi pour les relations économiques et les critiques ne manquent pas vis-à-vis de l'institution du marché antillo-guyanais. Il n'y a, pour autant, de façon générale, aucune acrimonie ou difficulté d'intégration des Martiniquais ou des Guadeloupéens installés en Guyane mais simplement la volonté de voir la Guyane reconnue pour elle-même et non comme un appendice administratif ou économique des Antilles." 

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L'intégration au continent sud-américain parait nécessaire au département comme le cite le même livre: "l'appartenance géographique de la Guyane, fait que son horizon sud-américain, ses contacts immédiats avec les réalités du monde amazonien et les pays du plateau des Guyanes sont des facteurs essentiels d'intégration et de progrès de ce département. Etant en prise directe avec le Tiers-Monde (je recopie) la Guyane ne pourra pas se développer en dehors de son environnement proche et seule une politique active de coopération régionale constituera une condition de stabilité et par conséquent d'essor de l'économie guyanaise."

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Toutefois, dix ans après cet mots, la viande du Brésil passe toujours par la métropole avant de repartir en Guyane...Acheter les produits locaux: un raisonnement économique, social et environnemental de plus en plus mis en valeur en métropole, mais aussi dans les DOM. C'est mieux ainsi, même si je n'ai pas montré l'exemple, en l'occurrence.

10 janvier 2010

France/Guyane - Back to Cacao !

Un dimanche ensoleillé du mois d'août et en compagnie familiale est une très bonne raison de passer une nouvelle journée dans le petit village rural de Cacao, que je vous avais présenté dans un article précédent. La route n'a pas changé, mais un grand évènement va faire en sorte qu'elle change. Le plan de relance de notre gouvernement de l'économie française mis en place par notre gouvernement. Hé oui, la réhabilitation de la route de Cacao, particulièrement en mauvais état, va être financée dans le cadre de la relance économique, malgré un certain scepticisme des agriculteurs du village. La route est ainsi toujours aussi défoncée, d'où un certain nombre de ralentissements permettant à l'oreille du naturaliste d'entendre le plus fameux sentinelle de la forêt équatoriale: le Païpayo. L'équivalent du geai des chênes européens, qui, les promeneurs le savent, prévient toute la forêt de la présence d'intrus sur le territoire. La route est toujours défoncée, le Païpayo est toujours aussi bon gardien de la route, et le château de Tolkien est toujours en voie de disparition sous les plantes grimpantes.

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Un peu plus loin, la vue, toujours aussi imprenable, permet au promeneur de sonder l'intérieur guyanais, une forêt encore relativement bien préservée, malgré des graves menaces telles que l'orpaillage clandestin. Cette forêt, qui doit rappeler à mes grands-parents, adeptes de ce blog et que je salue, leur production de choux-fleurs, est envoutante. A une première couche de rouge s'étend de multiples verts sous le soleil équatorial...en gros, c'est joli !

 

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Nous arrivons ensuite à Cacao, qui dépend toujours de la commune de Roura.

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La balade au sein du village est toujours aussi agréable, et constitue un vrai coup de cœur dans ce département étonnant. On s'y balade le cœur tranquille, sous un soleil de plomb, commençant par le marché chaque dimanche matin, discutant avec certaines personnes hmongs arrivées ici dès le début, à la fin des années 70, alors qu'en ce début d'année 2010, d'autres personnes hmong sont encore dans des camps de réfugiés en Thaïlande, certains venant même d'être  ramenées au Laos. La balade est l'occasion de s' approvisionner en artisanat hmong, puis de retourner à l'éco-musée.

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Ce village offre en plus un panel important de plantes décoratives tropicales, fleuries ici ou là.

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Après cette première partie habituelle de journée, la découverte de certains champs agricoles, en direction du sentier de Molokoï, permet d'avoir plusieurs points de vue agréables sur le village, en pleine Amazonie.

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L'église de Cacao, en plein cœur de l'Amazonie guyanaise

La journée file au fil des sentiers de ce charmant bourg, et le retour, sous le soleil descendant, offre de très belles opportunités photographiques.

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Mais le summum de la journée pour ma petite âme de naturaliste amateur, arrive alors qu'un énième jeu de couleurs sur la forêt nous poussait à faire escale en bord de route. Une escale totalement dépaysante, car alors que l'appareil se pose sur mon œil, c'est bel et bien mon oreille qui est sollicitée. En dessus de nous, en dessus de cette forêt  amazonienne, des centaines de perroquets, tous de la même espèce, possiblement des piones à tête bleue, selon un passionné questionné, volent en petits groupes de quelques individus, pendant de nombreuses minutes. Un moment génial, qui me laisse admiratif de cette belle nature. L'Amazonie dans toute sa splendeur. Leur chant est net, et le soleil se couche tranquillement sur cette superbe observation inattendue. Les photos valent ce qu'elles valent, mais ce souvenir restera gravé de longues années.

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Population de perroquets (pionus menstruus ?) en vol au dessus de la forêt amazonienne.(Attention à ne pas confondre les perroquets avec les tâches de saleté de votre écran !)

9 janvier 2010

France/Guyane - Une (première) année à Cayenne

Ma vision de Cayenne, préfecture d'environ 60 000 habitants, a évolué au fil des mois. Sa taille intermédiaire, son architecture, la découverte de lieux de sortie variés, le métissage de ses habitants, la variété des milieux naturels qui l'entourent, la possibilité de suivre des conférences et autres soirées thématiques: sans hésiter, je la préfère à la ville spatiale Kourou, et même à Saint-Laurent-du-Maroni, trop loin de la mer et trop petite. Certes, Cayenne reste une ville assez calme, à la différence d'une Paramaribo (Suriname) ou d'une Oiapoque (Brésil), mais elle offre bien plus de possibilités que ses deux consœurs guyanaises. Il m'a juste fallu un certain temps d'adaptation, de découverte et "d'autocritique", pour apprécier la ville.

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Braderie de Cayenne 2009

Son marché. Un marché de grande taille permet au tout Cayenne de se retrouver après une semaine de travail. Petite généralité certes, mais faisant image au caractère assez rural de cette préfecture, et de la Guyane dans son ensemble. Aussi, le marché est le lieu de rencontres des agriculteurs hmongs ou créoles principalement, des vendeurs de boissons aux parfums alcoolisés, d'épices, de fruits de mer, ou encore d'objets d'arts, comme c'est le cas de ce vendeur haïtiens (peintures d'art naïf).

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Architecture et urbanisme. Une ville disposant de nombre de cases créoles, soit les maisons traditionnelles construites au fur et à mesure de l'histoire créole de la Guyane.

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Une rue du centre-ville

Ces cases créoles ne possèdent par exemple pas de fenêtres vitrées dans les baies, uniquement des volets en bois, des jalousies, qui protègent des intempéries. Une autre caractéristique architecturale est l'utilisation de tôles pour le toit, et parfois les murs. Le bois est bien sur amazonien. Aussi, certaines rues du centre-ville abordent un jeu de couleurs variées, au fil des façades des cases. Un vrai plaisir pour le photographe.

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Enseigne d'un (commerce) chinois, très courants en Guyane

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La place des palmistes, centre-ville

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Vue depuis le fort Cépérou

L'île de Cayenne: les plages. La grande banlieue de Cayenne (l'île) offre plusieurs kilomètres de plages dont je vous ai parlé dans des articles précédents. Des plages qui furent, pour l'habitant des Alpes que je suis, sources de plaisir dominical. Un réel changement que de faire quelques mètres avant de se retrouver sur ces plages sauvages et agréables.

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Plage de Zéphir (réglage crépuscule)

L'île de Cayenne: photos anecdotiques. Des photos anecdotiques, prises ici et là dans la banlieue de Cayenne, au fil d'une riche année de découvertes tant professionnelles que personnelles.

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Maison créole en cours de réhabilitation, Montabo

Et puis il y a ces fresques murales, à Suzini, représentant des scènes de vie passée dans la commune de Cayenne, en extérieur ou au sein d'une case. Un vrai régal à photographier et à regarder, même si elles mériteraient d'être davantage mises en avant.

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Une (première) année à Cayenne, c'est une chouette expérience de vie !

23 octobre 2009

France/Guyane - Une recette: crevettes au lait de coco et gingembre

Petit article culinaire pour vous conter l'unique recette de cuisine "locale" apprise en un an ici. La cuisine n'est toujours pas mon centre d'intérêt principal, mais ca me plait de plus en plus! La pêche crevettière est une des ressources de ce département. Des crevettes délicieuses. Quant à la cuisine guyanaise, elle est riche, variée et de grande qualité. La préparation des crevettes au lait de coco et gingembre se fait par étape.

- Prendre du Rhum, du citron vert et du sucre. Se préparer un premier Ti-punch.

- Préparer la sauce: faire revenir oignons, persil, cives. Mélanger, brasser, et boire le Ti-punch. Une fois l'ensemble revenu, mélanger avec du lait de coco, puis le gingembre et l'ail. Boire un deuxième Ti-punch et rigoler en regardant la sale gueule des crevettes. Les séduire verbalement, pour qu'elles soient plus douces à manger: "t'as de beaux yeux tu sais".

- Arracher la carapace. Le Ti-punch fini, se resservir un verre. Attention, ne pas le confondre avec le lait de coco: ne pas le verser dans la marmite, mais dans le verre. Il est aussi possible de faire une blague aux invités en faisant macérer les crevettes dans le Tit punch et non pas le citron. Rigoler en imaginant leur tête.

- Verser l'ail, le gingembre et un peu de sauce tomate. Rigoler Bêtement (sans raison).

- Verser les crevettes dans la sauce en ébullition. A ce moment là, chanter de tout son cœur Hugues Aufray:

"Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux" Tu vas vraiment rendre un homme heureux"

- Boire un nouveau Ti-ponche, enfin punch, bref comprendre le sens de la phrase.

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- Préparer le riz, idéalement du riz surinamais. Eviter l'Uncle Benz. Attention à ne pas oublier le 4ième Ti-punch. Faire cuire le riz dans une rizeuse, pas une rizière, ou pas directement dans le plat.

- Une fois que le plat est prêt, l'apporter aux invités. Attention à ne pas se faire agresser par le chat ou à ne pas casser des verres. Boire un nouveau Ti-punch, et savourer ce bon repas.

J'ai appris cette recette en compagnie de Lola et en invitant Hervé, deux compères que vous pouvez voir sur ces quelques photos.             

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- Finir le repas par un mélange de fruits tropicaux et..un ti-punch bien sur! Bon appétit !

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7 octobre 2009

Suriname - Week-end à Paramaribo

Le Surinam(e). Pays d'Amérique latine. Certes. Ancienne Guyane hollandaise. OK. Mais après? Qu'en est il de ce pays généralement peu connu, peu touristique et souvent mal estimé? Un pays dont l'évocation génère des images floues pour beaucoup de français de métropole. C'était mon cas, avant mon arrivée en Guyane. Une envie bien normale en a découlé: allons y faire un tour! C'est donc le cœur joyeux de découvrir une première capitale sud-américaine que je m'en allais en ce mois de mai 09 avec quelques potes rencontrés grâce à ce beau projet nommé Couchsurfing. Première étape: l'obtention du visa pour le Suriname au consulat surinamais de Cayenne. Quelques difficultés pour accéder à cette petite structure mais visa délivré sous 48 heures: tout va bien. Deuxième étape: organiser le déplacement jusqu'à Paramaribo. Hé oui, il n'y a pas de pont sur le fleuve Maroni assurant la frontière entre les deux pays. La stratégie la plus commune? Après le passage en pirogue, prendre un taxi collectif à Albina, la petite commune frontière et foncer en direction de Paramaribo (Par'bo).

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Les taxis collectifs surinamais. Une crainte. des pointes à plus de 150 km/h parait-il, sur une route de mauvaise qualité. D'où notre idée de préparer cela en avance en payant quelqu'un organisant notre trajet de Saint-Laurent à Par'bo. Une bonne idée, et un trajet finalement tranquille, sous un bon son de reggae. Ouf! Au total: environ 6 heures de route depuis Cayenne. 6 heures...puis le pont: ouvrage d'art construit au début des années 2000, il surplombe Par'bo et nous offre une première vue de la capitale. Le pont, puis la banlieue et ses odeurs d'air pollué. La banlieue, puis le centre-ville et enfin l'auberge.

L'auberge donc. Petit hôtel sympa prêt du centre, et nous voilà plongés dans le pays à travers quelques jolis peintures de personnalités surinamaise. Citons par exemple Anton de Kom, combattant résistant anti-colonialiste.

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Balade en centre-ville. Une partie historique inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2002. Une architecture de qualité, alliant techniques de construction européennes et matériaux sud-américains, hormis quelques briques rouges arrivées en tant que lest des navires hollandais.

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Un centre-ville animé, agréable et en fête en ce week-end synonyme de paye. Animations, concerts, rues bruyantes et pleines de vie, bars aux terrasses pleines à craquer: Paramaribo vit !

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Monuments. Quelques monuments intéressants et quelques anecdotes qui méritent une petite photographie. Ainsi, Mosquée et Synagogue sont tout simplement voisines dans cette ville reconnue pour sa diversité ethnique! Étonnante photo probablement peu commune dans le monde ?

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Marchés. Des marchés variés, à l'image des différentes communautés vivant au Suriname: créoles, hindous, javanais, noirs marrons, amérindiens, chinois principalement. 3 marchés furent visités: le marché principal du centre-ville, le marché javanais et le marché chinois. Trois marchés de taille différente mais très sympa et qui nous permirent de goûter à des plats divers.

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Ainsi, découvrir Paramaribo, c'est découvrir son centre-ville splendide et authentique, ses marchés multiples, ses animations et son ambiance festive, mais aussi des bars où le jazz résonne dans les oreilles, ses casinos, ses shopping de fringues très colorés faisant le bonheur des voisins guyanais, ses grands hôtels pour touristes occidentaux et notamment hollandais, sa pollution, ses déchets. Découvrir Paramaribo, c'est découvrir une vraie capitale.

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Un jour de marché à Paramaribo... (photo de mes cops Dave et Ophélie)

21 mars 2009

France/Guyane - "Les enfants du fleuve": éléments de réflexions (1)

"Les enfants du fleuve. Les enfants du fleuve en Guyane française: le parcours d'une psy" est un livre témoignage d'une psychologue scolaire, Élisabeth Godon,  qui a travaillé pendant 4 années sur la circonscription du fleuve Maroni (villages majoritairement bushinengés). De manière à présenter davantage la vie et la culture de ces populations, à travers celle des enfants, ainsi que les problématiques liées à l'Education Nationale en Guyane, je me permets de retranscrire quelques morceaux choisis. J'y joins quelques photos de ma première excursion sur le Maroni, en complément des photos précédemment publiées.

"Les enfants du fleuve" - Extrait 1: "A la rentrée 2008,  les écoles élémentaires de Grand-Santi accueilleront, du moins nous le souhaitons vivement, plusieurs classes d'enfants âgés de 6 à 7 ans, non scolarisés auparavant: il faut créer des postes, les pourvoir en enseignants après avoir trouvé les salles susceptibles d'accueillir tout ce petit monde. A Grand-Santi, la majorité de cet effectif se trouvait déjà sur liste d'attente. Les syndicats d'enseignants d'une part, l' Observatoire de la non-scolarisation, mis en place par le rectorat dans le souci de voir la loi appliquée partout et pour tous d'autre part, ont effectué plusieurs recensements concernant les enfants non scolarisés en Guyane. Selon les sources, le nombre oscille entre 1000 et 3000. Certains enfants sont inscrits dans plusieurs endroits du Maroni, rive droite comme rive gauche. Ils sont scolarisés d'une manière que je qualifierais volontiers de "nomade", ce qui rend difficile une comptabilité précise. A Providence, qui se trouve quelque part entre Apatou et Apaguy, la naissance de certains enfants n'aurait même jamais été déclarée, ni au Surinam, ni en France. Mais ils font partie des enfants qui, se trouvant sur le sol français, doivent être scolarisés."

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Une école du fleuve

"Les enfants du fleuve" - Extrait 2: "Souvent, les enseignants ne prennent pas en considération les éléments historiques et médicaux (non traités parce que non reconnus et non identifiés par leurs parents) de leurs élèves. Ils maintiennent alors malgré eux ceux-ci dans une position de "non-sujet": pour de multiples raisons, dont ceux-ci sont propres à leur culture, les enfants du bord du fleuve Maroni présentant des handicaps ne reçoivent pas les soins auxquels, en France, ils auraient droit: il ne sont pas élevés dans le but de réussir leurs études, et ne sont pas préparés, physiquement et moralement, à celui d'apprendre à lire et à écrire à l'école française. Une des raisons, simple, est que l'école y existe que depuis trente, au mieux quarante années. L'évolution est maintenant évidente, les enfants doivent aller à l'école. Et les enseignants doivent leur reconnaître le droit d'être malvoyants, malentendants ou dépressifs, d'être comme tous les enfants du monde. Ils doivent s'étonner de ne pas voir de paires de lunettes sur le nez de leurs élèves, de, parfois, ne jamais entendre le son de leur voix, ne pas accepter qu'ils dorment en classe, aient faim ou présentent des traces de coups, ils doivent s'inquiéter lorsqu'ils parlent de "leur coeur qui  leur donne de grands coups dans la poitrine". Ils doivent s'étonner et s'inquiéter car ils ont en face d'eux des enfants, pas "des enfants du fleuve" qui auraient cette spécificité de pouvoir se passer des soins dont tous les enfants du monde ont besoin uniquement parcequ'ils ne les reçoivent pas. Ils doivent s'inquiéter car sinon, ce déni de leur souffrance revient à dire qu'ils ne reçoivent pas de soins parce qu'ils n'en ont pas besoin: ils sont différents en tout des élèves "prévus", ce qui devient un déni de leur statut d'enfant et s'apparente à une forme de racisme. Ils ne sont plus alors ni des élèves, ni des enfants, et se trouvent dans une position d'élèves implacable."

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L'Ecole du fleuve: la même qu'à Cayenne ou qu'en métropole ?

"Les enfants du fleuve" - Extrait 3: "Le danger pour les équipes enseignantes, dont l'un des principaux combats est la lutte contre l'absentéisme et le respect des droits de tous les enfants, est que les parents gardent leurs enfants devenus grands, et non scolarisables dans les structures présentes, dans le village, chez eux. Chez eux, cela veut dire travailler dans l'abattis et à la maison. S'occuper des plus petits et du ménage, entre autre. Ne plus aller à l'école. Il faut donc ne jamais cesser la lutte. Il faut, pour chacun d'entre eux, de la petite section au CM2 en passant par les CLIS, chaque année, deux fois dans l'année si cela est possible, monter des dossiers, effectuer des équipes éducatives, inviter les parents à venir parler de leur enfant, parfois de ses progrès, parfois des soucis qu'il génère. Toujours dans l'optique de trouver une meilleure place pour lui. Dans les écoles du fleuve, à aucun moment l'école ne doit oublier que si elle ne tente pas tout, et sans cesse, pour que les dossiers arrivent, complets et en temps, sur des bureaux et dans des commissions qui doivent étudier les devenirs des élèves concernés, alors ces derniers seront oubliés. On peut parfois se demander si, justement, il n'y a pas une volonté politique de les oublier. Si l'on ne profite pas de certains aspects des cultures traditionnelles pour ne pas intervenir, pour ne pas aider ces élèves venus d'ailleurs, ces enfants de plus en plus nombreux, de plus en plus instruits, curieux, battants, énergiques à devenir des citoyens français comme les autres. Donc susceptibles d'occuper un emploi comme tout le monde en Guyane ou ailleurs. De revendiquer ce droit au travail. Ne pas se donner les moyens de traiter les handicaps des enfants du fleuve comme ceux des autres enfants de Guyane ou de Toulouse n'est pas envisageable dans la France d'aujourd'hui. Sauf s'il s'agit d'une volonté d'ignorer, de ne pas voir. Cette volonté peut se réfugier avec beaucoup de mauvaise foi derrière la grande négligence de beaucoup et un soi-disant respect des cultures assez peu crédible vu le manque apparent de connaissances, de la part des décideurs, de ces cultures et des fleuves en général."

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Le collège d'Apatou. Et après ?

20 mars 2009

France/Guyane - Une journée à Cacao

Cacao, un village étonnant de par son histoire, son environnement, et des personnes accueillantes. La route menant à cette petite bourgade de l'est guyanais s'avère, sur les 13 derniers kilomètres, être une piste plus ou moins abimée. La forêt est là, entourant l'ensemble de la route, les sentinelles (oiseaux) informent ses habitants de notre présence, et la magie opère, quand ce château, directement inspiré de l'univers de Tolkien, apparait, envahi petit à petit par une végétation aussi belle qu'imposante.

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Le panorama est par moment saisissant, laissant  une vue sur la forêt guyanaise splendide.

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Qui sont les habitants de Cacao? Des personnes qui se sont remarquablement bien débrouillées lors de leur arrivée à partir de 1977, du Laos. Cacao est un village Hmong.

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Une journée à Cacao: éléments d'histoire. Issus de la région tibétaine, le peuple Hmong s'est, en 2000 ans, installés dans différents pays d'Asie. 2 millions en Chine, 800 000 au Vietnam, 300 000 au Laos: ainsi étaient réparti le gros de la population Hmong avant 1975. Ils vivaient toujours dans les hauts-plateaux. Peuple de montagnards à l'origine donc, mais par la suite également pour des raisons de survie: pourchassés de tous temps en raison de leur différence culturelle par les autochtones de tous les pays ou ils ont cherché à s'installer, ils se sont toujours réfugiés sur les crêtes. Alliés des français pendant la guerre d'Indochine, puis des Américains pendant la guerre du Vietnam, ils furent après le départ des américains et l'arrivée du Pathet Lao (parti communiste qui a pris le contrôle du Laos en 1975)  prirent pour cible par le pouvoir en place. La plupart demandèrent à partir aux USA, mais mille se virent proposer une installation en Guyane, pour fonder un village à vocation agricole. Ils furent ainsi installés à Cacao, dans la commune de Roura, ainsi qu'à Javouhey, dans la commune de Mana. Cacao n'était alors qu'un ancien village du bagne, abandonné. Au prix de nombreux efforts, les Hmongs ont commencé à défriché, construire ce village et mettre en place de petites exploitations agricoles. Aujourd'hui, ils sont les plus importants producteurs de fruits et de légumes du département, comme on le peut le voir au marché de Cayenne.

Une journée à Cacao - acte 1: l'arrivée au village. Une heure de voiture environ, puis une piste menant à de somptueux panoramas sur la forêt guyanaise, comme ci-dessus. Des sentinelles (oiseaux) dans les arbres: nous sommes repérés, la  jungle le sait. Des bambous étonnamment grands, une piste parfois délicate, mieux vaut un 4*4, des cultures qui commencent à apparaitre. Et cet étonnant château. Le château "des choses dernières". Inspiré du seigneur des anneaux - oui oui, c'est vrai -, construit par un passionné de l'époque médiéval, il commence gentiment à se faire couvrir de plantes grimpantes aussi belles qu' imposantes. Puis, après ces péripéties maîtrisées par Hervé (copain du Rectorat), nous voilà arrivés au village.

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Une journée à Cacao - acte 2: la découverte du marché. Le marché de Cacao. Chaque dimanche matin. Étant arrivés à 9h30, nous avons pu profiter de moments authentiques, durant lesquels quasiment seuls les locaux étaient présents. La plupart des clients arrivent vers les 11h00. Le marché: des fruits, des produits alimentaires faits par les hmongs et délicieux, et des objets d'artisanat, notamment de la broderie. Splendides éléments. Un art maîtrisé. Visite du marché, puis dégustation d'une soupe hmong. Délicieuse, mais attention à ne pas mettre trop de piment...j'ai fait l'expérience en en mettant beaucoup trop, tout mon visage l'a ressenti pendant 30 minutes. Des larmes trop irritantes  pour ouvrir les yeux. Aie.

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Une journée à Cacao - acte 3: visite du musée le planeur bleu." "le planeur bleu". Étonnant nom pour cette association présentant une collection de spécimens vivants de mygales et autres beautés, mais aussi de papillons morts, d'insectes endémiques de la Guyane, ainsi que de richesses archéologiques de la Guyane. On y apprend, lors d'une présentation par un passionné de ces bébêtes, qu'il n'y a aucun risque mortel par une piqure de mygale en Guyane, ou encore que la dangerosité d'un scorpion est inversement proportionnelle à la taille de ses pinces, et qu'il existe selon cette règle un scorpion potentiellement mortel en Guyane. On y découvre aussi des scolopendres, dont, selon mes souvenirs, les piqures ne seraient pas mortelles non plus, en ce qui concerne les spécimens guyanais.

Parmi les papillons, citons les Brassolidés, papillons diurnes mais qui volent à l'aube et au crépuscule, ce qui les fait ressembler à des nocturnes (photo de gauche). Citons aussi les Caligos, ou "papillons-chouettes" en référence à leurs deux formes oculaires au "verso" ressemblant à des yeux de chouettes et effrayant leurs prédateurs, les oiseaux (au centre). Pourquoi ne pas citer également les Baeolus, surprenant par leur différence entre le recto (bleu ou orange) et le verso (blanc). Les morphos, emblèmes de la Guyane, sont aussi présentés, ainsi que certains  lycénides. Ce n'est bien sur qu'un petit éventail des nombreuses espèces de papillon d'Amazonie. La mouche cacahuète m'a quant à elle étonné!

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Mais au fait, d'où vient cette étonnante biodiversité des zones intertropicales ? Comment s'est elle formé au cours de l'évolution? Écoutant RFI le soir, j'ai en tête cette réponse d'un éminent biologiste ayant beaucoup travaillé en Amazonie. Il y a perte graduelle de biodiversité des tropiques vers les pôles et cela serait à la différence entre les facteurs qui influent cette biodiversité. Sous les tropiques, l'absence de facteurs physiques tels que le froid permet à des facteurs biologiques d'agir tout au long de l'année sur la faune. Par facteur biologique, il faut comprendre que les relations entre espèces sont sources d'évolution, c'est à dire de co-évolution. Un exemple connu est celui de la relation entre le papillon Heliconius et la passiflore...la passiflore va au fil des générations développé de nouvelles techniques de protection contre ce papillon, (imitation des œufs, développement d'une toxine etc) et cette évolution va inciter le papillon à évoluer à son tour. Or, ces facteurs biologiques, au lieu d'agir durant 12 mois, ne peuvent se développer que pendant l'été en zone tempéré telle qu'en Europe...d'où cette théorie des biologiques de l'évolution sur les causes de l'existence de gradients de biodiversité avec la latitude. 

Revenons à nos moutons scorpions en allant découvrir les espèces vivantes présentes dans ce musée. Celui-ci par exemple, ne vient pas de Guyane. Splendide, et relativement peu dangereux, à la vue de ses pinces.

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Le passionné qui nous présente son musée vivant n'a pas fini de nous surprendre en nous proposant de prendre dans nos mains cette étonnante araignée cavernicole d'Amérique centrale, que vous pouvez voir dans son élément en jetant un coup d'œil à cet article ami. Les mygales ne sont pas les seules reines en leur pays ! D'ailleurs, cette araignée cavernicole est la seule que l'on peut prendre en main dans un musée français: elle n'a aucun venin, à la différence d'une pourtant inoffensive matoutou.

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Voilà encore quelques espèces locales. Les phasmes sont particulièrement géniaux à observer dans la nature. Les mantes religieuses et autres sauterelles ne sont pas mal non plus!

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Cependant, la Guyane n'est pas seulement connue pour sa nature, mais aussi pour son passé...les bagnards étaient envoyés ici, et certains objets permettent de ne pas l'oublier.

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Une journée à Cacao - acte 4: la visite du village. Ce village étonnant. Lorsqu'on s'y balade, on n'ose imaginer le travail qui a été fourni pour en arriver là. Une balade très agréable. On s'y promène au milieu des ramboutans, arbres et fruits de la famille des litchis. C'est la saison, c'est bon et peu cher: de bonnes raisons pour en manger presque tous les jours! Et puis il y a cette église, ces maisons, cette station service...chaque rue offrant son brin de dépaysement.

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Cacao, un dimanche de mars 2009. Une belle journée.

6 mars 2009

France/Guyane - Carnaval 2009: Balade au coeur des Natural Tribal

La grande parade de Kourou est le grand défilé des groupes de l'année, mais cela n'empêche pas que Cayenne ait aussi le sien! Aussi, Dave, un pote rencontré via Couchsurfing, me proposa de me joindre à lui pour vivre le temps d'un week-end au sein d'un groupe étonnant de ce carnaval: les Natural Tribal. L'association du même nom a été crée par Tony Riga, artiste guyanais, qui, sensible au nombre de déchets jonchant les bas-côtés des routes guyanaises, décidait, il y a une dizaine d'année, de défiler au carnaval en créant des costumes à partir de tout déchet jonchant les routes, et tout objet naturel: bois, vase, déchets verts plus généralement. Un costume crée par défilé et à moindre frais. Aussi la thématique  de cette année était la création d'une armée de guerriers du futurs, pacifiques (sans armes) et écolos.   

La préparation du char, la finalisation des costumes par les participants et la mise en scène de la musique eut lieu en cet agréable samedi 21 février.

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Mais c'est bien dimanche 22 février que la parade eut lieu à Cayenne. Appréciez le char, étonnamment décoré et enduit de vase de mangrove: un style, sans aucun doute, et un vrai trône pour le roi de l'armée. 

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Tout est emmené à proximité du départ de la parade: char, objets et costumes. C'est à ce moment là que commence la dernière ligne droite, à savoir l'habillage de chaque participant...une des règle de la journée: tout le monde enduit de vase de mangrove. 100% naturel. Et hop, c'est parti !

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Puis chacun aide son voisin pour améliorer l'enduit, puis décorer avec patience et assiduité visages, cheveux et toute partie charnelle possiblement oubliée. Il n'y a pas grand-chose à ajouter, les photographies sont bien plus parlantes!

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Petit à petit, la préparation avance, et apparaissent d'étonnants déguisements...de belles décorations, de savantes inventions, de surprenantes idées. Difficile de trouver le bon qualitatif. De l'originalité, à n'en point douter. La créativité est peu enseignée dans l'éducation française, et je suis certain que peu de personnes développent leur potentiel artistique et créatif. Participer à ce genre d'évènements est une bonne solution pour développer son imagination.

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Tous les costumes ont leurs particularités. Tous sont beaux, certains sont splendides.

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Voilà encore quelques photos de cet étonnant groupe...Un vrai plaisir d'avoir pu les suivre tout un week-end. Je ne connais pas leur classement, mais ce groupe a le mérite de créer ses costumes pour chaque défilé, avec 0 achat. C'est moins le cas de la majorité des autres groupes. le Carnaval serait il devenu davantage commercial qu'auparavant? Ce serait le cas selon la discussion que j'ai eu avec un guyanais. Ce n'est pas pour ça que c'est pas bien et que ça ne vaut pas le coup! Hé puis ici, c'est un élément important de la culture guyanaise, non pas comme la fête d'halloween, purement commerciale en France, par exemple. Voilà encore quelques photos, d'autres seront rajoutées lors de la création de l'album. 

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Un beau week-end que ce défilé au sein même de ce groupe alternatif, qui m'a vraiment plu et fournit parmi les plus beaux costumes du carnaval. 100% écologique, économique, avec une grande originalité conceptuelle, une créativité artistique étonnante et une bonne ambiance. De belles rencontres !

26 février 2009

France/Guyane - Carnaval 2009: la grande parade du littoral de Kourou

Le Carnaval de Guyane....moment particulier qui réveille l'âme endormie des villes du département. Le Carnaval est à la Guyane ce que la Saint Patrick est à l'Irlande: une grande fête, une ambiance qui métamorphose les villes et ses habitants. Bien sûr, l'origine des deux fêtes n'est pas comparable. D'ailleurs, il est certain que Vaval était une fête antérieure au christianisme. Je vous emmène donc à la grande parade de Kourou, un moment clé du Carnaval, là où se rassemble l'ensemble des groupes - venus des Guyanes, du Brésil, des Caraïbes etc - pour défiler à travers la ville, embellis par de subtils costumes, sous des airs de musique...carnavalesques, où danseuses et musiciens enluminent le défilé.

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Le carnaval peut être expliqué à travers son histoire, ses acteurs, ses costumes et ses bals. Passons son histoire, que je connaitrai mieux dans un an. Ses acteurs ? Les défilés de groupe...ils se font notamment pendant les parades, telle que celle de Kourou, la plus grande parade carnavalesque dont voilà les premières photos. Près de 2000 personnes y participent. A l'issue de la grande parade, un jury composé de professionnels décerne des trophées aux groupes carnavalesques en fonction de critères bien précis: les costumes, les chants, la musique et la créativité. Une  cinquantaine de groupes ont défilés cette année. Ils proviennent du plateau des Guyanes (Guyane, Suriname, Guyana), des Caraïbes (Antilles françaises, Haiti , Trinidad-et-Tobago etc), du Brésil, de métropole et d'autres pays.

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Aussi les costumes peuvent être variés: parfois masqués, souvent colorés, ils sont moins qu'avant confectionnés, pour chaque parade, mais de plus en plus loués. Toutefois, cela n'empêche pas que les costumes soient résussis et photogéniques.

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La grande parade de Kourou fête ses dix ans. Dix ans d'existence, dix ans de progrès, pour atteindre l'excellence. Cette année, ce n'est pas moins de 50 à 60 groupes qui étaient attendus, dont 45 groupes officiels plus les groupes de dernières minutes. Quasiment toutes les communes du littoral étaient représentées, dont 23 groupes de Kourou. L'animateur qui présentait les groupes était particulièrement bien déguisé (photo de droite). 

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Le carnaval n'est pas composé uniquement de défilés mais aussi des "universités du samedi soir", lieux tel que Polina et Nana à Cayenne ou se retrouvent danseurs et Touloulous. Les Touloulous ? Des personnages à priori féminins, mystiques et garants de la tradition carnavalesque. Entièrement déguisées, elles invitent à danser un homme de la salle. Une règle sacrée veulent qu'elles restent anonymes...

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Je ne suis pas allé aux soirées Touloulou mais en revanche ai été au sein d'un groupe original aux costumes à bas prix et très réussis, les Natural Tribal. Un moment très enrichissant...mais avant cela, voilà encore quelques photos de la parade, rien que pour vos yeux. D'autres seront ajoutées dans les albums photos consacrés à la Guyane.

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25 février 2009

France/Guyane - Excursion sur l'Oyapock: Trois Sauts

Départ de Vila Brazil le lendemain matin et c'est parti pour 9 heures de pirogue afin d' arriver à Trois Sauts, village le plus reculé de la Guyane. 9 heures: un trajet Camopi-Trois Sauts ou un vol Paris-Cayenne moins cher que le trajet en pirogue. Étonnante comparaison. 9 heures d'aventures, tant dans ma pensée que sur le terrain...oui,9 heures durant lesquelles je m'aventure à imaginer - et espérer - voir un anaconda sur une rive, découvrir et continuer à voir ces oiseaux multicolorés et de genres variés, penser à cette Guyane envoutante, à finaliser mon projet guyanais, à profiter, tout simplement. Au final, 9 heures, un léger mal de fesses, un décor somme toute peu variable mais qui me plait, et une faible quantité d'espèces observées: quelques tortues et une dizaine d'espèces d'oiseaux. 9 heures de joie, malgré la pluie équatoriale qui s'abat sur nous en fin de parcours, malgré notre obligation de tous sauter dans l'eau - à hauteur des cuisses - pour pousser la pirogue au niveau d'un saut. En Guyane, le terrain, c'est ça.

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La Guyane offre plus d'aventures que le dernier Indiana Jones dans le vol Paris-Cayenne!

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Arrivée à la tombée de la nuit, trempé...tout le village vient vers nous...l'arrivée de tant de personnes , dont le maire, est particulièrement rare à Trois Sauts, "loin de tout" et protégé par arrêté préfectoral.   

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L'équipe s'installe dans le carbet du village, je pose le hamac, et après un repas frugal, une nuit réparatrice s'offre à moi.

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Le lendemain, passage à l'action avec notamment une réunion qui restera dans ma mémoire probablement à vie. Une première grosse réunion durant laquelle je représentais mon service, et durant laquelle je dus m'exprimer devant une quarantaine de personnes, dont 20 amérindiens du village qui écoutaient et traduisaient avec attention mes paroles. Pfiou, je ne m'attendais pas à cela ! Et comme me l'a dit un habitant du village, j'étais blanc, puis rouge, puis blanc :). Un moment mémorable...La journée fut consacrée au travail. Certaines discussions furent très intéressantes, et certaines rencontres étonnantes, tant avec les amérindiens qu'avec le personnel enseignant. Voilà un aperçu du lieu de vie. Une famille nous a offert une cassave, à savoir une galette cuite de manioc. L'abattis (culture sur brûlis familiale)  photographié est justement planté de manioc.

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Une petite recherche internet m'apprend que le manioc, cet arbuste vivace, est originaire d'Amérique du Sud et en particulier du plateau des Guyanes. Il est toutefois largement cultivé et récolté comme plante annuelle dans les régions tropicales et subtropicales. On consomme généralement ses racines tubérifiées riches en amidon, mais aussi ses feuilles en Afrique, Asie et dans le nord du Brésil. Le couac, que j'avais découvert sur le Maroni, est une forme de farine - ressemblant plutôt à  une semoule sèche plus ou moins grossière de couleur allant du jaune vif au gris en passant par le blanc - et tient une place culturelle importante ici, en Guyane. Une visite des différents sites du village nous permet ensuite d'arriver au niveau des sauts qui lui donnent son nom. Une petite plage féérique permet à tout le monde de profiter de l'eau, qui plus est non polluée: la région de Trois Sauts n'est pas aurifère. Vous pouvez voir la tenue vestimentaire des amérindiens de Guyane, le kalimbe. L'enseignant au premier plan l'a adopté. 

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La journée s'achève et un petite diagnostic animalier du carbet peut être fait. Mis à part les chauves-souris, qui posent un réel problème d'hygiène dans les habitations (le guano engendre des problèmes de santé), mis à part les nombreux serpents que craignent toute la population - il y a une fréquence d'une morsure tous les trois mois au sein du village - quels sont les animaux observables au sein même du carbet ? Tout d'abord, cette espèce d'araignée qui peut faire mal, mais qui n'est pas à priori pas dangereuse...précision importante, vu le nombre relativement présent dans le carbet.

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Puis une copine des guyanais, la Matoutou, une grosse araignée mais petite mygale assez commune autour des habitations, y compris sur le littoral, et qui est inoffensive...le bout de ses pattes est d'un joli orange. D'un autre point de vue, signalons aussi les nombreuses volailles qui se rencontrent sur tout le village et sont un aliment de base des locaux. Je gouterai un morceau de poulet fumé et boucané sur le chemin du retour: un vrai délice.   

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Et gardons le meilleur pour la fin avec ce beau scorpion à la piqure douloureuse mais non mortelle d'après une discussion que j'ai eue. La rencontre la plus dangereuse de la semaine, surtout pour lui...

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Cette journée étonnante, je la prolonge pendant une bonne partie de la nuit en restant immobile dans mon hamac, guettant les sons et humant les odeurs d'une Amazonie en pleine action, profitant de ce moment fort. Le lendemain, réveil en douceur et retour sur Camopi, avec un peu de pluie. Petit arrêt autour d'un carbet, pour manger et prélever les nombreux piments de quelques arbustes. Ananas , bananes rouges et noix de cajou sont aussi au rendez-vous.

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La descente vers Camopi continue. Arrêt soudain. Un iguane est repéré par le piroguier et maire. Un potentiel repas que seul lui et son compère amérindien descelleront, au milieu des lianes...demi-tour et tentative de le tirer. Échec du tir. De l'autre côté de la rive, dans la canopée, les perroquets, des aras peut-être, crient leur inquiétude au son de l'arme. Impressions amazoniennes. L'iguane se laisse emporter par la gravité et plonge dans l'eau, sain et sauf. Les perroquets, sentinelles improvisées, nous voient partir. Au revoir l'Oyapock.  

22 janvier 2009

France/Guyane - Problématiques du développement territorial guyanais (2): la démographie

La démographie, soit l'étude quantitative des populations et de leurs dynamiques...Qu'en est il en Guyane ? Le département connait une progression démographique extrêmement forte, de 3.6%, soit 6 fois plus que la métropole (0.6% par an). Il s'agit de la croissance la plus forte de tous les départements français et des régions ultra-périphériques, et elle est imputable avant tout à une forte natalité (3/4), alors que le solde migratoire y contribue pour 1/4. Ainsi, cette croissance de la population est très élevée, parmi les 10 premières au monde selon le diagnostic territorial que je décortique petit à petit. Cela ne semble pas être prêt de s'arrêter. Le nombre d'enfants par femme est d'après ma recherche sur l'INED de 3.16, ce qui classe la Guyane comme le 4ième pays de la zone Amérique latine, après le Guatemala (4.02), la Bolivie (3.37) et le Honduras (3.19)... Ainsi, cette fécondité est et pourra rester le principal facteur de la croissance démographique, en raison de l'arrivée massive des générations en âge de procréer.

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pyramide des âges (comparaison Guyane / Métropole)

Une source de richesse ou de pauvreté dans le contexte guyanais ? Il est sure que cette très forte démographie constitue à priori une chance pour un département peu dense et dont le marché intérieur est unanimement considéré comme trop exigu pour constituer un moteur de développement économique. Cependant, elle génère également des besoins très importants en terme d'équipement (construction d'écoles, de logements, santé, assainissement, approvisionnement en eau...), ce qui constitue aussi autant de facteurs de risque de d'instabilité dans la cohésion sociale. Et pour le moment, le taux de croissance de l'emploi n'est pas suffisant pour absorber le taux de croissance démographique. Ainsi, les deux problématiques majeures liées à cette démographie sont: comment faire pour que l'économie formelle puisse absorber cette croissance démographique ? Et comment fournir les équipements nécessaires à la soutenabilité de cette croissance par des investissements à long terme, alors que les capacités contributives des collectivités sont faibles et que les aides seraient appelées à diminuer ?

Quelques conclusions s'imposent....

1. Une période importante dans le développement de la Guyane.

2. C'est chouette de participer aux projets de constructions scolaires dans ce contexte.

3. Une canicule en saison sèche ne risque pas de faire passer l' arme à gauche à 15 000 personnes du 3ième âge comme en France métropolitaine. Les croque-morts guyanais sont ainsi en situation de chômage technique.

4. Un marché à étendre pour les fabricants de capotes

5. Faites l'amour, pas la guerre

28 novembre 2008

France/Guyane - Prix de l'essence: des habitants unis derrière une revendication légitime

La Guyane est, vous en avez peut-être entendu parler, actuellement en phase de blocus généralisé sur l'ensemble du territoire et surtout sur le littoral, où se situe 90% de la population. Qu'elle en est la cause ? un prix des carburants  à la pompe énorme, à savoir 1.77 euros le litre d'essence et 1.55 euros le litre de gazole. Après avoir un peu découvert une vue de la France depuis un autre pays de l'UE (je ne compte pas la Suisse...car les discours sur la France y sont rarement objectifs !:)), j'ai la chance de pouvoir avoir une vue de la France métropolitaine depuis un DOM-TOM, et qui plus est la Guyane, département à part. Je veux donc tenter de donner une vue synthétique et critique de la situation, à partir d'échanges avec les Guyanais et de trois articles de presse que j'ai lu,et dont les titres sont assez révélateurs de l'orientation politique de ces grands journaux métropolitains.

Voilà les trois articles que je vais me permettre d'utiliser et de commenter.

- Article Web du Monde en date du vendredi 28/11/08: "le prix de l'essence enflamme la Guyane" (sauf erreur, 1ier article publié par le quotidien).

- Articles Web de Libération: "Pourquoi la Guyane est elle bloquée depuis lundi?" en date du lundi 24/11/08 et article "Guyane: la Région refuse de baisser sa taxe sur les carburants".

- Article Web du Figaro en date du vendredi 28/11/08: "Les violentes manifestations en Guyane clouent Ariane 5 au sol" (sauf erreur également, 1ier article publié par le quotidien).

Il est intéressant de noter qu'une série d'articles a ainsi été publiée par Libération dès le premier jour des blocus, contrairement aux deux autres quotidiens.

Quelle est la revendication?

Ce mouvement de lutte pour une baisse du prix de l'essence en Guyane, lancé par des associations de consommateurs et les organisations de transporteurs et qui est très majoritairement soutenu par les socioprofessionnels, des élus et la population locale, demande une baisse de 50 centimes sur les carburants, dont les prix sont administrés par l'État dans les différents Départements d'Outre-Mer.

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(photo prise le 28/11/08, reçue par mail, source inconnue)

Pourquoi le prix de l'essence est il si cher en Guyane ?

En moins de 2 ans, le carburant a augmenté de 46 centimes en Guyane. Le prix de l'essence est taxé d'une part par la collectivité régionale (la Région Guyane) et d'autre part par l'État. La Taxe de la Région (dite Taxe Spéciale sur les Carburants) est ensuite allouée aux autres collectivités, dont les finances sont fragiles: pour être clair, ici, les  investissements des collectivités, par exemple la construction d'établissements scolaires, nécessitent des subventions de l'État et de l'Europe. Auparavant, la Guyane s'alimentait de carburants provenant de Trinité-et-Tobago,  mais ces derniers seraient nocifs pour les moteurs. Fin 2006, une décision de justice favorable aux concessionnaires automobiles a contraint les compagnies pétrolières à changer de fournisseur pour vendre du carburant conforme aux normes européennes. C'est ainsi que le pétrole provient maintenant de la raffinerie SARA, en Martinique, avec un prix supérieur d'environ 30 centimes par rapport au fournisseur antérieur. Cette augmentation s'est fait par pallier par la préfecture, avec une compensation financière à la raffinerie. La montée du cours du pétrole jusqu'en juillet 2008, et une hausse sensible de la taxe destinée aux collectivités locales ont amplifié le phénomène.

Quelles sont les idées dominantes dont j'entends parler autour de moi ?       

La première impression que mes échanges avec la population guyanaise me donnent est qu'elle ne cédera pas face à cette revendication, qui est pour tout le monde complètement légitime. Compte-tenu du prix du baril actuel, ce prix  semble anormal: un plein d'essence à (pour une voiture "normale") 110 euros alors que le prix a chuté en métropole. Un plein d'essence à 110 euros alors que depuis qu'elle fournit la Guyane, le Chiffre d'affaire de la raffinerie SARA est beaucoup plus important que lorsqu'elle ne fournissait que les Antilles. Un plein d'essence à 110 euros alors que les transports en commun sont quasi-inexistants en Guyane (ce n'est pas une raison suffisante, quoi qu'il en soit). Un plein d'essence à 110 euros que la Région taxe pour faciliter les finances locales qui en ont bien besoin. Ainsi, la majorité des Guyanais ne souhaite pas que la Région diminue sa taxe, mais bel est bien que la baisse de 50 centimes immédiatement demandée soit approuvé par la préfecture (État). Cependant, certains Guyanais souhaitent aller plus loin et demander à ce que les prix de l'essence soient alignés sur ceux de la métropole...Nous n'en sommes pas là, mais je ne pense pas que la population cèdera face à ce prix énorme comparé à la métropole et aux autres DOM.

Qu'en est il sur le terrain ?

J'habite à 10 minutes à pied du carrefour de Suzini, que l'on voit sur cette photo prise par Jody Amiet (AFP)  et dont le blocus empêche les voitures de rentrer dans Cayenne...

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(photo reçue par mail, source Jody Amiet, AFP)

Je passe par là tous les jours et vous imaginez bien que ma frustration de ne pas pouvoir prendre de photos  de moi-même est importante tant il y a de belles scènes de ce moment unique de la vie guyanaise. Toutes les routes sont bloquées, des tables sont installées, de DJs et même une scène de concerts ont été montés. Pour le moment,  pas vraiment de problèmes. Des personnes assis à une table et jouant aux dominos, la radio à l'écoute pour voir l'évolution de la situation, des poissons qui cuisent sur la grille du barbecue...et donc pas de tensions importantes palpables. Pas ici, et à priori pas plus ailleurs. Mais alors, où sont ces violentes manifestations dont parle le Figaro ? Il n'y en a tout simplement quasiment pas, à part quelques voitures brulées (moins de 10 à ce jour)...rien de comparable avec ce qui se serait déjà passé en métropole après 5 jours de blocus...Premier exemple évident de cette image négative de violence et d'insécurité très facilement exacerbée au moindre dérapage par certains médias métropolitains. Au contraire, les blocus sont des lieux de cohésion sociale plutôt conviviaux, où on déguste un jus de mangue en laissant passer piétons et cyclistes. Pour aller plus loin, ce blocus révèle une solidarité et une union importante - c'est une belle avancée d'après mon chef guyanais- entre les guyanais, quelque soient leurs origines. Ainsi les commerçants chinois ont-ils presque tous fermés rideaux par soutien, alors qu'ils ont toujours complètement à part (et intégrés) dans la société guyanaise. Aussi les Hmongs, arrivés du Laos dans les années 70 et également parfaitement intégrés ici ont distribués fruits et légumes gratuitement sur les lieux de blocus. Les Guyanais sont ainsi unis face à cette situation intenable et qui pénalise toute la société, à la différence des autres départements français. Intéressant. 

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  (photo prise le 28/11/08, reçue par mail, source inconnue)

18 novembre 2008

France/Guyane - Problématiques du développement territorial guyanais (1): la localisation

Un ordinateur portable connecté à la toile est une source d'enrichissement très précieuse de nos jours...N'en ayant pas en Irlande, je n'avais pas pu étayer tant que ça mes connaissances sur les caractéristiques sociales, économiques et même environnementales du pays du trèfle. D'où mon intérêt toujours très présent à lire mes blogs amis sur l'Irlande, avec notamment une série d'articles très bien faits par Estelle et qui couvrent l'ensemble de la société et du pays irlandais...un blog précieux que je recommande à tous les passionnés - et les moins - par ce chouette pays. Cette fois, je compte bien tenter de vous fournir un panorama plus complet sur la Guyane...Bien sur, je ne vais pas inventer ce que je dis et compte bien citer mes sources...d'ailleurs, j'ai trouvé des documents très intéressants (parfois directement liés à mon travail et que je me dois de lire) sur le site consacré aux subventions européennes en Guyane. J'ai trouvé mon bonheur intellectuel à travers la lecture en cours des différents Programmes Opérationnels qui présentent en première partie des diagnostics territoriaux précieux de la Guyane et que j'utiliserai régulièrement comme source documentaire sûre. Commençons cette série d'analyses par la localisation de la Guyane.

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Cette carte le met bien en évidence: la Guyane est le seul territoire européen du continent sud-américain. En plus d'être un Département d'Outre-Mer français, elle fait partie, au niveau européen, des 7 Régions Ultra-Périphériques (RUP) que compte l'UE. Ce concept de RUP est issu de la reconnaissance de handicaps permanent touchant ces régions européennes et nuisant à leur développement économique: éloignement, insularité, faible superficie, climat "difficile" et dépendance économique vis-à-vis d'un petit nombre de produits.    

 

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On pourrait penser que sa position géostratégique (seule porte d'entrée potentielle de l'Europe en Amérique du Sud) est un avantage indéniable. Ici, 10% de la population guyanaise vit ainsi en territoire enclavé, i.e non accessible par la route ! Je n'y suis pas encore allé, mais pour en avoir discuté avec des métropolitains ("métros") mais aussi avec mon chef (créole), quand on débarque dans ces communes, le dépaysement est vraiment important. Aucunes infrastructures, très peu de moyens, et pourtant on est en France ! Quelqu'un me disait que peut être, l'État avait laissé dans le passé ces villages de côté en imaginant que les habitants allaient migrer le long du littoral. Et finalement, tout le monde est resté. Ainsi, toute la partie intérieure de la Guyane est déjà même enclavée au milieu de la forêt, et donc, aucune route ne traverse la Guyane du nord au sud. Les 730.4 km de frontière entre Brésil et France (plus grande frontière entre la France et un autre pays, 100 km de plus qu'avec l'Espagne) sont donc constitués de forêt équatoriale, marécages et fleuves. Pour traverser la frontière, en ce jour d'aujourd'hui, il faut prendre une...pirogue ! Et du côté du Suriname me direz vous ? La aussi, voila en 2008 en France, le seul moyen pour aller au Suriname est la pirogue: 

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Ça a un côté génial sur le plan individuel, mais limitant pour le développement économique du territoire guyanais...Un pont est prévu entre Oiapoque, au Brésil, et Saint-Georges, petite commune qui m'a dépaysé lorsque j'y suis allé pour une réunion. L'idée est de développer cet axe.

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Ainsi, des infrastructures routières limitantes voir inexistantes. Qu'en est il des des ports et du transport aérien ? Là aussi, les possibilités sont limitées, à cause des situations de quasi monopoles des compagnies et de la faible capacité des infrastructures portuaires et aviaires, je me suis grippé, je veux dire aéroportuaires. Ces monopoles engendrent un très fort prix du transport, qui se répercute sur le prix des biens de consommation. Je passerai vite sur le reblochon à 30 euros le kilo tellement mon coeur haut-savoyard est attristé, mais comment peut on accepter qu'un trajet de 2 heures pour aller faire un tour aux antilles (Guadeloupe ou Martinique) soit à 400 euros AR la place, voir 700 euros AR pour la période des fêtes...aller de la France à un autre coin de France peut coûter plus cher qu'on ne l'imagine, un vrai scandale ! Comment peut on imaginer aussi que les billets d'avion Paris-Cayenne AR soient, pour aout 2009, déja à 1200 euros ? Ainsi, vous l'avez compris, que ce soit vers la métropole ou vers l'Amérique du Sud, la position géopolitique de la Guyane est largement sous-exploitée en termes d'échanges (commerciaux, culturels, techniques, universitaires), et est donc plutôt synonyme d'éloignement et d'enclavement que de point d'interconnexion des continents...Pour conclure, voilà une conséquence aberrante de cet enclavement: la nourriture du Brésil fait le trajet Brésil > France puis France > Guyane pour arriver à Cayenne!!!

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